Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer les cookies.

L’art contemporain coréen

[21/09/2010]

 

La semaine dernière se clôturait la KIAF (Korean International Art Fair), symbole du dynamisme de l’art contemporain coréen. Avec plus de 72 000 visiteurs, 193 galeries participantes provenant de 16 pays, La KIAF a réussi pour sa 9ème édition à s’imposer au milieu du champ de foires asiatiques naissantes.

L’économie coréenne, un des quatre dragons asiatiques (avec Taiwan, Singapour et Hong Kong), a bénéficié depuis la seconde moitié du XXème siècle d’une croissance florissante ; jumelée à l’organisation en 1988 des jeux olympiques et en 2002 de la coupe du monde de football, la Corée du Sud est aujourd’hui la 15ème puissance économique mondiale devant la Hollande ou la Suisse.

Dès 1998 avec l’apparition de Seoul Auction Center, puis en 2005 avec K-Auction, la Corée se dote de maisons de ventes d’envergure mondiale. Aujourd’hui Seoul Auction Center est la dixième maison de vente dans le monde pour l’art contemporain et la Corée du Sud pèse 3% du produits des ventes fine art dans le monde.

Si l’art coréen tient une part importante dans le marché intérieur, les maisons de ventes n’hésitent pas à proposer les stars de l’art contemporain et moderne internationales au sein de leurs ventes. Ainsi était proposées chez K-Auction en Novembre 2009 des œuvres de Andy WARHOL, Tom WESSELMANN, Willem DE KOONING
La KIAF cette année avait fait aussi le pari de mixer l’art coréen avec l’art contemporain international, la présence de nombreuses galeries venues d’Angleterre (15 galeries venant du pays à l’honneur cette année), du Japon (16) ou d’Allemagne (13) permettait à la foire de proposer de nombreuses pièces d’artistes occidentaux.
Ainsi se vendait en plein cœur de Séoul : Damien HIRST, Marc QUINN, Vik MUNIZ ou Roy LICHTENSTEIN au milieu des artistes coréens contemporains stars tels Dong-Yoo KIM, Hyung-Koo KANG, Kisoo KWON ou encore Ufan LEE, l’artiste coréen le plus coté en 2009 alors qu’il arrivait en 174ème place du classement mondial (source Artprice Tendances 2009), représenté par pas moins de 11 galeries à la KIAF.

L’art coréen jouit d’une belle visibilité dans son pays grâce à des institutions culturelles florissantes, en 2008 était même ouvert le Nam June PAIK museum, du nom de l’artiste vidéo éponyme le plus cher du monde derrière l’américain Bill VIOLA grâce à son installation Wright Brothers (1995) partie au double de son estimation basse à 540 120$ en novembre 2007 (Christie’s, Hong Kong). Et peut désormais bénéficier des réseaux de ventes internationaux mis en place à travers les maisons de ventes. Christie’s et Sotheby’s intègrent depuis 2007 l’art contemporain coréen à leurs catalogues.

La maison Phillips de Pury & Co s’est associé avec la galerie Saatchi en créant Korean Eye en 2009 pour mettre en avant l’art coréen le plus prometteur. En 2010 c’est plus de 250 000 visiteurs qui se sont pressé dans la galerie Saatchi afin de voir cette Moon Generation. Celle ci est composée pour cette édition de Chan-Hyo BAE qui a vu un de ces grand tirages partir pour 1600 GBP à Londres il y a un an chez Christie’s (“Existing in costume 1”) ; Jeon Joon Ho, Park Eun Young, Yong-In HONG, Kim Hyunsoo et Shin Meekyoung qui n’ont jamais encore connu d’enchères publiques ; Joon Sung BAE et Osang GWON qui ont déjà obtenu quelques succès en ventes publiques, le premier en bénéficiant de la bulle spéculative du marché de l’art avec plus de 5 ventes au-dessus des 30 000 USD entre 2004 et 2008, et Gwon Osang dont la sculpture humaine réalisée en 2005/06 Nobody partait pour 33 384 USD en mai dernier chez Christie’s Hong Kong ; Yong Ho JI et Kim Dong Yoo déjà bien établis sur le second marché, Ji Yong Ho avec des sculptures mutantes et animalières dont 1 seule sur 18 partait pour moins de 10 000 $ et Kim Dong Yoo dont 39% de ses œuvres partaient à plus de 100 000 $.

Les prix de l’art coréen ont connu une croissance maîtrisée, les niveaux de prix atteints en 2007/2008 ne sont certes plus d’actualité, mais la crise n’a pas purgé les prix de l’art contemporain coréen comme elle a traité les prix de l’art contemporain chinois (baisse de -30% en 2009), avec en 2010 une hausse des prix de 15%. La KIAF avait décidé pour son vernissage de mixer performance artistique et musicale, aujourd’hui l’art contemporain coréen n’a plus à rougir face aux voisins chinois ou japonais.

En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence Pour en savoir plus, Charte de confidentialité et de protection des données personnelles OK