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Kiki Smith à Paris, dernière chance !

[14/01/2020]

La vaste rétrospective orchestrée par la commissaire Camille Morineau sur les quelques 1 000 m² de la Monnaie de Paris, est ouverte pour quelques jours encore (jusqu’au 9 février 2020). Cette imposante rétrospective constitue la première exposition personnelle de cette grande artiste américaine dans une institution française. Une occasion unique pour découvrir son univers singulier, poétique et puissant, sa vision panthéiste du monde et l’intense féminité de son corpus. Retraçant une quarantaine d’années de création, l’exposition réunie une centaine d’œuvres : sculptures, dessins, gravures, tapisseries, vitraux et même médailles.

Capture d’écran 2020-01-13 à 16.40.04 Kiki Smith – Self-portrait as an old woman. Eau forte 6/10

Née en 1954 à Nuremberg mais élevée aux Etats-Unis, Kiki SMITH est la fille du sculpteur Tony SMITH. Son œuvre panthéiste, se situe aux antipodes de l’abstraction minimaliste de son père. Elle est traversée par la présence du corps, réminiscence, peut-être, d’une formation aux soins médicaux d’urgence en 1985. Pour Kiki Smith, le corps est le premier vecteur, il est « notre dénominateur commun et la scène de notre désir et de notre souffrance » car « toute l’histoire du monde réside dans votre corps », confie l’artiste.

Singulier, le monde de Kiki Smith est tout autant sensoriel que symbolique. Il a la puissance évocatrice de la grande Louise BOURGEOIS, dont les oeuvres ont d’ailleurs été exposées avec celles de Kiki en 2013 (Palais des Papes et Collection Lambert, Avignon).

Encore mal connu par le grand public européen, ce travail a bénéficié de nombreuses expositions personnelles sur la scène américaine, dont une rétrospective organisée par le Walker Art Center en 2006 (Minneapolis). Parmi les nombreux prix reçus, mentionnons la Skowhegan Medal for Sculpture, le Athena Award de la Rhode Island School of Design pour l’œuvre gravé, la médaille Edward MacDowell pour sa contribution exceptionnelle au domaine de la sculpture, et le titre d’académicien royal honoraire de la Royal Academy of Arts de Londres, obtenu en 2017.

Plusieurs techniques ont donc été récompensées, dont la gravure et de l’estampe, domaines dans lequels elle excelle. Le MoMA et le Whitney Museum en conservent d’importantes collections, et les estampes représentent par ailleurs la moitié de ses lots vendus aux enchères. Une centaine de ces feuilles sont actuellement à découvrir au Centre de la Gravure de La Louvière (exposition Kiki Smith – Entre chien et loup, jusqu’au 23 février 2020).

L’un de ses tours de force de Smith est de réaliser des estampes de très grandes dimensions – deux ou trois mètres – des épreuves spectaculaires pouvant coter plusieurs dizaines de milliers de dollars (Negative Legs). Des formats plus classiques sont accessibles pour quelques centaines de dollars, à l’image de ses éditions de sculptures de verre ou de porcelaine représentant des parties du corps, des tête de chat ou un étrange jaune d’oeuf… (Cat). Trois petites sculptures seront d’ailleurs mises en vente chez Wright auction le 16 mai prochain.

Kiki smith progression chorno nombre de lots vendus

Progression chronologique du nombre de lots vendus (copyright Artprice.com)

Kiki Smith en chiffres

310 centimètres – La plus grande lithographie de Smith vendue aux enchères : Banshee Pearls, vendue pour 8 750 $ chez Auctionata en 2016

296.000$ – Son record en salle de ventes (sculpture Butterfly, 1994). L’enchère gagnante remonte à 2006, ce qui temoigne d’un manque de vigueur du marché haut de gamme.

49 lots – Un nombre record d’oeuvres a été vendu au cours de l’année 2019. L’actualité dont a bénéficié l’artiste aura contribué à une accélération des transactions.

86% – Le marché de Kiki Smith se concentre sur le sol américain, avec 86% du produit de ventes en 2019.

145.000$ – Le produit de ventes annuel de Kiki Smith en 2019. Un maigre résultat faute de belles ventes. Une intéressante sculpture, Revelation, était malheureusement ravalée en novembre contre une estimation basse de 80 000$ (Phillips New York). L’oeuvre offrait pourtant un superbe pedigree ayant été exposée au Whitney Museum of American Art, en 2006.

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