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Hans Hartung, le grand envol

[15/01/2019]

Après des décennies de somnolence, le marché du grand artiste abstrait Hans Hartung reprend du souffle grâce au positionnement de galeries et de musées de premier plan.

Grand maître de la peinture gestuelle dès les années 20-30′ (c’est à dire avant la naissance de la grande peinture gestuelle américaine d’un Pollock ou d’un Kline), Hans HARTUNG (1904-1989) est incontournable dans l’histoire de la peinture du XXe siècle. Pourtant, après avoir atteint une pleine reconnaissance de son vivant dans les années 60-70, l’artiste allemand est quelque peu tombé en désuétude… Une accalmie longue de trois décennies avant le récent coup de projecteur sur son œuvre, orienté tant par quelques galeries importantes ainsi que par des institutions culturelles.

Depuis deux ans, des signaux forts agitent le marché de Hans Hartung… en 2017 en effet, la galerie Perrotin a annoncé officiellement sa représentation de la succession de l’artiste, représentation partagée avec la galerie Simon Lee (installée à Londres, New York et Hong Kong), avec l’accord d’Anna-Eva Bergman, épouse et unique ayant-droit de Hartung. Cet engagement de la part de Perrotin marque une nouvelle période pour le marché de l’artiste, car le galeriste français est en capacité de renouveler l’impulsion sur cette œuvre essentielle dans l’histoire de la peinture du XXe siècle, en assurant son rayonnement sur un plan véritablement international. N’oublions pas que le galeriste dispose d’antennes à Paris et New York, mais aussi de quatre espaces en Asie : Hongkong, Séoul, Tokyo et désormais Shanghai (où un Centre Pompidou doit d’ailleurs ouvrir ses portes au printemps prochain). Ces multiples débouchés sur l’Asie devraient permettre d’élargir considérablement le cercle des collectionneurs.

Les galeries se positionnent et collaborent

Après avoir présenté des œuvres de Hartung sur le salon Tefaf New York Spring en mai 2017, Emmanuel Perrotin l’expose un mois plus tard à Art Basel (Bâle, Suisse) en s’associant pour la première fois avec la galerie Simon Lee. Les deux marchands s’entendent, allient leurs forces et leurs stands afin de consacrer 80 m2 d’espace d’exposition à l’oeuvre de Hartung sur le prestigieux salon.

Les choses s’accélèrent enfin en 2018, avec une exposition en Allemagne (Kunstmuseum, Bonn) et des expositions solo organisées par de grands marchands, dont Simon Lee à Londres, Nahmad à New York, Brame & Lorenceau à Paris. L’évènement le plus marquant tient en l’importante rétrospective organisée cette même année au sein de la galerie new-yorkaise de Perrotin. Considérée comme la plus grande exposition monographique de l’artiste depuis celle organisée au Metropolitan Museum en 1975, cette rétrospective de qualité muséale fut notamment possible grâce à la fondation Hartung Bergman et à des prêts du MoMA. Les œuvres exposées à la galerie Perrotin ont ainsi couvert plus de 60 années de création, depuis les œuvres œuvres importantes réalisées au début des années 20′ jusqu’aux dernières, datées de la fin des années 80′ (Hans Hartung: A Constant Storm. Works from 1922 to 1989, 12 janvier – 18 février 2018).

Un véritable renouveau sur le marché des enchères

Le fruit de ces efforts ne s’est pas fait attendre sur les résultats obtenus en salles de ventes. La cote de Hans Hartung n’a jamais connu tel engouement : le taux d’invendus au plus bas (15,8% en 2018), confirme une remobilisation de la demande, et les prix grimpent indéniablement… En l’espace de deux ans, l’indice des prix annonce déjà une progression de +70% et les ventes de 2018 affiche un résultat historique, avec près de 9m$ d’oeuvres vendues, soit une hausse de +80% du chiffre d’affaires depuis 2017.

Deux nouveaux records d’enchères sont également à signaler depuis décembre 2017 (T1956-13 vendue pour 3,2 m$, Sotheby’s Paris le 6 décembre 2017 et T1956-8 vendue pour 1,77m$ chez le même opérateur de ventes en juin 2018), des records importants bien qu’encore très en-deçà des prix de l’abstraction américaine de la même époque.

Cette hausse ne pourrait être que l’amorce d’un travail de revalorisation au long court opéré à travers le monde. Plusieurs expositions sont encore prévues en 2019, année marquant les 30 ans de la disparition de l’artiste. Une rétrospective aura notamment lieu pour la réouverture après travaux du Musée d’art moderne de Paris (du 11 octobre 2019 au 23 février 2020). Le peintre n’avait pas été présenté dans l’institution depuis 1969.

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