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Francis Bacon à Beaubourg : l’évènement parisien de la rentrée

[09/07/2019]

 

Le Centre Pompidou prépare cet été l’une des expositions les plus attendues de la rentrée : celle de Francis BACON (1909-1992), qui ouvrira ses portes le 11 septembre prochain. Créateur à part, peintre du cri plutôt que l’horreur, comme l’écrivait si justement son ami Michel Leiris, Francis Bacon reste l’un des artistes les plus populaires de notre époque et l’un des plus cotés sur le marché. Cet autodidacte de génie s’inscrit dans le Top 15 des artistes les plus performants aux enchères, et la vente de ses œuvres peut générer plus de 110 millions de dollars en une année (ce fut le cas en 2018), voire en un seul coup de marteau, si l’on songe au 142 m$ obtenus en 2013 pour l’extraordinaire triptyque Three Three Studies of Lucian Freud (Christie’s, novembre 2013). L’art de Francis Bacon remue, il prend aux tripes et attise les passions tant sur le terrain des enchères que dans toute exposition lui rendant hommage. La rétrospective à venir n’échappera pas à la règle, d’autant que la dernière grande exposition parisienne commence à dater. Elle remonte à 1996. Pour celles et ceux qui s’en souviennent, c’était une impressionnante rétrospective, forte de 86 œuvres. Celle à venir promet d’éclairer l’oeuvre de Bacon sous un autre jour, en plaçant la littérature au cœur de l’exposition.

Bacon. En toutes lettres est une double promesse : celle de redécouvrir 20 ans de la création de cet immense artiste (soixante tableaux dont 12 triptyques réalisés entre 1971 et 1992), et celle d’une expérience de l’exposition enrichit par la lecture de textes puisés dans la bibliothèque de Francis Bacon, des textes soigneusement sélectionnés par Didier Ottinger parmi plus de mille ouvrages que possédaient l’artiste. Eschyle, Nietzsche, Bataille, Leiris, Conrad, Eliot eurent tous un impact sur l’imaginaire de Bacon. Leurs mots résonneront à travers la voix de grands acteurs comédiens – dont Mathieu Amalric et Jean-Marc Barr – dans le parcours de l’exposition. Pour patienter jusqu’à la rentrée, les fous de Bacon peuvent toujours se rendre à Londres, où la galerie Gagosian expose, jusqu’au 3 août, quelques œuvres dans le cadre de l’exposition Francis Bacon: Couplings, au 20 Grosvenor Hill.

Le marché de Bacon en 2019

Le peintre Lucian Freud, les amants John Edwards et Georges Dyer, le Pape Innocent X (d’après Diego Velasquez), la muse Henrietta Moraes (qui inspira aussi Lucian Freud), le visage de Francis Bacon lui-même (qu’il disait pourtant détester)… tels sont les sujets privilégiés dont l’artiste a violenté l’image, libérant les instincts et les sensations d’une chair hurlante. La puissance de cette peinture n’a pas pris une ride. Son pouvoir de fascination s’exerce avec la même vigueur qu’à l’époque de sa création. Les grands collectionneurs se l’arrachent aux enchères, alignant les millions pour obtenir l’un de ces graal du marché. 40 toiles ont ainsi trouvé preneurs à plus de 20 m$ chacune au cours des 12 dernières années, dont une en mai 2019 chez Sotheby’s. Il s’agit d’une étude pour une tête, bouche ouverte sur le trou noir d’un cri. Cette oeuvre – Study for a Head (1952, 66 x 56 cm) – devait se vendre entre 20 et 30 millions de dollars suivant l’estimation de la maison de ventes. Mais elle est partie à plus de 50 m$, plantant l’un des 10 meilleurs résultats de l’artiste. Les grandes œuvres (les triptyques notamment) venant à manquer, les acheteurs se rabattent sur les œuvres de plus petites dimensions.

Environ 70 œuvres de Bacon se sont échangées au cours du premier semestre de l’année. Ce n’est pas rien, mais les peintures y sont rares. On en dénombre seulement trois dignes d’intérêt depuis janvier, la quatrième toile proposée étant un morceau d’oeuvre détruite, qui ne s’est d’ailleurs pas vendue (Ewbank le 17 janvier). La dernière peinture intéressante en date est un petit autoportrait de 1965 revendu après quatre années de détention. Son ancien propriétaire avait déboursé 24 m$ en 2015 pour cette toile de 35 centimètres (Sotheby’s, Londres, le 1er juillet 2015) avant de la revendre pour 21 m$ le 26 juin dernier (Self-Portrait)… Les déconvenues existent, y compris pour les monstres sacrés de l’histoire de l’art.

 

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