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En Bref: Zona Maco – Londres mise sur les Etats-Unis – Dessin – Bilan Brafa

[03/02/2017]

Zona Maco 2017

Le Mexique reste très mal représenté sur le Marché de l’Art international : deux artistes seulement dans le Top 500 Artprice Contemporain 2016 (Gabriel Orozco et Bosco Sodi), un produit des ventes aux enchères inférieur à 6m$… mais les choses évoluent rapidement et le Mexique montre de plus en plus une nouvelle énergie. L’essor de la foire Zona Maco, qui se déroule cette année du 8 au 12 février, est l’un des meilleurs indicateurs de ce changement. Lancée en 2002 à Monterrey avant de rejoindre la capitale, elle est parvenue lors de ses dernières éditions à attirer les plus prestigieuses galeries de la planète: Continua, Gladstone, Zwirner, Gagosian, Lisson, etc. A Mexico opèrent toute une série de galeristes qui forment ensemble une base solide au marché de l’art mexicain : OMR, House of Gaga, joségarcia, Labor, etc. Celles-ci ont leurs entrées à Art Basel Miami comme à la FIAC de Paris et seront bien entendu toutes présentes à Zona Maco 2017. Ce sera également le cas de Kurimanzutto, dont les deux fondateurs se sont hissés parmi les figures les plus influentes de la sphère contemporaine, selon ArtReview. Le magazine souligne également le travail d’autres acteurs mexicains, dont les créateurs de la plate-forme e-flux, du collectionneur Eugenio López à l’origine du Musée privé Jumex et du curateur Pablo León de la Barra. Le marché de l’art mexicain se transforme ainsi sous l’impulsion d’une génération d’artistes, de galeristes, curateurs, collectionneurs, qui sont devenus ses meilleurs ambassadeurs à l’étranger. Ils se réunissent chaque année à Zona Maco, qui se présente elle-même comme la « plus importante foire d’art d’Amérique Latine ». En effet, elle est vraisemblablement l’événement le plus prometteur du sous-continent avec SP-Arte à São Paulo.

Londres mise sur l’Amérique

Si le marché de l’art n’a pas encore repris sa pleine cadence, les sociétés de ventes commencent à faire du teasing pour les prochaines vacations de prestige. Bien que le bilan des recettes de l’année 2016 se soit globalement effondré aux Etats-Unis pour la vente d’oeuvres aux enchères, la demande américaine (et mondiale) ne faillit pas dès lors qu’il s’agit d’oeuvres de très haute qualité, bien au contraire… voilà peut-être pourquoi Christie’s choisit de céder deux œuvres américaines majeures lors de sa prochaine vente d’art d’après-guerre et contemporain, qui se tiendra le 7 mars 2017, non pas à New York mais à Londres. Les chefs-d’oeuvre en question sont signés Mark ROTHKO et Robert RAUSCHENBERG, deux figures tutélaires de l’art du XXème siècle, deux artistes dont la cote est explosive. Les deux œuvres sont chacune idéalement datée (1949 pour No. 1 de Mark Rothko et 1963 pour Transom de Rauschenberg) et affichent de superbes pedigree, la toile de Rauschenberg ayant été présentée sur plusieurs expositions majeures par le passé. Bien que les estimations ne sont pas divulguées pour l’instant, ses deux toiles pourraient rapporter quelques dizaines de millions de dollars. Elles ont déjà entamé un tour du monde afin d’être présentées aux futurs enchérisseurs (présentation à Hong Kong, 17-20 janvier, Shanghai le 8 février, Pékin, 11-13 février et enfin New York, 24-26 février)… Après deux expositions majeures, Abstract Expressionism à la Royal Academy et la rétrospective Robert Rauschenberg à la Tate Modern, Londres continue de mettre l’art américain à l’honneur… une garantie de succès.

Le réveil annoncé du marché du dessin

Les premiers mois de l’année s’ouvrent traditionnellement sous le signe du dessin ancien. La saison débute avec Master Drawings in New York du 21 au 28 janvier et le point d’orgue sera en mars, de l’autre côté de l’Atlantique, avec des événements comme le Salon du Dessin et ses alter ego contemporains DDessin et Drawing now. L’intérêt croissant des collectionneurs pour ce medium longtemps déconsidéré par rapport aux autres grandes formes d’art est l’occasion pour les maisons de vente de présenter d’importantes vacations à l’aplomb de 2017. Et c’est Christie’s New York qui inaugurait le bal le 24 janvier dernier avec sa vente d’Old Master & British Drawings. Ce fut un succès : avec plus de 6 m$, un chiffre presque deux fois plus important comparé à la même cession de 2016. Parmi les 129 lots offerts, une scène de Scipion l’Africain aux portes de Rome de Peter Paul RUBENS s’est envolée à près de 1,5 m$, la 3e plus belle adjudication pour un dessin de cet artiste. Un chasseur et son chien de Goya a quant à lui été adjugé 1,1 m$. La vente comprenait également un bel ensemble de dessins italiens, avec un superbe portrait par Tiepolo adjugé juste avant de passer la barre des 200 000 $. Le lendemain, Sotheby’s New York proposait également à la vente une série de dessins exécutés par de grands noms, en particulier dans la section britannique. Emportés pour près d’1,3 m$, les deux paysages helvétiques de Joseph Mallord William TURNER représentent à eux seuls près d’un tiers du produit de cette vente. Le 14 février prochain, ce sera le tour d’Artcurial de proposer une centaine de dessins, avant la grande vente de la collection Gaston Delestre le 22 mars, qui verra mis à l’encan un ensemble de 80 dessins du Baron Antoine-Jean Gros concomitamment au Salon du Dessin. C’est le plus grand ensemble de dessins de cet artiste, en dehors du fond des Arts Graphiques du Louvre. Ce sera donc l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’énergie du trait de Gros, avec le beau Bucéphale dompté par Alexandre estimé entre 33 000 et 55 000 $, ou encore de belles feuilles d’orientalisme, comme le Seigneur Turc à cheval qui pourrait bien excéder son estimation et battre le record d’enchères pour un dessin de l’artiste, un croquis topographique montrant Napoléon à Eylau, vendu plus de 82 000 $ en 2006 chez Piasa. La saison 2017 promet donc d’être riche et de haute tenue, avec des pièces encore inédites sur le second marché.

La BRAFA 2017

Créée en 1964 et figurant comme l’une des plus anciennes foires, la BRAFA (Bruxelles Art Fair) a su s’imposer parmi les rendez-vous culturels incontournables du mois de janvier en Europe. Cette 62ème édition s’est clôturée dimanche à Tours & Taxis avec un nouveau record d’entrées de plus de 60 000 visiteurs. Fort de son succès établi, elle ne campe pas sur ses acquis… Le parcours fut rythmé par des œuvres monumentales de Julio LE PARC, célèbre pionnier de l’art cinétique et invité d’honneur du salon. Pour parfaire ce paysage riche de pièces rares et de grande qualité, 13 nouvelles galeries font leur entrée sur les 132 réunies, octroyant une place importante à l’art contemporain, catégorie jusqu’alors sous représentée. Les galeries et les artistes belges furent à l’honneur, notamment avec des œuvres Wim DELVOYE sur plusieurs stands, dont celui de la galerie Rodolphe Janssen qui exposait une rare série de 12 pelles peintes. Le galeriste déclarait avoir vendu plusieurs œuvres dès le début de la foire, dont un immense cerf à 170 000 $, des dessins de Pierre ALECHINSKY estimés entre 19 000 et 23 000 $ ainsi qu’une douzaine de tableaux du peintre concret Léon WUIDAR. Chez Guy Pieters, un ensemble intitulé : Le carnaval des morts (la famille royale) de l’anversois Jan FABRE occupe la quasi totalité du stand avec des gouaches avoisinant les 32 000 $. Parmi cette sélection nationale très pointue, on pu également apprécier deux toiles et un dessin de James ENSOR (chez Jamar), qui peut s’avérer être un choix stratégique, l’artiste ayant obtenu un record mondial de plus de 6,8 m$ avec Squelette arrêtant masques, chez Sotheby’s en décembre 2016 à Paris. Le 9ème art n’est pas en reste notamment à la galerie Belgian Fine Comic Strip proposant plusieurs dessins d’HERGÉ… Autant de noms prestigieux de l’art reconnus comme étant des valeurs sûres du marché où il n’est pas rare d’y voir apposée la petite étiquette rouge. Ainsi, l’ensemble de cette foire constitue une vitrine exceptionnelle d’œuvres couvrant plus de quatre millénaires d’histoire de l’art, un éclectisme qui a de quoi flatter et sustenter l’appétit des collectionneurs belges, véritable vivier d’une tradition ancrée depuis des siècles.

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