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En Bref ! Rubens et Victoria Beckham – Laure Prouvost Londres puis Venise

[29/06/2018]

Rubens chez Victoria Beckham

Comment rafraichir l’image de l’art ancien et en assurer la promotion avant une vente aux enchères ? En s’alliant par exemple à l’une des têtes d’affiche de la mode internationale, en l’occurrence Victoria Beckham. L’honorable société de ventes Sotheby’s a en effet choisi pour écrin d’exposition la boutique londonienne de Victoria Beckham sur Nover Street à Londres, pour y présenter 16 chefs-d’œuvre de l’art ancien, des portraits signés par des artistes aussi prestigieux que Lucas Cranach l’Ancien, Peter Paul Rubens ou encore Léonard de Vinci. L’exposition, qui s’est déroulée du 22 au 27 juin 2018 pendant la Mayfair Art Week et précédent de quelques jours la vente de prestige des 4 et 5 juillet prochain chez Sotheby’s, est un succès sur le plan de la communication : des centaines d’articles ont repris l’information à travers le monde, faisant à la fois la promotion de la boutique et de la vente aux enchères à venir.

Le moins que l’on puisse dire est que la maison de ventes ose sortir du cadre classique et d’un principe d’exposition convenu puisque l’oeuvre de Peter Paul RUBENS, le lot phare de la vente (Portrait of a Venetian Nobleman, estimation entre 4 et 5,5 m$), se retrouve exposé quelques centimètres au-dessus d’une rampe d’escalier, et surplombé d’une élégante robe rouge installée sur le même mur… Un art de la mise en scène qui profite au commerce et à l’image de la modeuse. Un art du teasing bénéfique pour Sotheby’s, Victoria Beckham ayant une influence prépondérante sur les réseaux sociaux : sa page Instagram relève 21 millions d’abonnés, contre 658 000 abonnés pour Sotheby’s…

Laure Prouvost, passée par Londres pour gagner Venise

Elle est française mais elle s’est construite en Angleterre. A 18 ans, Laure Prouvost arrive à Londres afin de poursuivre des études d’art déjà entamées en Belgique. De là, elle intègre la prestigieuse école Central Saint Martins pour étudier le cinéma puis le Goldsmiths College. Quelques mois après l’obtention de son dernier master, la jeune artiste reçoit le prix Max Mara (2011) qui lui vaut une exposition à la Whitechapel Gallery, mais sa carrière internationale est véritablement lancée deux ans plus tard, avec l’obtention du Turner Prize. A la surprise générale, la jeune artiste coiffe David Shrigley annoncé comme favori pour le prestigieux prix. Surtout, elle devient la première artiste française à décrocher le sésame britannique. Dès lors, les expositions s’enchainent, de partout. Retenons celles du New Museum of Contemporary Art à New York en 2014 (Laure Prouvost: For Forgetting), à laquelle succède une première exposition monographique en France (On ira loin, musée de Rochechouart, 2015), puis au Palais de Tokyo à Paris cette année (Ring, sing and drink for trespassing, du 22 juin au 9 septembre 2018). Pour couronner cet engouement international, tombait, en décembre 2018, un communiqué officiel selon lequel Laure Prouvost allait succéder à Xavier Veilhan pour représenter la France lors la 58e Biennale de Venise, en 2019.

Laure PROUVOST, qui utilise aussi bien vidéo, dessin, collage, photographie, installation, céramique ou tapisserie, affiche une liberté de ton et de forme qui ne cesse de séduire les experts des prix les plus importants jusqu’aux responsables des services d’acquisitions de plusieurs musées, puisque ses œuvres ont déjà intégré différentes collections publiques à travers le monde (dont le MAC/VAL de Vitry-sur-Seine, la Kunsthalle à Luzern, le Red Brick Art Museum de Pékin).

Pourtant, ses résultats d’enchères sont encore loin de refléter une telle consécration… Le meilleur résultat de Laure Prouvost aux enchères se hisse à 12 000 $ seulement pour une installation de 2010 vendue par Christie’s à Londres (le 10 mars 2017). Sa dernière œuvre soumise aux enchérisseurs de Londres, en mars 2018, est quant à elle restée sur la touche. Il s’agissait d’une œuvre a priori mineure dans la forme, une faïence de 22 centimètres éditée sur 100 exemplaires, qui n’a pas suscité d’intérêt à son estimation basse de 845 $ (chez Forum Auction, Londres). Pourtant, cette théière peinte intitulée A Wantee Teapot est importante sur le fond puisqu’elle est directement liée à son installation Wantee. Présentée dans le cadre de l’exposition Schwitters in Britain organisée à la Tate Britain de Londres, Wantee (« want tea? ») est une allusion au surnom de la compagne du dadaïste Kurt Schwitters en raison de sa propension à lui proposer du thé « Do you want tea? ». Pour occuper le temps entre deux tasses de thé, « Wantee » s’exerce à la poterie, d’où la présence de céramiques dans cette installation fictionnelle où Laure Prouvost inventait une histoire familiale loufoque reliée à celle de Schwitters, installation qui valu le Turner Prize…

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