En Bref ! Pouce pour César – Yayoi Kusama – Aristophil

[15/12/2017]

Pouce pour César

L’année 2018 marque les 20 ans de la disparition de l’artiste français CÉSAR (1921-1998), l’un des sculpteurs les plus novateurs et les plus emblématiques de la scène française. Le Centre Pompidou lui rend hommage à travers une importante rétrospective organisée sous le commissariat de Bernard Blistène directeur du Musée national d’art moderne de Paris. Ouverte en début de semaine, l’exposition fête la créativité de César jusqu’au 23 mars 2018 à travers une centaine d’oeuvres, depuis les premiers  »Fers soudés », en passant par les  »Compressions », les  »Expansions » et les  »Empreintes ». La sélection n’est pas d’une grande densité en regard de l’incroyable production de l’artiste, cependant les œuvres, souvent monumentales, ont été choisies avec soin. A l’entrée du musée se dresse pour l’occasion l’immense sculpture d’un pouce en bronze patiné de six mètres de haut et de six tonnes. Deux fois moins grand que celui installé sur l’esplanade du quartier de la Défense, le Pouce du parvis de Beaubourg est une réalisation récente venue de la fonderie d’art Bocquel avec l’accord de Stéphanie Busuttil, qui détient le droit moral sur l’œuvre de César. Son installation devant le musée ne durera pas, la destination finale de l’oeuvre étant l’esplanade du Rockefeller Center à New York. Une destination importante pour une œuvre qui n’a pas encore toute l’attention qu’elle mérite Outre-Atlantique.

La propagation des petits pois

La princesse aux petits pois, la presque nonagénaire artiste d’origine japonaise Yayoi KUSAMA (1929), inaugurait en septembre dernier son propre musée à Tokyo. Dès l’ouverture, la billetterie était prise d’assaut et pour cause : l’artiste est indéniablement l’une des plus populaire de notre époque. L’inscription des visiteurs fut rapidement saturée sur les deux premiers mois, les visites étant limitées à 50 personnes par créneaux de 90 minutes. Puis au mois d’octobre, nous retrouvions Yayoi Kusama au musée The Broad de Los Angeles pour l’ouverture de son exposition Infinity Mirrors (jusqu’au 1er janvier 2018). Ici encore, le succès emporté fut immédiat pour ses installations portant au seuil de l’hallucination. Le musée pris donc une mesure quelque peu drastique visant à réguler le flot des visiteurs : il imposa la règle du Selfie (the Selfie-Rule) autorisant chaque visiteur à passer 30 petites secondes dans chacune des six installations de l’exposition, et ce afin d’éviter les files d’attente interminables. Après le 1er janvier, la propagation des petits pois aura toujours cours sur les réseaux sociaux envahis par les photographies de visiteurs pressés mais chanceux. L’engouement pour l’oeuvre de Kusama est tout autant manifeste sur le marché des enchères : sa cote ne cesse de grimper, avec en indice de prix haussier de +850% depuis l’année 2000…

Aristophil chapitre 1

C’est un évènement hors les normes pour le marché en France : le 20 décembre 2017, le commissaire priseur Claude Aguttes conduit la vente inaugurale des manuscrits de la collection Aristophil à Drouot, Paris. S’ouvre là une série de ventes qui occupera Drouot dans les six années à venir… l’enjeu est en effet de taille, s’agissant de disperser plusieurs milliers d’autographes, lettres ou manuscrits. A l’origine d’un cycle de ventes d’une telle ampleur se trouve le scandale de l’affaire Aristophil, une société mise en liquidation en 2015 après avoir lésé 18 000 épargnants, orientant leurs investissements sur des manuscrits historiques largement sur-estimés, avec une promesse de plus-value de 7 à 8% qui ne fut jamais honorée, car le placement reposait sur un montage de Ponzi. Les achats des nouveaux investisseurs finançaient en effet les intérêts et le remboursement des premiers. Lorsque le scandale éclata en 2015, le fonds Arisophil comprenait plus de 130 000 manuscrits, des raretés de la main de Balsac, de Saint Exupéry, des lettres de Louis XVI ou des partitions de compositeurs célèbres, un patrimoine exceptionnel payé 850 millions d’euros.

L’objectif des dispersions Aristophil est d’indemniser au mieux les investisseurs. Si Aguttes se charge de la première dispersion, certaines ventes futures pourraient être confiées à d’autres maisons de ventes dans les années à venir. La vente du 20 décembre inclus deux cents lots, dont le fameux Rouleau de la Bastille de Sade estimé entre 4 et 6 millions d’euros et le manuscrit du Manifeste du surréalisme de André BRETON (1896-1966) estimé 900 000 euros.