En bref : Olafur Eliasson – Dada – Egon Schiele

[12/02/2016]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Olafur Eliasson – Dada – Egon Schiele.

Olafur Eliasson à Versailles
Le Dano-Islandais Olafur ELIASSON succède à Anish Kapoor au Château de Versailles, avec une inauguration annoncée pour le mois de juin 2016. Si le délai parait court pour organiser une exposition investissant à la fois les jardins et l’intérieur de l’immense château, Olafur Eliason est d’autant plus capable de relever le défi qu’il est appuyé par son atelier employant 90 personnes. Après les remous et fracas dont a souffert Anish Kapoor, la poésie sensorielle d’Eliason devrait faire consensus à Versailles… Les français connaissent par ailleurs son travail, depuis son exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 2002, et avec son intervention Ice Watch sur la Place du Panthéon à Paris en décembre 2015. Ephémère, l’installation Ice Watch était constituée de plusieurs glaçons géants qui se trouvaient être des fragments du glacier Nuuk au Groenland : quelques tonnes d’une neige compacte et pure se liquéfiant pendant la COP21 Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques. L’artiste, qui jouit d’une reconnaissance internationale, est particulièrement recherché à Londres et à New York (qui tiennent à elles seules près que 90% de ses recettes sur le marché des enchères). Ses prix sont en hausse de 194% depuis l’année 2000, malgré un marché en dents de scie soumis aux aléas d’une offre peu abondante.

Le centenaire de Dada
L’histoire de Dada a un siècle aujourd’hui. Elle a commencé en février 1916 au cabaret Voltaire à Zurich, autour d’Hugo Ball, Tristan TZARA et Marcel JANCO. Dada est un nom volontairement absurde pour un mouvement anarchique jouant sur la rupture des conventions, la destabilisation volontaire, la liberté créative, l’explosion des carcans, la performance, la folie « plus belle que la pâle raison ». Depuis Zurich, Dada va conquérir Paris, Berlin et New York, séduire André Breton, Marcel Duchamp, Hans Arp ou encore Dali, avant la fondation du Surréalisme. Au cours de l’année 2016, plusieurs évènements célèbrent ce centenaire à Zurich, via « Dada 100 Zürich 2016 », une association qui tisse des liens avec d’autres métropoles Dada comme Berlin, Paris, New York ou Moscou.
Les œuvres Dada, notamment sous les signatures de Kurt SCHWITTERS ou de Hans ARP, sont rares par essence. Incarnations de l’esprit Dada, les Ready Made de Marcel DUCHAMP sont eux aussi difficiles à acquérir, et très convoités sur le marché. Duchamp est l’auteur de l’oeuvre Dada la plus chère du monde depuis la vente, pour plus de 10 m$, de Belle haleine, Eau de violette (1921), préalablement estimée entre 1 et 2 millions. Le précieux flacon s’est littéralement envolé lors de la dispersion de la collection Pierre Bergé et Yves Saint Laurent en février 2009. Le marché de Dada n’ayant pas fait de grande vague depuis, comptons sur l’actualité pour faire sortir de l’ombre quelques précieuses œuvres issues de collections privées.

Egon Schiele, un marché éveillé
Il est toujours trop rare d’entendre parler du grand artiste autrichien Egon SCHIELE. Or, l’artiste s’est retrouvé particulièrement mis en lumière lors des récentes ventes. Après s’être retrouvé au cœur des cessions d’automne 2015, avec une manne de 24 dessins mis aux enchères dans le cadre de la dispersion d’Alfred Taubman (les 4 et 5 novembre chez Sotheby’s à New York, pour des prix compris entre 100 000 $ et plus de 3 m$), il a grandement contribué au succès des ventes de février 2016, avec un superbe autoportrait vendu 10,3 m$ (le 2 février 2016 chez Christie’s). Cette œuvre était déjà passée en salle en 2007, atteignant alors 8,8 m$ (le 6 février 2007 chez Christie’s Londres). Son prix a ainsi augmenté de 17% en moins de 10 ans. L’un des aspects les plus fascinants dans la vente de cet Autoportrait au doigts écartés (Selbstbildnis mit gespreizten Fingern), est la précocité de l’artiste, âgé de 19 ans lorsqu’il réalise ce chef-d’oeuvre. On y décèle aussi l’influence de Gustav Klimt dans la composition et l’usage du fond d’or. L’oeuvre fut réalisée peu après leur exposition commune à l’International Kunstschau de 1909. Le record de Schiele culmine toujours à 40 m$ depuis la vente, en 2011, d’une toile de 1914 intitulée Maisons avec linge de couleur, banlieue, un rare paysage urbain, acquise l’année de sa réalisation par le mécène Heinrich Böhler, puis vendue en 1952 par sa veuve à Rudolf-Leopold, avant de réapparaitre chez Sotheby’s Londres.