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En Bref ! Nu couché – Collection Rockefeller – Dak’Art

[18/05/2018]

Nu couché de Modigliani remporte la 4ème meilleure enchère de tous les temps

Sotheby’s avait annoncé une estimation extrêmement audacieuse, 150 m$, la plus haute de tous les temps, pour Nu couché (sur le côté gauche) d’Amedeo MODIGLIANI (1884-1920). La vente a légèrement excédé ce montant lundi 14 mai 2018 à New York mais n’a pu dépasser le record établi en novembre 2015 chez Christie’s, 170 m$, pour un autre Nu couché (1917-1918).

La toile vendue cette semaine était pourtant plus de deux fois plus grande que la précédente (1,3 m² contre 0,5 m²). La différence de prix entre ces deux peintures vient peut-être alors de la position du modèle. Dans la toile mise en vente ce lundi soir, la jeune femme tourne le dos au spectateur. Dans celle qui avait enflammé les enchères il y a 2 ans et demi, la demoiselle s’offre littéralement à lui dans un plan rapproché.

Au-delà des préférences des collectionneurs, les ventes de ces deux œuvres éclairent la précellence d’Amedeo Modigliani sur le Marché de l’Art. Ses peintures et ses sculptures remportent un succès incomparable, sinon avec celui de Pablo Picasso, Alberto Giacometti et Francis Bacon.

Désormais, deux toiles de Modigliani figurent parmi les cinq œuvres les plus chères vendues aux enchères.

La vente Rockefeller s’approche du milliard de dollars

S’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, Christie’s avait toutes les raisons du monde de se réjouir de sa session du 8 mai. La vente de la collection Rockefeller, l’une des plus grandes (4 000 pièces) et la plus prestigieuse qui puisse être (11 lots avec estimations « sur demande » uniquement), avait tout pour devenir La Vente du Siècle.

Oui mais… en 2016, la collection d’Alfred Taubman avait rappelé les risques de ces ventes exceptionnelles. Cette opération avait coûté 12m$ à Sotheby’s, qui avait garanti l’ensemble pour 500m$ !

Heureusement la collection Rockefeller avait l’énorme avantage d’une vente caritative, dont les bénéfices iront notamment à l’Université Harvard, au Council on Foreign Relations et la Stone Barns Restoration Corporation. Aussi l’occasion était-elle trop belle pour les collectionneurs d’acheter un chef-d’oeuvre issu d’une des plus belles collections au monde et de faire en même temps une très bonne action. Le tout déductible d’impôts…

C’est donc naturellement une pluie de records qui s’est abattue sur Manhattan. Claude MONET (1840-1926) et Henri MATISSE (1869-1954), deux des plus grands génies de l’Histoire de l’Art, ont été couronnés d’un nouveau record supérieur à 80m$ chacun. Fillette à la corbeille fleurie (1905) de Pablo Picasso, une toile historique provenant de la collection de Gertrude Stein elle-même, a atteint 115m$ (le deuxième meilleur prix pour une œuvre de Picasso).

Au cours de la première soirée, les 44 lots ont tous été vendus pour un total de 646 m$. C’est la 7ème meilleure session de vente de tous les temps, mais sans conteste la plus fabuleuse pour une collection unique. Au terme du premier jour, la collection Rockefeller avait donc déjà éteint le record établi par la collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé (484 m$ en 2009).

Au total, sept sessions auront été nécessaires pour disperser le gigantesque trésor rassemblé par Peggy et David Rockefeller. Pendant 11 jours, Christie’s a même organisé une vente en ligne pour permettre au plus grand nombre de collectionneurs d’acquérir l’un de ces millier de lots, qui auront constitués l’une des plus prestigieuses collections de tous les temps. Celle-ci aura récolté 833 m$, un record absolu pour une collection et un moment phare pour le Marché de l’Art. Le milliard de dollars, hautement symbolique, est maintenant tout proche.
Il n’y a plus de doutes à présent que le Marché de l’Art connaît aujourd’hui une période de fabuleuse croissance. Toutes les limites de prix ont été dépassées et le nombre de transactions n’a jamais été aussi intense.

Les grandes ventes new-yorkaises vont ainsi pouvoir s’ouvrir dans le meilleur climat possible.

Dak’Art, une biennale d’art contemporain sous les meilleurs auspices

Dak’Art, la biennale d’art africain contemporain organisée au Sénégal, rassemble plusieurs centaines d’artistes et de professionnels des arts ce mois-ci (3 mai-2 juin).

Pour cette treizième édition placée sous le signe de l’Heure Rouge, en référence à une tragédie d’Aimé Césaire, l’exposition internationale accueille 75 artistes venus de 33 pays dans le palais de justice désaffecté de Dakar. Cette année, la biennale rend hommage à l’une des plus grandes célébrités du pays, l’artiste Ousmane SOW (1935-2016) (mort en décembre 2016), dont le musée vient d’être inauguré dans sa maison de Dakar.

Artiste très attendu de la manifestation, le Franco-béninois Emo de Medeiros s’est fait remarquer par une gigantesque installation, véritable défi technique pour le bâtiment qui l’accueille. Sur 300 m2, des miroirs, des néons, une vingtaine de caméras de surveillance ainsi que des projections monumentales participent à une réflexion sur la technologie et sur l’humain. Le travail de cet artiste polyvalent a été exposé aux quatre coins du monde, dans des expositions personnelles et collectives (au palais de Tokyo en 2014, au salon d’art contemporain de Montrouge ainsi qu’à la biennale de Marrakech en 2016, etc.).

Un an de préparation (au lieu des 4 mois de l’édition précédente), une contribution financière de l’état sénégalais qui a doublée, et un espace d’exposition augmenté de 700m2 : cette biennale se veut résolument à la hauteur de l’engouement que suscite la création contemporaine africaine sur la scène internationale.

Car désormais l’art contemporain africain s’est fait une réputation dans les catalogues des ventes aux enchères ainsi que dans les galeries des pays riches.

Au cours de l’année 2017, les ventes spécialisées des sociétés Piasa, Cornette de Saint-Cyr et Artcurial et de Sotheby’s et Bonhams ont généré plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le marché est particulièrement florissant en France, où les événements spécialisés se sont multipliés en 2017 : salon AKKA, expositions à la Villette (100% Afrique), à la Fondation Vuitton, aux Galeries Lafayettes (Africa Now), ou encore focus d’Art Paris Art Fair.

Cet intérêt médiatique se traduit par une certaine vitalité des résultats d’adjudication. Ainsi, à l’occasion de sa toute première vente spécialisée en mai 2017, Sotheby’s Londres réalisait 3,7 m$ de chiffre d’affaires et une dizaine de records d’enchères. Parmi eux, celui de Yinka SHONIBARE (1962) avec la sculpture Crash Willy. (Record que l’artiste a depuis battu avec une autre de ses sculptures Girl Balancing Knowledge, vendue 328 000$ chez Christie’s, presque trois fois son estimation haute.)

Autre exemple de cette envolée des prix, en février dernier chez Bonham’s, la toile Tutu de Ben Enwonwu, peint en 1974 mais retrouvée récemment dans un appartement de Londres, s’est vendue près de 2 millions de dollars, plus du triple de son estimation haute.

Londres est incontestablement la capitale du marché de l’art africain. Sur son continent d’origine, le marché est encore assez jeune, néanmoins la dynamique notable, renforcée par la visibilité qu’offre un événement tel que Dak’Art, devrait permettre l’émergence de nouveaux collectionneurs et favoriser un marché plus fluide et plus solide.

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