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En bref : Neo Rauch – Frank Stella – Turner Prize

[16/10/2015]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres. Neo Rauch, Dans le sommeil du monde – L’année Frank Stella – Les nominés au Turner Prize sont…

Neo Rauch, Dans le sommeil du monde
Après des rétrospectives à Leipzig, Munich et Bruxelles, Neo RAUCH, l’une des grandes signatures de la peinture allemande contemporaine, expose à Berlin (exposition Im Schlaf der Welt, Dans le sommeil du monde, jusqu’au 15 mars 2016).
Peu de peintres sont aujourd’hui aussi demandés et exposés que cet artiste de 55 ans, né à Leipzig, et éduqué dans l’ex-Allemagne de l’Est (RDA). Neo Rauch fut formé à l’académie de Leipzig, connue pour avoir été un haut lieu de la peinture réaliste socialiste. Il est devenu depuis une figure de proue de la Nouvelle Ecole de Leipzig, avec sa peinture fragmentée, aux sources d’inspirations variées, qui évoque tout autant le Surréalisme, le Pop art, que la bande dessinée. Ses toiles déroutantes s’organisent selon un processus inconscient et créent des télescopages énigmatiques.

Personne ou presque ne s’intéressait à cette peinture figurative dans les années 1980, ni même au début des années 1990. Rappelons que la peinture faisait alors « mauvais genre »… suspectée d’obsolescence dans un monde où l’art contemporain ne jurait que par les installations, l’art conceptuel et par l’émergence des nouveaux médias. Aujourd’hui, les œuvres de Neo Rauch sont parmi les plus prisées du marché… Explosif, son indice de prix illustre bien l’engouement dont il fait l’objet : la progression affiche +236% en tout juste 10 ans ! Pris sous l’aile de puissants galeristes, tels que Charles Saatchi et David Swirner, Neo Rauch a fait des émules dans tout l’Occident, et ses œuvres ont intégré des collections muséales importantes, dont celles du Guggenheim, du Metropolitan Museum of Art et du MoMA de New York, du Hamburger Bahnhof de Berlin, ou encore du Musée Ludwig de Cologne. Quant au prix des meilleures toiles ? Comptez quelques centaines de milliers de dollars… voire plus d’un million pour certaines (deux nouveaux sommets à plus d’un million de dollars ont été enregistrés en 2015. L’année n’est pas encore achevée qu’elle s’annonce déjà comme un cru record aux enchères).
Si les toiles de Neo Rauch sont hors de portée pour vous, les lithographies sont encore accessibles : elles constituent le cœur d’un marché dont 40% des œuvres ne dépassent pas les 5 000 $.

L’année Frank Stella
Né en 1936, Frank STELLA est sans conteste l’un des artistes américains vivants les plus importants. La rétrospective qui va s’ouvrir au Whitney Museum of American Art de New York (30 octobre 2015-7 février 2016) est donc attendue comme l’un des événements majeurs de l’année. L’hommage du Whitney vise à rendre compte de la production prolifique de Stella depuis le milieu des années 1950, à travers une sélection d’environ 120 œuvres. Pour mémoire : Stella a mis en place son langage abstrait en 1958 et ses premières Black Paintings (peintures noires) étaient déjà intégrées à une exposition collective du MoMA de New York en 1959 (Sixteen Americans).

Puis sont arrivées les Shaped canvases (toiles découpées), dans une démarche proche du mouvement français Support-Surface. A l’époque, ce travail dépouillé de tout superflu séduisit d’emblée le grand marchand Leo Castelli…

Aujourd’hui, ces œuvres sont considérées comme des jalons historiques de l’art contemporain américain, si bien qu’une toile rouge de 1961, radicalement abstraite, et intitulée Delaware crossing, sera l’une des pièces phares de la vente Sotheby’s du 5 novembre 2015. Delaware crossing, qui provient de la fameuse collection Alfred Taubman (ancien directeur de Sotheby’s), devrait parfaire « L’année Stella » et signer son record absolu aux enchères, car elle est attendue entre 8 et 12 m$.

Les nominés au Turner Prize sont…
Anish Kapoor l’a obtenu en 1991, Antony Gormley en 1994, Damien Hirst en 1995… plus récemment, les artistes honorés du fameux Turner Prize, prix organisé par la Tate Gallery depuis 1984 afin de récompenser un artiste de moins de 50 ans travaillant au Royaume-Uni, sont Mark WALLINGER (2007), Elizabeth PRICE (2012) ou Laure PROUVOST (2013). Le nom du lauréat de l’année 2015 sera annoncé le 7 décembre 2015, au Tramway de Glasgow. Dans l’attente, l’exposition des nominés laisse bon nombre de visiteurs perplexes, ainsi que les critiques les plus exercés, dont les avis sont très partagés… les œuvres, sélectionnées sur les idées qu’elles véhiculent plutôt que par les nouvelles formes qu’elles mettraient en exergue, perpétuent une tradition selon laquelle le prix Turner est l’un prix des plus controversé.

Le lauréat des 25 000 £ sera choisi entre : Assemble, un collectif d’artistes à la lisière de l’art, du design et de l’architecture ; Bonnie Camplin, artiste pluridisciplinaire exposée à la Tate Britain de Londres en 2013; Janice Kerbel, sélectionnée pour ses performances chantées, avec Doug, un opéra de neuf chansons pour six voix, et Nicole Wermers qui, dans sa démarche appropriationniste, a installé des manteaux de fourrure sur des dossiers de chaises en métal tubulaire créées par Marcel Breuer. Une chose est certaine : le Turner prize ne cède pas à la loi du marché.

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