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En bref : My Buenos Aires – Sigg Collection – Gagosian – Nam June Paik

[28/08/2015]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : My Buenos Aires – Sigg Collection – Gagosian – Nam June Paik

My Buenos Aires : remède contre l’uniformisation
Compte à rebours : il reste moins d’un mois pour plonger dans My Buenos Aires à la Maison Rouge de Paris (exposition du 20 juin au 20 septembre 2015), une exposition consacrée à la scène contemporaine argentine organisée sous le commissariat de Paula Aisemberg et Albertine de Galbert. My Buenos Aires s’inscrit dans un cycle d’expositions que la Maison rouge consacre aux villes, avec des œuvres imprégnées par le territoire, son histoire, ses mythes et son énergie. L’exposition ne cherche en aucun cas à établir un palmarès des artistes argentins, elle vise plutôt à transmettre “une sensation, une expérience des dynamiques à l’œuvre dans la capitale argentine”. L’état d’esprit des artistes argentins, qui manquent cruellement d’infrastructures, s’avère sarcastique, ironique et particulièrement solidaire. L’artiste Guillermo David KUITCA illustre bien la solidarité de ceux qui réussissent envers leurs compatriotes : Kuitca, l’un des rares argentins à mener une carrière véritablement internationale, attribue une bourse qui a permis à d’autres artistes d’avoir accès à un atelier et à un encadrement critique et technique. On croise ses œuvres sur de grands salons, comme celui d’Art Miami, grâce au soutien de la prestigieuse galerie Hauser & Wirth qui lui organisera par ailleurs une exposition solo à Londres l’année prochaine. Son record aux enchères remonte à 2012, avec 302 500 $ déboursées pour Heaven, chez Sotheby’s New York (le 10 mai 2012).
Parmi les quelques artistes argentins déjà connus en Europe, citons encore Jorge MACCHI et surtout Leon FERRARI. Ce dernier signait par ailleurs un record aux enchères moins d’une semaine après l’ouverture de l’exposition My Buenos Aires : 137 500 $ pour une sculpture en inox sans titre de 1978 (Sotheby’s, New York). Incisif dans l’expression de ses sentiments antireligieux et antimilitaristes, qualifié de blasphémateur, León Ferrari obtint le Lion d’Or du meilleur artiste 2007, lors de la 52ème Biennale de Venise. Ses œuvres, représentées dans des collections importantes dont celle du MoMA à New York, ne flambent pas, et les dessins sont accessibles dans une fourchette de prix de 8 000 $ à 15 000 $ en moyenne (les prix ont grimpé de 30% en moyenne depuis son décès).

Exposition de la Sigg Collection
Elu “Musée Britannique de l’année 2015”, le musée Whitworth de Manchester expose 80 œuvres contemporaines chinoises issues de la fameuse collection Sigg (M+ Sigg Collection: Chinese Art from 1970 to now, jusqu’au 20 septembre 2015). Considéré comme le plus grand collectionneur d’art contemporain chinois du monde, l’ancien homme d’affaires Suisse Uli Sigg, qui fut ambassadeur de Suisse en Chine de 1995 à 1998, s’est passionné pour l’art chinois après la mort de Mao Zendong (1976), une époque où cet art est inconnu en Occident. Il commença alors à collectionner passionnément et assidument, puis fit don, en 2012, de près de 1 500 œuvres au futur M+Museum de Hong Kong (ouverture est prévue en 2019).

L’exposition du musée Whitworth présente une sélection d’oeuvres destinées au musée M+ , sélection couvrant 40 ans de création chinoise, depuis les premiers travaux subversifs des années 70′, l’époque des évènements de la place Tiananmen (1989). Les artistes majeurs s’y trouvent en bonne place, notamment AI Weiwei, FANG Lijun, YUE Minjun, ZHANG Xiaogang et WANG Guangyi. A l’affiche de l’évènement, le Whitworth a sélectionné l’oeuvre Family Tree (2000) de ZHANG Huan, sa célèbre série photographique issue d’une performance calligraphique. Cette oeuvre particulièrement convoitée de tous les collectionneurs d’art contemporain chinois atteignait son prix record il y a moins d’un an à Hong Kong : près de 640 000 $ (vente Christie’s Hong Kong, 22 novembre 2014).

Gagosian représente désormais Nam June Paik
La galerie Gagosian gère désormais l’oeuvre de Nam June PAIK, à l’échelle mondiale. Ce grand précurseur de l’installation vidéo, disparu en 2006, entreprit ses premières expériences de distorsions d’images dès la fin des années 1950, en disposant des aimants autour du tube cathodique. La majorité de ses œuvres sont des installations de téléviseurs, diffusant des extraits de montages vidéos. La galerie Gagosian a choisi stratégiquement d’organiser la première exposition solo de Nam June Paik à Hong Kong, plutôt qu’à New York (exposition du 17 septembre au 7 novembre 2015). C’est là que sont concentrés les plus grands collectionneurs de cet artiste d’origine coréenne. C’est aussi là que fut signé un record de près de 650 000 $, avec la vente de l’installation Wright Brothers chez Christie’s Hong Kong en 2007. Le marché de l’art vidéo reste marginal, bien que les meilleures pièces de Nam June Paik passent allègrement les 200 000 $. L’art vidéo peine à percer en tant que spécialité sur le marché de l’art, mais le travail est en cours (citons la société de ventes françaises Wapler qui conçoit des ventes exclusivement dédiées à l’art vidéo) et de nouveaux collectionneurs s’y intéressent de plus en plus, et avec de moins en moins de complexes.
Le positionnement de la puissante galerie Gagosian devrait donner un sursaut de vitalité à ce segment de marché en cours de développement.

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