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En bref : Monet – Jörg Immendorff – Piero Fornasetti

[17/04/2015]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Six Monet à vendre chez Sotheby’s – Jörg Immendorff à Vence – Première rétrospective de Piero Fornasetti en France

Six Monet à vendre chez Sotheby’s

Le 5 mai prochain, 33 lots étayent la vente Impressionniste et moderne de Sotheby’s New York, dont six toiles de Claude MONET, une manne qui pourrait rapporter quelques 110 millions de dollars selon les estimations hautes. La société de ventes américaine avait déjà fortement misé sur le chef-de-file impressionniste lors de ses dernières ventes de Londres, dispersant alors cinq toiles de Monet, pour un résultat global équivalent à 74 millions. Les œuvres proposées cette fois sont particulièrement stimulantes. Certaines n’avaient pas été montrées au public depuis plusieurs décennies, conservées à l’abri des regards dans leur collection privée. Du Chemin à Epinay créé en 1975 (estimation 6-8 millions de dollars), jusqu’aux Nymphéas de 1916 (Bassins aux Nymphéas, les rosiers, estimation 18-25 millions), le catalogue traverse quatre décennies du travail de l’artiste. Le fameux jardin de Giverny, sujet le plus fertile de Monet dans ses années de maturité, est présent avec deux lots, dont un monument coloré de 1905 qui s’impose comme le joyau de cette vente : ces grands Nymphéas affichent une provenance sans faille (ils sont passés par les galeries Durand-Ruel et Wildenstein) et une solide estimation comprise entre 30 et 45 millions de dollars. Dans cette estimation, il s’agirait de l’une des meilleures opérations jamais réalisées par Sotheby’s pour Monet. Afin de séduire au mieux les collectionneurs américains, Sotheby’s rappelle l’influence qu’eut la série des Nymphéas sur les Expressionnistes abstraits tels que Marc Rothko, Clifford Still, Jackson Pollock et Sam Francis, initiateurs d’abstractions colorées dont certaines passent allègrement les 50 millions en salles (Rothko et Pollock).

Jörg Immendorff à Vence

Disparu en 2007, Jörg IMMENDORFF demeure l’un des plus célèbres artistes contemporains allemands. La Fondation Maeght (Vence) lui consacre un exposition intitulée Les Théâtres de la peinture jusqu’au 14 juin 2015, qui présente près de cinquante peintures des années 1970 à 2007 et une sélection de sculptures. L’occasion est belle car il est rare de voir Immendorf présenté en France. Né en 1945 en Allemagne de l’Ouest, cet ancien élève de Joseph Beuys (jusqu’en 1964) fut l’un des artistes les plus politisés de sa génération. Il crée l’Alliance d’action RFA-RDA avec le peintre d’Allemagne de l’Est A. R. Penck en 1976, et peint à la même époque sa célèbre série Café Deutschland, illustrant la division de l’Allemagne entre la RFA et la RDA. Les années 80′ sont marquées par des œuvres plus symboliques plus prisées sur le marché des enchères. Le record actuel s’élève à 471 000 $ pour une grande toile de plus de trois mètres cédée chez Sotheby’s Londres trois mois avant le décès de l’artiste (All’s well that ends Well, le 7 février 2007).

Les toiles se sont raréfiées aux enchères depuis sa mort. Elles représentent aujourd’hui 19% de sa production vendue en salles, contre 46% d’estampes, 21% de sculptures et 13% de dessins. Dispersées essentiellement en Allemagne (40% du marché), l’artiste est une référence dans toute l’Europe mais n’a pas encore trouvé son public aux Etats-Unis, où la dernière œuvre soumise aux enchères restait invendue malgré sa qualité (Anbetung des Inhalts, Sotheby’s New York, le 12 novembre 2014).

Première rétrospective de Piero Fornasetti en France

La grande nef du musée des Arts décoratifs de Paris s’est transformée en cabinet de curiosités jubilatoire de Piero FORNASETTI jusqu’ au 14 juin 2015. Son titre, La Folie pratique, raconte déjà la créativité boulimique et l’humour de ce personnage hors normes, autodidacte en matière de gravure et d’impression, passé maître dans le travail de matériaux aussi divers que le papier, la céramique, le verre, le cuivre et le textile. Sa virtuosité technique et son inventivité lui valent une collaboration fructueuse avec le grand designer Giò PONTI à partir de 1940. A la fois décorateur, imprimeur, éditeur, collectionneur et marchand, Fornasetti impose rapidement ses jeux de trompe-l’œil et ses traits d’humour, dont la célèbre série d’assiettes présentant le visage rond de la cantatrice Lina Cavalieri. La chanteuse italienne lui a inspiré la collection, Thèmes et Variations, déclinée en 350 objets de design. Ses créations commencent à passer aux enchères après son décès survenu en 1988, d’abord en France et au Royaume-Uni, puis rapidement à New York (fin des années 90′). Un premier coup de marteau défie les pronostics de Christie’s en 1998 : frappé 140 000 $, soit 100 000 $ au-dessus de l’estimation haute, le cabinet Architettura est une pièce originale de 1952 créée par Ponti et ornée par Fornasetti de motifs lithographiques et d’autres peints à la main. Deux pièces seulement furent plus valorisées que le cabinet Architettura au design théatral. Le record est tenu depuis 2007 par une œuvre majeure composée de 32 panneaux monochromes : la Stanza Metafisica, ou Chambre Métaphysique, rejoue les trompe-l’oeil de la Renaissance pour créer un environnement puissant. Sotheby’s décrochait 250 000 $ pour cette œuvre lors d’une vente new-yorkaise en 2007. De telles pièces sont rares et convoitées. Le musée des Arts décoratifs de Paris offre l’occasion de voir quelques pièces de grande envergure, parmi plus de 1 000 objets exposés.

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