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En Bref ! Milan – Subodh Gupta – Albert Oehlen

[04/05/2018]

Milan, l’incontournable

A peine assagie depuis la Fashion week de février dernier, Milan est à nouveau en pleine effervescence. Le temps d’une quinzaine, trois événements d’ampleur internationale ont fait de la Lombardienne le lieu de rendez-vous des collectionneurs, amateurs, artistes et professionnels : la Miart (la Foire d’art moderne et contemporain) qui se déroulait pendant la « Milano Art week » mi-avril, ainsi que le Salon du design ont montré, si d’aucun en doutait encore, que Milan est un centre foisonnant pour la création artistique.

Christie’s et Sotheby’s l’ont parfaitement compris. Les deux maisons qui fêtent respectivement cette année leurs 60 et 50 ans de présence dans la ville, ont judicieusement profité de ce calendrier pour présenter leurs ventes de printemps dédiées à l’art italien d’après-guerre.

Aux catalogues de ces vacations : des artistes phares, habitués des enchères millionnaires (Fontana, Manzoni, Scarpitta), mais aussi des artistes rares sur le marché, à l’image du Futuriste Umberto BOCCIONI (1882-1916), dont la plupart des œuvres sont conservées dans les grands musées (MOMA, Museo del Novecento de Milan, etc.). Les deux maisons dévoilaient en exclusivité deux toiles de Boccioni, comme affrontées : un portrait de jeune-fille chez Sotheby’s (qui n’a pas trouvé preneur) et un très beau portrait de Jeune homme vendu 470 000$ chez sa concurrente(Ritratto di giovane) ; magistral portrait d’un Boccioni au début de sa maturité artistique, qui frappe par son intensité dramatique.

Inédit également, le dessin d’Alighiero BOETTI, Aerei, constitué d’une multitude de petits traits de stylo bille bleu construisant en réserve sur le papier blanc une succession d’avions sur le même plan. Tout droit venu d’une collection privée qu’il n’avait encore jamais quittée, le dessin s’est vendu 178 000$ le 11 avril chez Christie’s, plus de trois fois et demi son estimation.

Lucio FONTANA, omniprésent sur ces cessions milanaises, était le point d’orgue de la vente de Sotheby’s : son Concetto Spaziale – Attese (1967), s’est vendu près de 3 m$, soit 1 million de plus que son estimation haute. L’écho de cet artiste vedette des enchères a désormais dépassé les frontières du marché occidental : le 31 mars dernier, se vendait à Hong-Kong un Concetto Spaziale, Attese (1965) pour 3,6 m$. Ce résultat intronise Fontana au palmarès des artistes les plus cotés en Chine, auprès de Basquiat et Richter, et confirme la progression des artistes occidentaux sur le marché chinois [voir le top 20 des œuvres aux enchères de peinture à l’huile et art contemporain en Chine en 2017].

L’engouement de ces cinq dernières années pour la scène italienne contemporaine n’est plus à démontrer [top italien 16/09/2017]. Mais les résultats financiers de ces deux sessions printanières sont très loin des records réalisés par les deux mêmes sociétés lors de leurs Italian sales de Londres. A Milan, Christie’s a recueilli 18 m$, contre 42 m$ à l’automne dernier à Londres, avec « Thinking Italian ».

S’il n’est donc pas financier, le choix de Milan par Christie’s et Sotheby’s est alors hautement symbolique et stratégique. Le dynamisme de la ville et son vivier d’oeuvres modernes de haute qualité en fait une place de marché incontournable.

 

Subodh Gupta à la Monnaie de Paris

Figure emblématique de la scène contemporaine indienne, Subodh GUPTA s’expose à la Monnaie de Paris du 13 avril au 26 août 2018. Intitulée Adda signifiant rendez-vous en hindi, cette première exposition monographique en France se veut un espace de rencontres et d’échanges autour du travail de l’artiste. La diversité des œuvres exposées mêlant peinture, photographie, performance, vidéo ou sculpture, sert au fil des œuvres à l’élaboration d’un témoignage sensible et critique sur l’Inde d’aujourd’hui où l’imbrication de la tradition et de la modernité est manifeste. Ainsi, on peut apprécier des œuvres emblématiques à l’image de sculptures géantes composées d’ustensiles de cuisine en inox, dont Very Hungry God (2006) ou Two cows (2003), une sculpture valorisée 542 500 $ lors d’une vacation new-yorkaise de Christie’s en 2010. De nouvelles productions ne sont pas identifiables au premier coup d’oeil, telles que Anahad (2017), installation de grands panneaux d’acier comme des miroirs qui se mettent à trembler sous l’effet de sons graves. Certaines œuvres sont exposées au cœur même de la collection du musée du 11 Conti aux côtés de la médaille en plaqué or imaginée par l’artiste durant sa résidence, fruit d’un véritable dialogue entre l’artiste et les savoirs faire de la Monnaie de Paris.

En invitant Gupta, Paris fête l’Inde, et ce n’est pas la première fois. En 2011 déjà, la crème de la création indienne faisait la une dans la capitale française à travers Paris-Delhi-Bombay, une exposition collective organisée au Centre Pompidou en 2011, dans laquelle Gupta, justement, avait déjà fortement marqué les esprits.

Albert Oehlen au top de son influence

Une carrière flamboyante ! Albert OEHLEN, peintre allemand de 63 ans, est la coqueluches des market-markers et des artistes américains de renom qui le collectionnent, dont Christopher Wool. Elève de Sigmar Polke, Oehlen se plait à brouiller les pistes à travers une peinture principalement abstraite qui exploite la superposition et se réinvente constamment. Le parcours de ce néo-expressionniste, aussi qualifié de «radical libre», est aussi impressionnant sur le plan institutionnel (il a exposé au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, au Guggenheim Museum de Bilbao ou encore lors de la 55 ème Biennale de Venise en 2013) que sur le strict plan du marché de l’art. La progression du prix de ses œuvres aux enchères est en effet l’une des plus vive de notre époque, avec un indice de prix en hausse de plus de 3 200% sur les 20 dernières années.

L’année dernière, le cas Oelhen fut l’un des plus brûlant du marché : pas moins de cinq nouveaux records millionnaires furent emportés en l’espace d’une année, dont un record absolu à plus de 3,6m$ pour un autoportrait vendu chez Christie’s au mois de mars. Cette effervescence concordait avec une exposition de deux mois que lui consacrait son galeriste Larry Gagosian à New York (Elevator Paintings: Trees, 28 février-15 avril 2017). Indéniablement, les bénéfices de cette exposition furent immédiat sur le marché des enchères: sa toile Eine Prähistorische Hand II (A Prehistoric Hand II) payée moins de 215 000$ en 2010, passait les 2,16m$ un mois après la clôture de son exposition chez Gagosian. Le marché de l’Art Contemporain se montre ainsi extrêmement réactif au prestige de l’actualité, notamment à l’actualité des grands marchands, véritables faiseurs de cotes de notre époque. Albert Oehlen devrait encore bénéficier d’un bel élan cette année car l’effet François Pinault prend le relais de l’effet Gagosian, via la longue exposition qui lui est consacrée au Palazzo Grassi. L’exposition s’intitule Cows by the Water et réunit 85 tableaux, de 1980 à aujourd’hui, jusqu’au 6 janvier 2019.

 

 

 

 

 

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