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En bref : Matisse à la Tate Modern – Lucio Fontana à Paris – L’art contemporain à New York

[02/05/2014]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Matisse à la Tate Modern – Lucio Fontana à Paris – L’art contemporain à New York

Les papiers de Matisse à la Tate Modern

La Tate Modern de Londres offre un focus sur les papiers découpés de Henri MATISSE depuis le 17 avril et jusqu’au 7 septembre 2014. Cette exposition d’envergure, qui rassemble 120 oeuvres rapportées du monde entier, partira ensuite pour New York au mois d’octobre. Elle témoigne d’une technique du découpage, qui remplace la peinture lorsque Matisse vieillissant est contraint à sa chaise roulante, après l’ablation réussie d’une tumeur cancéreuse. Il a 72 ans lorsqu’il investit ses nouvelles formes-signes par un découpage à vif dans la couleur (il découpe directement au ciseaux des papiers colorés à la gouache), sans dessin préalable. Ce travail à la lisière de la sculpture et de la peinture, de la figuration et de l’abstraction, est un langage pur qui allie fraîcheur, rigueur et énergie pour atteindre l’essentiel de la forme. Loin d’être une technique de secours, les découpages portaient Matisse ” à une très haute passion de peindre, car – dit-il – en me renouvelant entièrement, je crois avoir trouvé là un des points principaux d’aspiration et de fixation plastiques de notre époque. Jamais, je crois, je n’ai eu autant d’équilibre qu’en réalisant ces papiers découpés.” (propos publiés dans XXème siècle en 1970). Ce type d’oeuvres est plus rare que les dessins, si bien que de petits formats peuvent prétendre au million, à l’instar d’une Algue rouge sur fond bleu ciel de 1952 mesurant 45 x 42 cm, cédée 580 000 £ en 2010 (924 000 $ et 1,1 m$ frais inclus, 2 février, Christie’s Londres).

Rétrospective Fontana à Paris

Le Musée d’art moderne de Paris organise la plus grande rétrospective française de Lucio FONTANA depuis 1987 (du 25 avril au 24 août 2014). Si ses toiles fendues sont devenues des icônes de l’art, l’exposition va bien au-delà en affichant une vision globale de son œuvre et de ses changements de styles à travers plus de 200 sculptures, toiles ou céramiques. Précurseur de l’art abstrait en Italie dans les années 30, puis figure de proue du mouvement spatialiste à partir de 1947, Lucio Fontana réalise ses premiers Concetti spaziali (Concepts spatiaux) en 1949. Il commence donc par perforer ses toiles avant de les fendre dix ans plus tard (série des Tagli dès 1958). C’est une œuvre perforée qui tient un record d’enchère à hauteur de 18,5 m$ (20,885 m$ frais inclus) depuis le 12 novembre 2013 (Christie’s New York).

Cette pièce spectaculaire de 1963, à taille humaine et en forme d’oeuf, présente une surface perforée de multiples trous, autant d’ouvertures sur l’espace qui annoncent, d’après le titre, La fin de Dieu (Concetto spaziale, La fine di Dio). Ses oeuvres majeures se paient donc jusqu’à 20 m$ et la cote est au beau fixe depuis 2008, année où sont signés les premiers résultats à huit chiffres. En 10 ans, la cote de Fontana a grimpé de 66 % mais le geste souverain de lacération est accessible entre 3 000 et 6 000 $ en moyenne avec des pièces plus modestes, éditées en plastique (30 x 30 cm) ou en quelques estampes, trouées elles-aussi. Cette signature incontournable des ventes modernes et contemporaines a aussi exploré la sculpture et notamment la céramique, un versant souvent moins connu de son œuvre, à découvrir à l’occasion de cette rétrospective parisienne.

New York : épicentre de l’art contemporain

La seconde semaine de mai est l’une des plus importante pour l’art contemporain sur le plan international. Non seulement les maisons de ventes y donnent leurs ventes de prestige mais les collectionneurs arrivent aussi en masse à New York pour la Frieze art fair. La londonienne Frieze donne sa troisième édition à New York, sur Randalls Island, du 9 au 12 mai 2014. En off de ce prestigieux événement, où se retrouvent quelques unes des galeries d’art contemporain les plus pointues, pas moins de huit salons d’art contemporain sont organisés : le Salon Zürcher (5 au 11 mai), la Nada et la PooL Art Fair New York se tiennent du 9 au 11 mai et entre le 8 et le 11 mai auront lieu la Contemporary Art Fair NYC, la Outsider Art Fair New York 2014 , la PULSE New York, la VERGE Art New York et la foire française Cutlog qui donne sa seconde édition au Clemente sur Suffolf Street.
Parallèlement, Christie’s et Sotheby’s misent gros, avec certaines oeuvres signées Andy WARHOL, Gerhard RICHTER ou Christopher WOOL, estimées 25 m$ ou 35 m$, pour des ventes d’après-guerre et contemporain qui représentent 35 % des performances annuelles sur le marché des enchères. Rappelons que l’art contemporain est le segment le plus rentable du marché sur la décennie, avec une hausse de prix de 102 %, contre 76,7 % de hausse pour l’art d’après-guerre et 18 % de hausse pour l’art moderne. Les marchands et collectionneurs les plus puissants de la planète navigueront donc entre une offre de second et de premier marché et tenteront d’absorber plusieurs milliers d’oeuvres d’art en une semaine.

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