En Bref : les dernières ventes de NFT

[28/05/2021]

Résultats de la première vente NFT du vieux continent

C’était une première européenne : la société de ventes Millon a dispersé 13 œuvres NFT pour des mises à prix oscillant entre 400 et 20 000 euros, le 20 mai à Bruxelles. Le résultat final est conforme à l’estimation globale de 70 000 euros (environ 85 000$), sans les éclats obtenus au cours des précédentes semaines pour les NFT vendus chez Christie’s, Sotheby’s ou Phillips.

Se sont vendues 12 œuvres sur 13, dont la plus coûteuse est le lot n°8, The Rebbe de MAIKEUL à 23 000$. Deux NFT au moins auraient été réglés en Ether, actif très volatil : Fire d’OELHAN (1996) (6.720$) et $50K No.246873714 de Tom BADLEY, parti pour un peu moins de 2.000$.

Cette vente à huis-clos a attiré 300 inscrits venant de presque tous les continents et entre 50 et 100 enchérisseurs ce qui, selon l’expert NFT de Millon Axel Reynes, se situe “dans la norme” de leurs “secteurs traditionnels établis de longue date », et constituerait donc un excellent signe.

La première idée de la société d’enchères était d’organiser la vente en France mais la législation française prohibant la vente de biens immatériels, le Conseil des ventes volontaires (CVV) à inciter à déplacer cette première vente NFT en Belgique, là où aura lieu la prochaine vente dédiée à l’automne, à Bruxelles, avec un plus grand nombre d’œuvres et, peut-être, un plus grand retentissement.

 

Warhol tokénisé chez Christie’s

Pour les acteurs du marché de l’art, les NFT sont la nouvelle manne débridant les opportunités de vendre de l’art. Grâce aux NFT, même de grands artistes morts peuvent être source de nouvelles créations et, quitte à choisir les artistes à “tokéniser”, autant se tourner vers les plus populaires, les plus demandés, les plus vendeurs…

C’est ainsi que Christie’s est en train de vendre en ligne cinq lots NFT rattachés au roi du Pop art américain Andy WARHOL. Depuis le 19 et jusqu’au 26 mai, les enchères de cette petite vente intitulée « Machine Made » (Fait par la machine) portent sur cinq formats tif de 4500 x 6000 pixels, issues d’images créées par Warhol en 1985 pour promouvoir la sortie de l’ordinateur Amiga 1000 de marque Commodore. Warhol avait alors utilisé le logiciel ProPaint pour créer ses premières “peintures” numériques, sous la tutelle de développeurs et d’ingénieurs de Commodore. L’ensemble de ces œuvres numériques a été dévoilé en 2014, lors d’une exposition au Carnegie Museum à Pittsburgh, la ville natale de Warhol.

Aujourd’hui, cinq de ces images ont donc refait surface sous la forme de NFT, avec l’accord de la Fondation Andy Warhol de New York. Pour Noah Davis, spécialiste du département d’art d’après-guerre et contemporain de la maison de ventes, Warhol n’aurait pas renié ce détournement, tant il était lui-même pionnier du triumvirat art / commerce / technologie. Si les critiques restent mitigés autour de cette production NFT, Christie’s fait une nouvelle fois figure de pionnière en dispersant les premiers NFT “de” Warhol 34 ans après sa mort, mais  deux mois seulement après la vente du Beeple à 69m$.

Deux jours avant la fin de la vente, les enchères se situaient entre 14 000 et 30 000$ selon le NFT, avec une préférence pour un autoportrait de l’artiste. Mais les enchères ont fini par flamber pour atteindre des résultats compris entre 250 000$ et 1,17 m$ pour le plus cher : le NFT de Campbell’s Soup can.

Le paiement des lots a pu être effectué dans la crypto-monnaie Ether (celle avec laquelle l’oeuvre de Beeple a été achetée) pour cette vente dont les bénéfices devraient aller en partie au programme de subventions de la Fondation Andy Warhol, dont un programme de 2,6 millions de dollars introduit l’année dernière pour soutenir les artistes touchés par la pandémie.

 

Enchaînement des NFT chez Christie’s

Christie’s ne s’arrête pas là et enfonce le clou avec une deuxième vente dédiée aux NFT pour ce mois de mai. Sous le titre « Proof of sovereignty » (Preuve de souveraineté), la vente est curatée par Lady PheOnix, l’une des voix les plus respectées du paysage cryptographique actuel. La sélection porte sur une vingtaine d’artistes liés au “nouveaux médias” dont les œuvres ont été tout récemment générées en tant que NFT spécialement pour être proposées aux enchères…

La sélection d’artistes présente des contemporains incontournables – dont Jenny HOLZER et de Nam June PAIK (1932-2006) avec des NFT uniques de qui devraient être très disputés – et des artistes nouveaux sur le marché des enchères comme Gmunk, Auriea Harvey, Joshua Davis ou Raf Grassetti.

Résultat final le 3 juin 2021…