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En Bref! Le Moma vend un Dubuffet et un Mathieu – Klimt – L’art à plus de 10 millions – Karel Appel

[03/03/2017]

Le Moma vend un Dubuffet et un Mathieu

Le Moma a confié en novembre dernier à la galerie parisienne Applicat-Prazan deux œuvres d’après-guerre issues de ses collections : Topographie châtaine (1959) de Jean DUBUFFET, et Le Théorème d’Alexandroff (1955) de Georges MATHIEU. En mars 2017, ces pièces seront mises en vente pour un montant resté confidentiel à l’occasion de grandes foires internationales : Tefaf Maastricht et Art Basel Hong Kong. A l’image de Topographie Pariétale (vendue en 2014 chez Sotheby’s Paris pour plus de 200 000$), Topographie Châtaine fait partie de la période de recherche de Dubuffet sur les terrains qui a suivi son installation à Vence.

Le Modern Museum of Art n’en est pas à son coup d’essai, c’est même le musée qui vend le plus régulièrement des pièces de ses collections. Il avait ainsi déjà vendu en 2015 par l’intermédiaire de Sotheby’s Londres Les Peupliers à Giverny de Claude MONET pour près de 13,5 m$. Aux Etats-Unis, les œuvres des musées ne sont pas inaliénables, les conditions de vente sont théoriquement encadrées, notamment par l’obligation d’allouer le produit de la cession à l’enrichissement de la collection. Mais ces procédures éveillent des polémiques face aux possibles débordements : en 2013, l’exécuteur judiciaire qui avait les pleins pouvoirs pour gérer l’épineux dossier financier de la ville de Détroit préconisait par exemple de vendre l’ensemble de la collection du musée municipal, afin d’éponger l’énorme dette de la ville, sans en référer à la mairie. Aujourd’hui, le MoMA lui-même contourne la recommandation de préférer une vente publique pour vendre ses oeuvres, en choisissant deux foires d’art via une galerie française. De l’autre côté de l’Atlantique, les libertés, même encadrées, que prennent certains musées avec leurs collections soulèvent de nombreuses questions dans un pays comme la France, où les œuvres des collections publiques sont frappées d’inaliénabilité. La seule possibilité de déclassement d’une œuvre concerne les rétrocessions. En 2002, le Musée de l’Homme à Paris restituait par exemple la Vénus hottentote à l’Afrique du Sud. Mais l’inaliénabilité interdit toujours de vendre en France, afin d’éviter que les musées n’entrent dans une logique de spéculations en jouant sur la cote des artistes. Pour combien de temps ?

Klimt. D’extraordinaires plus-values

Gustav KLIMT fut la star de la semaine, depuis Londres d’où viennent de tomber les résultats des grandes ventes d’art impressionniste et moderne, notamment chez Sotheby’s, parvenue à décrocher une toile rarissime de 1907 pour sa vente du 1er mars, un remarquable paysage fleuri de 110 x 110 centimètres, incontestablement l’une des meilleures œuvres de l’artiste. Intitulé Bauerngarten, le chef-d’oeuvre fut adjugé pour 5,3 m$ par le passé en salle. C’était en novembre 1994, dans le cadre d’une importante cession de ventes de Christie’s à Londres. En une vingtaine d’années, son prix s’est démultiplié… L’estimation annonçait cette fois 45m$, mais le paysage a atteint 59,3 m$ le 1er mars 2017. Entre ces deux ventes, Klimt est devenu l’un des artistes les plus chers au monde, fort d’un record à hauteur de 87,9 m$ plantés pour le Portrait of Adele Bloch-Bauer II, une toile qui fit l’objet de lourdes procédures de restitution – l’oeuvre ayant été confisquée en 1939 après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne – avant d’être achetée par la célèbre présentatrice américaine Oprah Winfrey, le 8 novembre 2006 chez Christie’s à Londres. Or, le 8 février 2017, Oprah annonçait une opération exceptionnelle son œuvre de Klimt, revendue au prix de 150 millions de dollars à un collectionneur privé en Chine. La présentatrice a donc réalisé une plus-value de 62 millions de dollars en une dizaine d’années…

Les œuvres contemporaines attendues à plus de 10 millions

Londres. Quelques jours suivants les vacations d’art moderne et contemporain arrivent celles de l’art d’après-guerre et contemporain et, parmi les lots stars, cinq œuvres contemporaines pourraient bien passer le seuil des 10 millions. Tout d’abord le 7 mars chez Christie’s, avec trois œuvres  : le muséal Être et paraître peint par Jean Dubuffet en 1963 (entre 7 et 10 m£), l’imposante Cobourg 3 + 1 More de Peter DOIG (entre 8 et 12 m£), et surtout la lumineuse toile No. 1 (1949) de Mark ROTHKO, chef-d’oeuvre absolu auquel Christie’s consacre un catalogue indépendant d’une soixantaine de pages… Bien que son estimation ne soit pas dévoilée, une telle œuvre affiche tous les atouts pour atteindre le plus haut prix des ventes de mars… Rappelons que six abstractions colorées de Rothko ont passé les 50 millions de dollars au marteau sur les 10 dernières années. Le lendemain, Richter et Basquiat sont à l’honneur chez Sotheby’s, avec une toile à tendance monochromatique du premier (un iceberg estimé entre 8 et 12 millions £) et Untitled (One Eyed Man or Xerox Face) par le second, une œuvre de 1982 (la meilleure année) annoncée entre 14 et 18m£. Seules Christie’s et Sotheby’s travaillent sur le segment le plus haut de gamme possible. Philips affichant des chefs-d’oeuvre un peu moins cotés à son catalogue. Plusieurs résultats millionnaires sont néanmoins attendus le 8 mars du côté de chez Phillips, notamment sous les signatures phares de Rudolf Stingel, Miquel Barcelo, Yoshitomo Nara et Christopher Wool.

Karel Appel au Musée d’art moderne de Paris

Deux ans seulement après une exposition consacrée à ses dessins au Centre Pompidou, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris dédie une grande rétrospective à Karel APPEL, intitulée L’art est une fête !, jusqu’au 20 août 2017. Cette grande première en France repose notamment sur une importante donation de la Fondation Karel Appel d’Amsterdam (17 peintures et 4 sculptures), confie la commissaire de l’exposition Choghakate Kazarian. L’exposition vise à être la plus complète possible, à retracer une immense carrière s’étendant sur plus de 60 ans, des années 1940 à 2006, année du décès de l’artiste. On y découvre l’intérêt précoce de l’artiste pour l’art psychopathologique, ses expériences stylistiques et son interprétation très personnelle – et parfois abstraite – de sujets traditionnels comme le nu, le portrait et le paysage urbain ou rural. On plonge dans l’intensité expressive d’un artiste en révolte contre les conventions picturales, qui fut l’un des fondateurs et des agitateurs les plus remarquables du mouvement CoBRa (créé en 1948 et dissout en 1951). Ponctué de sculptures, de bricolages, de grandes installations des années 1970-1990, le parcours s’achève sur une peinture énigmatique réalisée peu avant sa mort, une œuvre sur laquelle on peut lire l’inscription Feetje ? signifiant petite fête en néerlandais. Une Petite fête faisait directement écho au titre de l’exposition et laissant le spectateur face à l’interrogation qu’elle convoque…

Emblématique d’une avant-garde parvenue à faire vaciller les règles pour élargir le champ de l’art, la production foisonnante de Appel est anti-élitiste par essence. La densité de sa production d’estampes – qui représente plus de 60% de son marché sur les deux dernières années – permet toujours d’accéder à cette signature pour quelques centaines de dollars seulement… Certains dessins, spontanés dans leur tracé comme dans le déploiement de leurs couleurs, s’échangent actuellement pour moins de 3 000$ aux enchères, à l’image d’un Nu couché de 1967 vendu dans une salle provinciale française en novembre 2016 (chez Encheres Pays de Loire à Angers, le 29 novembre). La notoriété et l’importance de Appel dans l’histoire de l’art occidental ont bien sûr considérablement élargie la demande, notamment vers les Etats-Unis. De fait, les toiles les plus importantes se voient disputer plusieurs centaines de milliers de dollars à Londres, New York, et Amsterdam, où l’artiste est né. Mais c’est de Paris que vient le record absolu de l’artiste, son unique résultat millionnaire emporté en décembre 2012 pour une toile de 1951 : Two birds and a Flower (1,09m$, Christie’s Paris, le 3 décembre 2012). Paris qui, décidément, ne cesse de lui rendre hommage.

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