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En Bref ! L’art urbain – Charles Meynier – Cranach

[13/04/2018]

L’Art Urbain à l’honneur !

La 3ème édition parisienne d’Urban Art Fair aura lieu du 12 au 15 avril 2018 au Carreau du temple à Paris. Plusieurs dizaines de galeries françaises et internationales seront réunies autour de la thématique « pourquoi vivre en ville ? ». Chacune mettra en avant un ou deux artistes issus de ce mouvement grâce à une scénographie savamment orchestrée.

Dans ce panorama foisonnant sont présents quelques fidèles à l’événement comme la galerie marseillaise David Pluskwa, habituée des group shows de haut niveau, qui expose cette année des artistes de renom comme Jef Aerosol (1957), Tanc (1979) ou encore Tilt (1973). Pilier du marché parisien et mondial de l’art urbain, la galerie Brugier-Rigail revient lui aussi sur l’édition 2018 avec son armada d’artistes parmi les plus cotés du genre tels que Shepard FAIREY (1970), JONONE (1963), MR CHAT (1977) et MISSTIC (1956).

La galerie Openspace, dirigée par les spécialistes Nicolas Chenus et Samantha Longhi, auteurs de nombreuses publications, dont Le Guide de l’art contemporain urbain, présente un group show tourné vers la figuration onirique avec le travail d’Eric Lacan (1976) aka Monsieur Qui, Robert Proch (1986) et MISS VAN (1973) à qui la galerie consacre une rétrospective en mai 2018. Spécialisée dans le graffiti US, la galerie Wallworks mettra à l’honneur un panel de célébrités dont SEEN et QUATRE. Quant à la maison de vente aux enchères et galerie d’art suisse Galartis, elle présente les lots phares de sa vente aux enchères à venir, « Art urbain : Graffiti & Street Art » programmée pour le 3 juin 2018. Plus qu’à l’accoutumée, séances de dédicaces, installations et performances rythmeront ces quatre jours de foire. Enfin, pour parfaire ce programme et dans une volonté de démocratisation du mouvement, UMA (Universal Museum of Art) présentera en exclusivité une exposition en réalité virtuelle dédiée à l’art urbain réalisée en partenariat avec Urban Art Fair.

L’événement entend rassembler les « papys du graffiti » et la « new school » de l’art urbain pour ravir les pupilles des professionnels et amateurs et pour stimuler un peu plus ce segment de marché parmi les plus branchés de notre époque.

Record pour Charles Meynier ou le succès des ventes régionales en France

Les demeures du Grand-Ouest français semblent receler des merveilles insoupçonnées. En tout début d’année déjà, le tableau du peintre indonésien Raden SALEH (1814-1880) intitulé La Chasse au taureau sauvage, retrouvé dans une cave à Auray en Bretagne, était vendu à Vannes par maître Jack-Philippe Ruellan, pour près de 9m$. Coup double pour la société de vente provinciale qui enregistrait alors le nouveau record de l’artiste indonésien, et un record d’enchères en Bretagne.

Cette fois-ci, l’histoire se déroule dans la région de Nantes. C’est là que maître Bertrand Couton découvre, chez des gens dans l’ignorance de ce qu’ils possèdent, Télémaque, pressé par Mentor, quitte l’île de Calypso, une toile magistrale peinte en 1800 par Charles MEYNIER, pour y être présenté au Salon où il avait été encensé par la critique et le public. Tableau-clef de la carrière de cet artiste incontournable sous l’Empire, l’œuvre représente un épisode tiré du roman d’apprentissage de Fénelon publié en 1699, Les Aventures de Télémaque réimprimé tout au long du XVIIIe siècle. On perd la trace du tableau dans les années 1810. Deux siècles plus tard, il ressurgit donc chez Nantes Ivoire, et s’envole le 27 mars dernier pour près de 2,5 m$, neuf fois son estimation initiale à un acheteur britannique. Il s’agit bien évidemment d’un record absolu pour l’artiste.

La redécouverte de chefs-d’oeuvre dans les collections de province génère des résultats dignes des grandes places de marché internationales. Et le phénomène n’est pas si rare en France : en 2011, à Toulouse, un rouleau impérial chinois atteint 23 m$ sous le marteau de Maître Labarbe. En 2013, le coffre japonais en laqué or du cardinal Mazarin retrouvé en Touraine est vendu 7,7 m$ par l’étude Rouillac à Cheverny. Plus récemment, une nature morte du maître néerlandais Pieter CLAESZ a atteint 1,4 m$ à Pau (mai 2017)… Ces succès répétés tiennent à la modernisation des sociétés de ventes provinciales. En profitant des outils de la mondialisation par exemple, qui permettent à un acheteur russe d’être averti d’une vente à Senlis. Ainsi, en mars 2017, une œuvre majeure du peintre russe Konstantin A. KOROVIN, est partie pour plus de 350 000 $, plus du double de son estimation.

Les plates-formes de ventes en ligne rompent l’isolement des sociétés de ventes régionales. Parfois, les amateurs ne se contentent pas de cliquer pour enchérir, ils font aussi le déplacement. A l’annonce de la mise en vente de trois Bouddhas en bronze en 2016, le marché asiatique s’est mobilisé et de nombreux Chinois se sont déplacés à Bordeaux pour enchérir en personne, faisant monter les enchères jusque 6,5m$. Nulle doute que la belle histoire ou l’illustre provenance participent également du succès et des palmarès de ces ventes en région. Les découvertes inopinées dans les greniers n’ont pas fini de faire les beaux jours des salles des ventes.

Un Cranach spolié, bientôt aux enchères

La société de ventes Christie’s s’apprête à disperser un magnifique tableau de Cranach l’Ancien (Lucas I CRANACH (1472-1553)). Attendue entre 1 et 2 millions de dollars lors de la vente Old Masters du 19 avril prochain à New York, la toile ne prétend pas au nouveau record de l’artiste, mais elle devrait mobiliser les plus grands marchands et collectionneurs d’art ancien…

C’est un portrait, celui de John Frederick I, notable de Saxe ayant vécu entre 1503 et 1554 et surnommé  »John Frederick le Magnanime ». Ce prince électoral allemand, ami et mécène de Lucas Cranach, est représenté en buste, sur un panneau de 62.8 x 39.7 cm, dans un habit rouge et blanc d’un raffinement peu commun, richement paré de surcroît. Or, l’apparition de ce superbe tableau résulte d’un véritable combat, d’une recherche menée des années durant. L’oeuvre a en effet été perdue de vue pendant 80 ans avant de refaire surface. Impossible de remonter sa trace après 1938, année de son exposition à Rotterdam, à l’occasion d’un prêt au Musée Boijmans par le grand collectionneur d’art Fritz Gutmann. Deux ans après cette exposition, les nazis occupent Amsterdam et convoitent les chefs-d’oeuvre de la superbe collection Gutmann. Le couple Gutmann, Fritz et Louise, sont assignés à résidence et se voient confisqués leurs biens. Ils sont arrêtés en 1943 et décèdent dans les camps de de Theresienstadt et d’Auschwitz, un an plus tard.

Le portrait de John Frederick I (Portrait of John Frederick I, Elector of Saxony) s’inscrit donc dans la douloureuse histoire des spoliations nazies… Mais les héritiers de Fritz et Louise Gutmann, leurs enfants puis leurs petits-enfant, ont tout fait pour retrouver ce Cranach, en travaillant notamment en lien avec Interpol et la base de données spécialisées sur les œuvres spoliées durant la Seconde Guerre Mondiale, Lost Art. La famille Gutman a poursuivi sa quête pendant deux générations sans perdre sa détermination. Le petit-fils de Fritz Gutmann, Simon Goodman, a d’ailleurs publié un livre sur le sujet en 2015 (Orpheus Clock: La recherche des trésors artistiques de ma famille volés par les nazis). Ces années de recherches ont finalement abouties, notamment grâce à Christie’s qui a facilité le retour de l’oeuvre auprès de Simon Goodman, via son département de restitution d’oeuvres d’art, lequel a fait le lien entre les denriers propriétaires de l’oeuvre et l’héritier légitime.

L’Organisation internationale de police criminelle, les associations, les organisations privées, les états et les sociétés de ventes travaillent tous à la restitution des biens culturels spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale, mais il reste beaucoup à faire. En France notamment, de nombreuses œuvres spoliées sont encore dans les collections publiques des musées. Quelques 2 000 œuvres MNR (Musées nationaux récupération) seraient toujours sans propriétaire identifié.

 

 

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