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En Bref ! La collection du manager de Damien Hirst – La Collection Pinault debout 

[24/08/2018]

Rentrée des classes chez Sotheby’s : la collection du manager de Damien Hirst à vendre

C’est la vente de la rentrée. Le 21 septembre prochain, Sotheby’s met en scène la dispersion de la collection Dunphy : plus de 200 œuvres de Damien HIRST et de quelques YBAs (Young British Artists) emblématiques de la scène artistique iconoclaste des années 90. Yellow Ball : The Franck and Lorna Dunphy Collection retrace notamment l’histoire d’une collaboration de plus de 15 ans entre Damien Hirst et son agent-mécène Frank Dunphy, à qui l’artiste doit sa juteuse carrière et nombre de ses meilleurs coups financiers. Dans les années 2000, le duo avait savamment orchestré deux ventes chez Sotheby’s qui allaient révolutionner le marché de l’art. En 2004, la vente du restaurant de Notting Hill Pharmacy (à l’époque la plus importante concentration d’œuvres de Hirst) atteignait un total de 14 m$ pour 100 % de lots vendus. Bis repetita quatre ans plus tard avec Beautiful inside my head forever, une vacation qui non seulement abolissait le privilège des galeries en proposant des œuvres d’atelier inédites sur le marché, mais qui raflait 142 m$ : le record mondial (inégalé) pour une vente monographique.

La collection Dunphy fait ainsi le récit d’une histoire intime, celui des époux Dunphy et de leur vie au cœur de la scène artistique anglo-saxonne de la fin du XXème siècle. La plupart des pièces qui la composent sont inédites : elles ont été offertes par les artistes comme des clins d’œil à leur histoire commune avec le couple. A Frank malade, Hirst offre son armoire à pilules Psst (1997) ; pour ses 70 ans, il reçoit son portrait Bust of Frank (2008) et comme cadeau de retraite, le tondo jaune Smashing Yellow Ball at Peace Painting (2008) dont le titre évoque l’histoire de la rencontre des époux. La collection présente également des pièces signées Richard PRINCETracey EMIN ou encore Angus FAIRHURST, dont le gorille sculpté prenait place à la table des Dunphy lorsqu’elle comptait 13 convives.

Une décennie après les coups d’éclats du duo Dunphy/Hirst et passée l’euphorie d’un marché débridé, la vente de cet automne sonne comme le clap de fin de la Success story. Dunphy s’est désormais retiré des affaires et la cote de Hirst est en perte de vitesse (-84 % depuis 2008). Le résultat escompté par la maison de vente est d’ailleurs plus mesuré : 11m $. Parmi les aperçus du catalogue en préparation, on ne compte aucune estimation au-dessus des 300 000 $ pour Damien Hirst et l’œuvre la plus chère (estimation haute à 1 m$) est un Concetto Spaziale, Attese (1961) de Lucio FONTANA. Néanmoins, Sotheby’s porte fermement l’accent sur le caractère intime des œuvres à la vente et leur unicité. Serait-ce parce que cette tonalité sentimentale pourrait faire soubresaut dans le cœur des collectionneurs et réveiller leurs ardeurs? Affaire à suivre.

La Collection Pinault debout !

Rennes, ville en pleine mutation s’offre une exposition qui a de quoi faire pâlir la capitale française le temps d’un été. Une soixantaine d’œuvres issues de la prestigieuse collection de François Pinault sont ainsi rassemblées au Couvent des Jacobins, ouvrage datant du XIVème siècle et fraîchement restauré.

Baptisée Debout !, l’exposition à la sommation retentissante ne laissera personne indifférent face à la dureté des sujets abordés : outrage, torture, crucifixion, racisme, guerre du Vietnam, Fukushima,… etc. Ainsi chaque œuvre, savamment mise en scène, délivre un message brûlant de vérité sur la cruauté humaine, la barbarie et les épreuves traversées par les hommes au cours de l’histoire des XXème et XXIème siècles. Cela nous permet d’appréhender une soixantaines d’œuvres aux dimensions parfois colossales, en attestent les trois êtres gigantesques installés dans l’entrée dont la sculpture Baby de Thomas Houseago. Au programme, les pointures de l’art sont au rendez-vous, comme le sulfureux Maurizio CATTELAN avec Him, présentant un très jeune Adolf Hitler en position de contrition, la sculpture Cri d’une jeune fille hurlant de douleur recréée en 3D par Adel ABDESSEMED à partir de la célèbre photo prise par Nick Ut pendant la guerre du Vietnam ou encore Fucking Hell du duo infernal Jake & Dinos CHAPMAN réduisant les atrocités nazies à de minutieuses maquettes. C’est aussi l’opportunité d’approcher des talents émergents de l’art contemporain, l’un des axes de la Collection Pinault, à l’instar du Français Vincent GICQUEL et du Brésilien Lucas ARRUDA. La tenue d’une exposition de cette envergure qui assure à Rennes des dizaine de millions de visiteurs, prouve que la troisième fortune française (selon le dernier classement de Forbes) fait la part belle à l’art contemporain même au-delà des centres névralgiques où sa renommée n’est plus à faire…

Après Venise avec le Palazzo Grassi et Punta della Dogana, les deux espaces restaurés par l’architecte japonais Tadao Ando accueillant de grandes expositions de la Collection, François Pinault vient tout juste de dévoiler les grandes lignes du projet architectural de son futur musée privé dans la Bourse du commerce à Paris (pour un bail administratif emphytéotique de 50 ans). Les travaux devraient bientôt commencer pour une ouverture extremement rapide prévue en 2019. L’empire Pinault, c’est une collection d’environ 3 000 œuvres de plus de 500 artistes internationaux parmi les plus cotés du marché, et seulement 130 œuvres vendues depuis le début des années 2000.

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