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En Bref! Kupka au Grand Palais – Fautrier au Musée d’art moderne

[19/01/2018]

Rétrospective Kupka au Grand Palais

Le Grand Palais accueille deux grandes expositions pour le printemps 2018 : “Kupka. Pionnier de l’Abstraction” et “Artistes & Robots”. Un programme résolument tourné vers la modernité et le futur!

Première rétrospective Frantisek KUPKA en France (du 21 mars au 30 juillet 2018), depuis l’exposition de 1989 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, l’exposition du Grand Palais sera ensuite présentée par la Galerie nationale de Prague au Palais Wallenstein à partir de septembre 2018 puis à Helsinki en 2019, et cela change tout : la Galerie Nationale possède, en plus de la correspondance de l’artiste acquise en 2012, un corpus d’œuvre fondamental dans la compréhension du parcours de l’artiste. En 1946, l’État tchécoslovaque achète une quarantaine d’œuvres de Kupka, dont la célèbre Amorpha, fugue bicolore de 1912. L’artiste décide dans la foulée de donner à la Galerie un grand ensemble d’œuvres, qu’elle va ensuite jalousement garder, ou prêter au compte goutte, selon les relations internationales et les personnalités des directeurs en charge des collections. C’est donc un petit événement que cette présentation parisienne, qui couvre ainsi vraiment l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, de ses débuts marqués par le symbolisme jusqu’à ses dernières réalisations dans les années cinquante. Conjuguant parcours chronologique et thématique, cette exposition rassemble quelque 300 œuvres déployées en huit sections qui permettent au public d’entrer dans l’univers de František Kupka, sa quête existentielle et son intérêt pour la philosophie, les cultures anciennes et orientales ou encore la science, tout en évoquant des épisodes moins connus comme la période dite «machiniste» à la fin des années vingt.

Depuis 2000, la cote de l’artiste ne cesse de progresser, au rythme de la redécouverte de son rôle dans l’invention de l’abstraction aux côtés de Kandinsky, Mondrian ou Malevitch. Après une année record en 2016, avec notamment deux adjudications à plus de 2m$ pour Séries CI. (Series C I. (Plans Miniscules)) de 1935 chez Adolf Loos et L’envolée chez Stockholm Auktionsverk, le marché de l’artiste reste stable, signe que sa place de précurseur est à présent intégrée par tous.

Rétrospective Fautrier au Musée d’art moderne

Après une période de figuration et quelques années passées dans les Alpes loin de la scène créative parisienne, Jean FAUTRIER (1898-1964) revient à Paris en 1940. Il se alors rapproche d’André Malraux, Francis Ponge, Paul Éluard, Georges Bataille et surtout de Jean Paulhan, qui devient un allier important. Pendant les années de guerre, il entreprend sa série des Otages (1943-1945), utilisant une peinture à la colle mêlant encres et pigments. Une nouvelle forme de représentation voit le jour, où les corps convulsés sont rendus à la matière. Fautrier se démarque par une peinture nouvelle dans laquelle la douceur apparente émanent des couleurs et des lumières de la toile rencontre la cruauté, réelle, du monde. En 1960, il partage le Grand prix de peinture de la Biennale de Venise avec Hans Hartung. Quatre ans plus tard, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lui consacre sa première rétrospective, peu avant sa mort.

Aujourd’hui, le père de l’art informel est célébré via une importante rétrospective réunissant 200 œuvres. L’exposition du Musée d’art moderne de la ville de Paris (6 janvier-20 mai 2018) reprend et augmente la rétrospective Jean Fautrier qui a eu lieu l’été dernier au Kunstmuseum de Winterthur en Suisse, incluant plusieurs oeuvres du Musée d’Art moderne de Paris (le Musée dispose d’un important fonds Fautrier de plus de 60 oeuvres), mais aussi de plusieurs musées français et de collections privées.

Cette nouvelle exposition aura-t-elle une incidence sur sa cote ? Bien qu’il compte parmi les artistes les artistes les plus cotés de l’Ecole de Paris, son record d’enchère remonte déjà à sept ans et son marché mérite d’être dynamisé. Londres n’a rien dispersé d’important récemment, malgré une véritable demande sur place. C’est en effet de Londres que provient le record absolu de l’artiste, frappé en 2011 à hauteur de 4m$ pour une grande toile représentant un Corps d’otage à la lisière de l’abstraction et de la figuration, dans le rose crémeux si caractéristique de ses Otages (Sotheby’s Londres, le 10 février 2011). L’oeuvre était estimée autour du million de dollars, mais elle a multiplié par quatre les prévisions. De nouvelles toiles de cette envergure seraient bienvenues sur un marché en sommeil. Elles permettrait à la cote de Fautrier de s’inscrire au cœur de la dynamique dont profitent d’autres artistes de l’Ecole de Paris. N’oublions pas que le record de Hans HARTUNG a été révisé à plus de 3,1m$ en 2017 avec sa grande abstraction T1956-13 (le 6 décembre dernier chez Sotheby’s à Paris), et que celui de Pierre Soulages a passé les 6,8m$ en juin 2017 (Sotheby’s Paris). Si ce n’est Londres, Paris aura peut-être le pouvoir de redynamiser la cote de cet immense artiste.

 

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