En bref : Erro à Lyon – Biennal de Sao Paulo – Phillips et Londres

[18/09/2014]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Erro à Lyon – Biennal de Sao Paulo – Phillips et Londres

Erro à Lyon

Gudmundur Gudmundsson, alias Erro, nait en Islande en 1932, étudie puis enseigne à l’école des Beaux-Arts de Reykjavík et se fixe à Paris en 1958 où il rejoint le mouvement de la Figuration Narrative. Ce collecteur d’images se définit lui-même comme « une sorte de chroniqueur, de reporter, […] qui rassemblerait toutes les images du monde, […] pour en faire la synthèse ». Habitué des soldeurs de livres, l’artiste prélève aussi dans le flux d’images numériques et opère par séries : Radioactivity, Playback, Méca-make-up, Scapes, etc.
Présenté au centre Pompidou de Paris en 2010 à la faveur d’une exposition de ses collages (Erro – 50 ans de collages), il se retrouve consacré quatre ans plus tard au Musée d’art contemporain de Lyon, avec une rétrospective sur près de 3 000 m² réunissant plus de 500 oeuvres choisies dans les collections publiques et privées d’Europe (du 3 octobre 2014 au 22 février 2015). ERRO fait par ailleurs une donation exceptionnelle à la Ville de Lyon ; à savoir une grande toile de 5 mètres sur 3 intitulée Silver surfer saga (1999 ), issue de la série Saga of America Comics, qui vient enrichir la collection du Musée d’art contemporain de Lyon.
Côté marché, Erro fait partie du cercle fermé des artistes français vivants millionnaires aux enchères. Son record s’est établi en 2007 à 1 056 600 $ pour la toile Comicscape réalisée en 1971 (l’oeuvre est adjugée 720 000 €, soit 838 650 € frais inclus équivalent à 1,23 m$ frais inclus, Christie’s Paris, 11 décembre 2007). Mais avec un marché essentiellement français (à 87%) et un manque de rayonnement hors Europe, les oeuvres restent abordables aux enchères : environ 65 % des lots se vendent moins de 5 000 $, y compris des acryliques sur toiles de belles dimensions.

Biennal de Sao Paulo

C’est sous un titre poétique, « Comment (…) des choses qui n’existent pas« , que s’est ouverte il y a quelques jours la Biennale de Sao Paulo Une centaine d’artistes issus de 34 pays se retrouvent autour d’une question ouverte sur la capacité de l’art à interroger la vie (actions, limites, injustices, transgressions) et sur la puissance de l’imaginaire, dans un superbe bâtiment dessiné par Oscar Niemeyer et Hélio Uchôa. La Biennale d’art de Sao Paulo a ainsi ouvert ses portes le 6 septembre et se visite, gratuitement, jusqu’au 7 décembre 2014. Lancée en 1951, cette Biennale en est à sa 31ème édition, ce qui fait d’elle l’une des plus anciennes Biennale d’art du monde après celle de Venise initiée en 1895. Dans le large choix d’artistes et la diversité des horizons, on croise le Néerlandais Jonas Staal, la Bosniaque Danica DAKIC, et quelques artistes particulièrement plébiscités par le marché comme le Chinois QIU Zhijie ou les brésiliens Cildo MEIRELES et TUNGA. Tunga enregistrait d’ailleurs son record d’enchère en mai dernier (120 000 $ avec Palindromo Incesto, vendue chez Christie’s New York le 28 mai 2014).

Sao Paulo et Rio (ou se tenait récemment le salon ArtRio du 11 au 14 septembre 2014) s’érigent en destinations incontournables pour l’art contemporain. Le marché de l’art se dynamise grandement sur place tandis que les acteurs internationaux observent de près les évolutions administratives et économiques au Brésil, attendant notamment celles relatives aux taxes d’importation sur les oeuvres d’art, encore lourdes pour une implantation aisée des galeries étrangères.

Phillips et Londres

Phillips inaugure son nouveau siège londonien de Berkeley Square pendant la Frieze Art Fair (15-18 octobre 2014), avec une exposition de prestige réunissant Donald JUDD, Frank STELLA et Enrico CASTELLANI. L’emplacement stratégique de Berkeley Square, situé à quelques encablures des grandes galeries (Gagosian, La Pace, Hauser & Wirth) rapproche Phillips des autres sociétés de ventes Sotheby’s, Christie’s et Bonham’s, bien implantées dans le quartier d’affaires.
Phillips, qui se distingue pour ses choix ultra-contemporains et ses ventes thématiques, a réalisé 47 m$ de chiffre d’affaires lors de ses vacations londoniennes du premier semestre 2014 (inclusion faite de sa grande vente d’art contemporain début juillet), contre 149,7 m$ à New York sur la même période. C’est peu en regard des performances exceptionnelles de Christie’s et Sotheby’s, mais beaucoup à l’aune du marché européen. Phillips est un leader de la vente d’art contemporain et s’affiche comme la 4ème meilleure société mondiale dans ce domaine, derrière la chinoise Poly International. La première vente londonienne de prestige – Contemporary Art Evening Auction – se tiendra le 15 octobre 2014 avec une grande œuvre signée Rudolf STINGEL en couverture de catalogue ; Stingel, qui tient pour l’instant la cinquième meilleure adjudication 2014 chez Phillips Londres (Untitled (2012), adjugée l’équivalent de 1 198 960 $ le 2 juillet dernier) affiche aussi un record de 2,3 m$ dans l’antenne new-yorkaise de la société.