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En bref : El Anatsui – Miquel Barcelo – Fabio Mauri

[30/04/2015]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : El Anatsui, lion d’or à la Biennale de Venise – Barcelo expose chez Taddhaus Ropac – Fabio Mauri et Venise

El Anatsui, lion d’or à la Biennale de Venise

L’artiste ghanéen El ANATSUI, né en 1944, vient de recevoir le Lion d’or de la 56ème Biennale d’art de Venise. Un prix venu récompenser l’ensemble de sa carrière, soit seize ans d’un processus sculptural majestueux qui a fait plusieurs fois le tour du monde. L’artiste réside toujours au Nigéria mais ses œuvres ont voyagé partout en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Des œuvres évoquant des draperies multicolores, constituées de milliers de capsules métalliques, patiemment aplaties puis tricotées ensemble. Un art du recyclage et de détournement d’objets faisant partie de la culture africaine et rencontrant ici la sensibilité alchimique du vil métal transformé en or. Déjà sélectionné pour représenter l’Afrique à la Biennale de Venise de 1990, El Anatsui fit sensation lors de l’édition de 2007 avec une œuvre magistrale parant la façade du Palazzo Fortuny au cœur de la cité des Doges et deux œuvres monumentales à l’Arsenal. A partir de là, galeristes et collectionneurs se sont rués sur son œuvre, sa cote grimpant vivement en 2008 avec une première adjudication à 500 000 $ (Healer, adjugée 500 250 $ soit plus de 602 000 $ frais inclus, Sotheby’s Londres, le 10 octobre 2008).
Les prix ont allégrement décuplé en 10 ans et la moitié de son marché se joue désormais sur la première place mondiale, celle de New York. L’artiste signait là sa première enchère millionnaire en 2014, avec une sculpture aux allures de draperie scintillante adjugée 1,2 m$ (Paths to the Okro Farm, Sotheby’s New York). Cette pièce de plus de trois mètres de large est loin d’être sa création la plus monumentale. Car El Anatsui ne travaille plus seul. Il est entouré d’une quarantaine d’assistants, aide providentielle pour finaliser des œuvres souvent immenses. Sa plus grande réalisation, installée sur la façade de la Royal Academy de Londres en 2013, ne mesure pas moins de seize mètres de haut et cinquante mètres de large. Autre actualité non loin de l’Italie : l’artiste expose en France, au château de Chaumont-sur-Loire jusqu’en novembre 2015, auprès du Brésilien TUNGA et du Mexicain Gabriel OROZCO.

Barcelo expose chez Taddhaeus Ropac

La galerie Thaddaeus Ropac de Paris vient d’ouvrir une exposition consacrée au grand artiste espagnol Miquel BARCELO (jusqu’au 31 mai 2015). L’Inassèchement, tel est son titre, pour exprimer le rapport d’immersion de l’artiste à son œuvre et les transformations autonomes de celle-ci le temps du séchage. Dès lors que l’artiste a posé ses outils, l’oeuvre procède à de subtiles et ultimes changements, comme le suggèrent les titres des 17 œuvres réunies : La Dynamique de l’Inassèchement, Brisements, Manifesto Haptique. La reconnaissance internationale de Barcelo arrive tôt, au début des années 80′ : invité à la Documenta VII de Cassel en 1982, il se lie d’amitié avec Jean-Michel Basquiat et expose quatre ans plus tard chez son galeriste de New York, l’un des plus grands marchands de l’époque, Leo Castelli. Dès lors, Barcelo s’impose comme l’une des grandes signatures de l’art contemporaines, dans une sensibilité néo-expressionniste.

La reconnaissance institutionnelle attendra 10 ans de plus. En 1996, le Musée national d’art moderne et la Galerie nationale du Jeu de Paume de Paris lui consacrent simultanément une exposition intitulée Impressions d’Afrique, après cinq mois passés en Côte d’Ivoire et au Mali. A l’époque, plusieurs de ses œuvres ont déjà passées le seuil des 100 000 $ aux enchères. Ce n’est que le début d’une ascension qui le conduisit è s’imposer comme l’artiste espagnol le plus coté de sa génération. Aujourd’hui, il affiche 11 adjudication millionnaires, dont un sommet équivalent à 5,5 m$, emporté en 2011 à Londres avec Faena de muleta, une grande toile matiériste reprenant l’espace d’une arène (vendue l’équivalent de 6,3 m$ chez Christie’s le 28 juin 2011). L’artiste, qui partage sa vie entre Majorque, Paris et le Mali, fait partie des plus prestigieuses collections publiques et privées à travers le monde.

Fabio Mauri et Venise

La 56ème Biennale de Venise (du 9 mai au 22 novembre 2015) propose, pavillon après pavillon, des artistes émergents encore discrets sur la scène internationale et d’autres déjà adoubés. Les artistes les plus connus se nomment Chiharu SHIOTA (pavillon japonais) ou Sarah LUCAS (Royaume-Uni), ceux à découvrir plus avant sont Joan JONAS (Etats-Unis), Fiona HALL (Australie), Joao LOURO (Portugal) ou Céleste BOURSIER-MOUGENOT (France) entre autres.
Les artistes exposés sont en règle générale toujours actifs et la Biennale est un bon tremplin pour gagner en notoriété internationale. Pourtant, pour la seconde fois consécutive, la Biennale expose Fabio MAURI, artiste né en 1926 et décédé en 2009. Fabio Mauri avait déjà exposé à la Biennale de Venise en 1974 mais le chemin vers la reconnaissance internationale est plus long pour lui que pour beaucoup d’autres. Le commissaire de la Biennale, Okwui Enwezor, insiste sur la présence du travail engagé de Mauri, artiste encore confidentiel, pourtant intégré aux collections du Centre Pompidou de Paris et représenté par la galerie suisse Hauser & Wirth. Ce lent travaille de reconnaissance serait, selon les défenseurs de l’oeuvre de Mauri, en passe de porter ses fruits et d’avoir enfin des répercutions importantes en terme de cotation. L’avenir dira. Pour l’heure, la majorité de ses œuvres ont changé de mains pour moins de 10 000 $ sur le marché des enchères.

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