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En bref : Daido Moriyama – Marcel Broodthaers – Peter Fischli et David Weiss

[15/01/2016]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Daido Moriyama – Marcel Broodthaers – Peter Fischli et David Weiss

Daido Moriyama
Le photographe japonais Daido MORIYAMA revient à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain de Paris, après une première exposition en 2003. La Fondation Cartier met cette fois l’accent sur les œuvres récentes avec des photographies couleurs moins connues que ses célèbres clichés en noir et blanc (exposition du 6 février au 29 mai 2016). Moriyama a donné naissance à une nouvelle pratique de la photographie de rue où il travaille comme un rôdeur, un chasseur faisant des snapshots, des instantanés sans idée préconçue. Il en résulte des images souvent floues et saturées, qui ont un “bruit” particulier, une “texture” brute bien reconnaissable.
Né à Osaka en 1938, Daido Moriyama étudie d’abord le graphisme avant d’apprendre la photographie auprès de son premier maître Takeji Iwamiya. Puis, il s’installe à Tokyo en 1961 où il assiste le grand photographe Eikoh HOSOE. Il entame son œuvre indépendante en 1964 et rencontre véritablement le succès dès sa première publication en 1968. Ses photos feront rapidement le tour du monde, notamment au MoMA de New York, qui présente son travail en 1974, dans le cadre de la première exposition collective consacrée à la photographie japonaise (New Japanese Photography). Depuis, Moriyama a été exposé dans plusieurs institutions majeures, dont la Tate Modern de Londres (William Klein + Daido Moriyama, 2012), le San Francisco MoMA (Stray Dog, 1999), le Metropolitan Museum de New York, le National Museum of Art d’Osaka (On the Road, 2011), et plus récemment lors des Rencontres d’Arles 2015.
En salles de ventes, ses œuvres ont depuis longtemps gagné le marché international si bien qu’on en trouvera aux Etats-Unis, en Angleterre, en France, en Belgique, en Autriche et en Allemagne aussi bien qu’en Asie (Japon, Chine, Hong Kong). Et les prix grimpent indéniablement pour les clichés anciens, ceux des années 1960 et 1970. Un nouveau record d’enchère fut même signé l’année dernière pour sa fameuse série de 10 photographies intitulée Kagerou, Mayfly (1972). Vendue au double de l’estimation basse par la société de ventes japonaise SBI Art Auction (le 18 avril 2015), Kagerou, Mayfly a établi un nouveau record aux enchères à 53 000 $, ce qui revient à payer chaque photographie de ce lot pour 5 300 $. Une bonne affaire lorsque l’on sait que ses tirages argentiques d’époque se vendent habituellement entre 5 000 et 15 000 $.

Marcel Broodthaers
C’est une première à New York : l’artiste Belge Marcel BROODTHAERS (1924-1976), le bohème caustique, sera prochainement exposé dans le cadre d’une grande rétrospective. La nouvelle de cette exposition a dynamisé son marché ces derniers mois, avec de nombreuses œuvres proposées dans les salles de Paris, Berlin, Cologne, New York, Amsterdam, sans oublier Bruxelles.
Plasticien, poète, écrivain et maître de l’absurde, Broodthaers est le seul artiste connu à avoir créé son propre musée fictif de son vivant : le “Musée d’art moderne/Département des Aigles” (1968-1972), qui fut baptisé d’après l’un de ses vers, “Ô mélancolie, Aigre château des Aigles”. Broodthaers en fut le directeur jusqu’à ce qu’il décide de fermer le musée en 1972. Il expose la même année à la Documenta V de Kassel. En 2015, le musée iconique fit l’objet d’une exposition à la Monnaie de Paris (du 18 avril au 5 juillet 2015), un lieu choisi en regard du sens de l’installation. Car ce musée n’est pas seulement une idée loufoque, il participe à la réflexion de Marcel Broodthaers sur le rapport entre l’œuvre d’art et sa valeur financière. Depuis les années 1960 en effet, l’artiste pointait du doigt le fait que l’art soit devenu un acteur de l’économie. Il créa même, en 1971, une Section Financière au musée, comprenant un lingot d’un kilo d’or poinçonné d’un aigle. Ce lingot était proposé à la vente à un prix calculé au double de la valeur du marché de l’or, afin de collecter des fonds au profit du musée.
Mais son œuvre la mieux connue du grand public est certainement Moules Sauce Blanche (1968), sorte d’hommage à Magritte. Conscient de travailler en détournant des choses dépourvues de valeur (ici une casserole et des moules), Broodthaers a signé une œuvre volontairement dénuée d’aura esthétique, une œuvre à la lisière de Dada et du surréalisme, dont l’audace s’avère particulièrement prisée par les collectionneurs : les sculptures Moules Sauce Blanche, dont il existe plusieurs versions, peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars, le record étant tenu par une pièce vendue 358 000 $ en 2000 chez Christie’s New York. Ses œuvres iconiques se faisant rares sur le marché, reste à les découvrir sous peu au Museum of Modern Art de New York, du 14 février au 15 mai 2016.

Peter Fischli et David Weiss
Ces deux artistes suisses originaires de Zurich (Peter & David FISCHLI & WEISS) sont associés depuis 1979. Leur arme ? L’humour avant tout, dans des sculptures, installations, vidéos et photographies. Ces touches-à-tout se sont fait connaître avec Le Cours des choses, un film expérimental réalisé en 1987, où les petits évènements s’enchainent dans un jeu joyeux de contre poids, balanciers, chaises à bascule, échafaudages divers et engrenages, autant de bricolages que l’on retrouve dans leur travail de sculpture. Le fragile équilibre entre les objets usuels du Cours des choses est en quelque sorte le prolongement vivant de leur série Un après-midi tranquille (1984-1985), des installations précaires dont ils ont tiré des photographies. Le duo compte aujourd’hui parmi les artistes contemporains suisses les mieux reconnus sur la scène internationale. Voilà d’ailleurs plus de 10 ans que leurs meilleures œuvres cotent à plus 100 000 $ en salles de ventes. Ils signaient même un record au seuil du million de dollars à Londres en 2013 (avec Floß, une installation vendue plus de 962 000 $ frais inclus chez Phillips), mais leur marché s’est considérablement essoufflé après ce sommet. Il pourrait bien repartir grâce à une actualité pour le moins prestigieuse, car l’état d’esprit incongru, poétique et jubilatoire de leur œuvre est à découvrir au musée Guggenheim de New York, du 5 février au 20 avril 2016.

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