Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer les cookies.

En Bref : C’est trop grand pour une maison – Hop POP ART – Frieze art fair

[06/10/2017]

C’est trop grand pour une maison !

C’est son anniversaire, mais c’est lui qui fait un cadeau, et non des moindres.

A l’occasion des 80 ans de David HOCKNEY, le Centre Pompidou, en collaboration avec la Tate Britain et le MET présente la plus complète des rétrospectives consacrées à son œuvre. L’exposition parisienne, ouverte jusqu’au 23 octobre prochain, se démarque des autres : elle compte 40 toiles de plus qu’à Londres, montre des tableaux datés du mois dernier, et est deux fois plus grande que la version américaine. L’exposition déroule chronologiquement la biographie de l’artiste, l’illustrant par les toiles de sa ville natale de Bradford l’industrieuse, à la découverte de la Côte Ouest des Etats-Unis en 1964. Hockney devient l’imagier d’une Californie hédoniste et solaire. Son Bigger Splash (1967) accède au statut d’icône. Aux Etats-Unis, David Hockney touche à tout : il conçoit décors et costumes pour l’opéra, met en chantier ses grands doubles portraits par lesquels il exalte le réalisme et la perspective empruntés à la photographie qu’il pratique alors de façon assidue. Dès les années 1980, David Hockney s’empare des nouveaux outils infographiques disponibles avec lesquels il conçoit un nouveau type d’images. Après les ordinateurs et les tablettes graphiques, viennent le smartphone puis l’I-Pad qui lui permettent de réaliser des images graduellement plus sophistiquées.

L’artiste a remis le mardi 26 septembre dernier L’arrivée du printemps à Woldgate peinte en 2011, au Centre Pompidou, après les dons faits au Metropolitan Museum et au MoMA de New York ou à la Tate de Londres. David Hockney a commenté, avec un humour tout britannique « j’ai décidé de m’en séparer, c’est trop grand pour une maison, je pense qu’elle est très bien ici ». Cette pièce est d’autant plus bienvenue que l’artiste était quasi absent des collections du musée français. À cela une raison simple : cette œuvre monumentale de 10 mètres de large sur 4 mètres de haut « vaut autour de 25 millions d’euros » assure le marchand de David Hockney, Jean Frémon de la galerie Lelong. Un prix inabordable pour Beaubourg. Pour les responsables du Centre Pompidou, l’entrée de cette toile dans les collections du musée est l’aboutissement d’un vieux rêve, d’autant que très peu d’œuvres de l’artiste circulent sur le marché de l’art. « Merci pour la générosité, merci pour l’élégance, merci à David Hockney de peindre », a lancé le président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes, lors du dévoilement de l’œuvre dans le hall. L’arrivée du Printemps à Woldgate sera présentée dans le forum afin que les quelque 15 000 visiteurs par jour puissent l’admirer.

Hop POP ART !

Événement incontournable de cette rentrée culturelle, l’exposition intitulée Pop Art – Icons that matter, au musée Maillol à Paris propose une plongée dans le mouvement artistique américain de l’après-guerre du début des années 60 à la fin des années 70. Grâce à un prêt exceptionnel du Whitney Museum de New york, une soixantaine d’œuvres iconiques du Pop Art américain sont réunies dont certaines n’ont jamais été montrées en France. Si l’exposition convoque ses plus grands représentants du mouvement – on appréciera les œuvres de Robert RAUSCHENBERG et Jasper JOHNS, les sculptures et toiles monumentales de Claes Oldenburg, Tom Wesselmann, James Rosenquist et Alex Katz, en passant par les sérigraphies d’Andy Warhol – elle permet également de redécouvrir des artistes américains moins connus en France comme George SEGAL, Rosalyn DREXLER ou John WESLEY et d’apprécier la diversité des techniques employées.

Mais la déferlante Pop ne se cantonne pas à la capitale puisque le musée d’art contemporain Saint Martin et le Château des Adhémar à Montélimar prolonge son exposition Pop Art, voir plus… dédiée au sujet en proposant un dialogue entre les figures majeures du courant et ses héritiers. À l’international aussi the American way of life se propage avec un focus sur l’œuvre de Roy Lichtenstein pour the Artist Rooms à la Tate Liverpool.

La célébration est donc à la hauteur de ses pointures dominant largement le marché mais annonce aussi en salles des répercussions intéressantes sur des œuvres de moins grandes envergures, avec par exemple Dreams of Unicorns (1965), sérigraphie de John Wesley qui passe en vente le 7 octobre chez Peter Karbstein à Düsseldorf estimée entre 1200 et 1400 euros.

Dans le sillage de la Frieze art fair

Deux semaines avant la Fiac et les autres salons parisiens (Yia, Outsider Art Fair, Art Elysées…), les grands galeristes rencontrent leur public avisé en ce moment même à Londres. Plus de 50 000 visiteurs sont attendus pour cette 15ème édition de la Frieze art fair. Ils sont particulièrement attendus par les 160 galeries triées sur le volet participant au salon, parmi lesquelles Blum & Poe, Sadie Coles ou Goodman, que l’on retrouvera dans deux semaines sous la nef du Grand Palais de Paris pour la Fiac. Mais la Frieze art fair ne se résument pas à son lot d’artistes contemporains pointus. C’est un salon résolument ouvert sur le passé autant que sur le présent, à travers la section Frieze Master, entendez « La Frieze des Maîtres » de l’histoire de l’art. A travers cette section plongeant jusque dans l’antiquité, la Frieze couvre 1 000 ans d’histoire de l’art, tout en poursuivant son travail de défricheur. A ce titre et pour la première foire en 15 ans, des galeries issues du Pérou, de Colombie et du Caire comptent parmi les exposants de ce salon qui n’en finit pas, chaque année, de repousser ses propres limites. Car la Frieze art fair ne s’arrête pas au jardin de sculptures de Regent’s Park (le secteur  »Frieze Sculpture » permettant une déambulation en plein air entre des œuvres de Magdalena Abakanowicz, Urs Fischer, KAWS, Michael Craig-Martin ou Ugo Rondinone), elle « contamine » tout Londres. Galeries, musées, maisons de ventes… tous les acteurs culturels appuient leur propositions artistiques pour faire venir à eux les aficionados de l’art venus des quatre coins de la planète le temps d’une semaine.

Ainsi, on ne parle plus de  »Frieze art fair », mais de  »Frieze art week », et pour cause… Tout d’abord, Londres n’accueille pas seulement une foire mais deux, avec 1:54, la foire dédiée à la création africaine qui a gagné une véritables assise. Sa force de proposition et son surplus de maturité font de cet événement un  »pendant » intéressant face à la Frieze. Et puisque les collectionneurs de tous bords sont présents Londres – espérons-le, dans une véritable dynamique d’acquisition – les sociétés de ventes multiplient les vacations durant cette folle semaine : après des ventes de design et de photographie le 3 octobre chez Christie’s (avec Marc Newson, Ray Eames, Robert Mappelthorpe, Irvin Penn…), trois ventes importantes sont données le 5 octobre chez Sotheby’s (photographies, art italien et art contemporain de prestige), suivie d’une session très attendue le 6 octobre chez Christie’s, avec Francis BACON, Peter DOIG, Antony GORMLEY et Jean-Michel BASQUIAT en focus.

Dépourvu de don d’ubiquité, il sera neecessaire de revenir à Londres après cette folle semaine, car le temps aura manqué pour visiter l’ensemble des stands et l’ensemble des expositions. Fort heureusement, ces expositions se poursuivent au-delà de la Frieze art week : celles de Wade Guyton à la Serpentine, de Dubuffet à la Pace Gallery, de Brice Marden chez Gagosian, de Jasper Johns à la Royal Academy, de Basquiat à la Barbican art gallery, de Rachel Whiteread à la Tate Britain, de Thomas Ruff à la Whitechapel ou encore de Malick Sidibé, dont la première rétrospective londonienne court jusqu’au mois de janvier 2018.

En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence Pour en savoir plus, Charte de confidentialité OK