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En Bref! Baselitz à Bilbao – Rencontres d’Arles

[28/07/2017]

Baselitz et ses Héros à Bilbao

 

Le 1er juillet dernier se terminait à la Galerie Thaddaeus Ropac l’exposition « Descente » présentant quelques 80 pièces de Georg BASELITZ. Sur les cimaises des magnifiques nefs de Pantin, on retrouvait les grands nus têtes en bas de la Biennale de Venise 2015. A la suite de Francfort, Stockholm et Rome, Bilbao expose à son tour au musée Guggenheim jusqu’au 22 octobre 2017, la série des Héros, peinte dans les années 1965/66.

Né Hans-Georg Kern en 1938 dans le bourg de Deutschbaselitz, l’artiste grandit dans une Allemagne détruite et vaincue. Ses sculptures découpées à la tronçonneuse, ses peintures de personnages défigurés, renversés, expriment la violence des années d’après-guerre. Son style est brutal, énergique : les coups de brosse et les traces de doigts sont apparents, les couches épaisses, les motifs rustiques, comme l’art africain qu’il aime et collectionne.

Le musée Guggenheim avait proposé en 2013 un dialogue entre les Neuf discours sur Commode de Cy Twombly et la série Mme Lénine et le rossignol de Baselitz. Il s’agissait déjà d’une réinterprétation de l’Histoire, de récits personnels artistiques mis dans la bouche de personnalités historiques. Ici, les Héros ou Les Types nouveaux aux figures déformées expriment une extraordinaire tension entre violence et mélancolie, grandeur et agitation. Une attitude désabusée et sceptique directement issue du contexte européen de Guerre Froide et d’un passé immédiat qui reste à fouiller, mais en total décalage avec le contexte optimiste du miracle économique allemand des années 60. Toujours tiraillé entre besoin de paix et d’harmonie d’une part, colère et rébellion d’autre part, Baselitz utilise la figure de l’artiste pour exprimer ces antagonismes. Le Peintre Bloqué de 1965 par exemple, porte un uniforme comme la plupart de ses Héros qui renoncent ainsi à une part de leur individualité, mais celui du peintre est en lambeaux, les insignes s’effacent. L’artiste se libère ainsi de la contrainte d’un marqueur social ou politique qu’il abhorre, au prix d’un combat qui le laisse visiblement blessé, mais libre. L’exposition trace une ligne continue idéale entre le passé et le présent, en proposant une sélection de peintures du cycle Remix, une série de peintures que Georg Baselitz commença en 2005, et qui réinterprète certaines toiles des Héros.

Ces expositions multiples depuis quelques années sont le signe de son succès : la cote de l’artiste affiche une forme olympique, son classement passant de 125e en 2016 à 28e cette année. En mars dernier, l’œuvre Mit Roter Fahne, un grand format de la période des Héros, justement, à été adjugé pour plus de 9,1 m$ chez Sotheby’s Londres, signant un nouveau record pour une œuvre de Baselitz. Celui qui dit vouloir peindre des « tableaux inefficaces » semble particulièrement démenti sur le marché de l’art…

Les Rencontres d’Arles

En seulement 15 jours d’ouverture, le grand rendez-vous international de la photographie contemporaine arlésien marquait une hausse significative de fréquentation de 15 % par rapport à l’édition précédente. Témoin de l’intérêt croissant du public pour ce médium, cette 48ème édition orchestrée par Sam Stourdzé offre un programme riche d’une trentaine d’expositions, regroupées en huit grandes thématiques ainsi que de nombreuses animations (Arles Books, Émergences, Grand Arles Express, projections, etc.). Après avoir mis l’Afrique à l’honneur en 2016, les Rencontres explorent cette année la photographie latino-américaine avec un focus sur la Colombie. Pour l’occasion, plus d’une trentaine de photographes sud-américains y sont exposés dont 28 artistes colombiens dans le cadre de l’exposition La Vuelta : les projets explorent autant le conflit armé du pays qui a duré 60 ans, que ses mutations sociales, économiques, politiques, les changements culturels et identitaires. Un autre pan du programme s’intéresse à l’Expérience du territoire cherchant à interroger l’impact et l’influence des changements de frontières, des aménagements, des créations d’espaces sur la culture du paysage. L’enquête photographique de Mathieu Asselin sur la firme Monsanto participe à la thématique Désordres du monde. Je vous écris d’un pays lointain présente 66 photographes iraniens sur l’année 1938 dont la célèbre Shadi Ghadirian, l’une des premières photographes plasticiennes iraniennes qui propose une série intitulée Qajar, mêlant l’histoire de l’Iran avec son histoire contemporaine. Relectures s’intéresse aux manipulations décalées de l’objet photographique par l’artiste Jean Dubuffet. Parmi les nombreuses autres expositions, les Rencontres exposeront aussi les travaux de Mathieu Pernot sur Les Gorgan, une famille rom qu’il photographie depuis 1995 ; L’incurable égoïste, une rétrospective de l’œuvre de Masahisa Fukase ou encore les autoportraits d’Audrey Tautou.

Si l’édition 2017 se distingue par son nombre record d’expositions muséales et historiques, les prix ont, quant à eux, récompensé des travaux en prise directe avec les troubles contemporains. Avec notamment le nouveau prix découverte, désormais attribué aux travaux d’un photographe sponsorisé par sa galerie, qui a été décerné à Carlos Ayesta et Guillaume Bression, de la galerie parisienne 247, pour leur travail commun sur Fukushima.

Il serait impossible de tous les citer tant les projets et propositions sont nombreux. Au fil des années cet événement a su s’imposer comme une plate forme unique pour tous ses détracteurs et le marché s’en porte bien, s’accélère même, boosté par la multiplication de foires internationales, d’institutions, de musées et de galeries engagés dans la promotion de ce médium. Indéniablement, ce secteur est en pleine forme, jonglant entre coups de cœur et valeurs sûres.


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