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En Bref ! Art Karlsruhe – Corot – Raden Saleh

[02/02/2018]

Art Karlsruhe 2018

Les halls du parc des expositions de Karlsruhe accueilleront de nouveau, du 22 au 25 février prochain, la foire art KARLSRUHE. Cette année est particulière, puisque le salon fête cette année ses 15 ans d’existence. Sous le slogan ” Art.Espace.Emotion. ”, 215 galeries issues de 15 pays prendront place pour faire naître découvertes et coups de cœur chez le visiteur. En quelques années, cette foire a su se construire une identité forte, portée par une amplitude temporelle très large et solidement adossée à l’histoire de l’art. De grands noms de l’art moderne et contemporain, bien cotés sur le marché et présents à chaque édition, permettent de sécuriser l’événement. Il suffit de parcourir le hall 3 pour s’en convaincre : on y trouve des pièces de Georges Braque et Pablo Picasso, de Salvador Dali et Max Ernst. Quant à la sculpture moderne, elle est particulièrement bien représentée grâce la production d’artistes tels qu’Ernst Barlach et Käthe Kollwitz. L’édition 2018 rend également hommage à l’artiste Sam Francis : Ce peintre américain, grand protagoniste de l’Expressionnisme abstrait, créait ses premières œuvres non figuratives il y a 70 ans. Les galeries Bommer et Cortina pour ne citer qu’elles, présenteront certaines de ses œuvres aux couleurs vives. De l’art moderne classique au Pop Art en passant par les représentants du mouvement Zéro au Néo-expressionnisme, la sélection recouvre près de 120 ans de production artistique. La démarche prospective est ainsi guidée par ce fil conducteur historique. Chaque année, une exposition est dédiée à une grande collection privée, afin d’encourager l’activité de collectionneur. Après Tomi Ungerer dans la Collection Würth en 2017, Ernst Ludwig Kirchner dans la Collection Kirchner Museum Davos en 2016 ou les photographies de Gisèle Freund dans la collection Marita Ruiter en 2013 c’est au tour de la prestigieuse collection Frieder Burda de s’installer à art KARLSRUHE avec une sélection des plus belles œuvres du célèbre musée de Baden-Baden, autour de Gerhard RICHTER, Georg BASELITZ ou encore Sigmar POLKE. Avec un tel programme, plus de 50.000 visiteurs sont logiquement attendus à art KARLSRUHE 2018.

Corot. Le peintre et ses modèles

Corot n’est pas seulement un maître du paysage. C’est ce que démontre l’exposition ”Corot. Le peintre et ses modèles” organisée en collaboration avec le musée du Louvre et présentée au musée Marmottan Monet, du 8 février au 8 juillet 2018. Il s’agit de la première manifestation parisienne dédiée à l’artiste depuis la grande rétrospective du Grand Palais de 1996. Cette fois, le ”père de l’impressionniste” ou le ”le doyen des naturalistes” comme le qualifiait Zola, se découvre sous un tout autre versant, plus secret, au fil de plus de 60 œuvres constituant une galerie de portraits, essentiellement des femmes, que Camille Jean-Baptiste COROT ne dévoila pas de son vivant. L’ensemble de ces oeuvres est issu de prestigieuses collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis, dont le musée du Louvre, la National Gallery de Londres, le Metropolitan Museum de New York, le Kunsthalle de Hambourg ou encore le Belvedere de Vienne. Un ensemble intime, émouvant, tout en délicatesse.

Si cette exposition prouve combien le grand peintre de paysages est aussi un grand peintre de la figure, collectionneurs et initiés du marché de l’art l’avaient déjà compris depuis bien des années. Car ce sont moins les hymnes à la nature de Corot que ses portraits de femmes mélancoliques qui se retrouvent à la crête des prix. Son record absolu (ancien de 10 ans déjà) a été emporté pour une petite toile représentant une Juive d’Alger, l’Italienne. Cette jeune femme à la robe rouge, rêveuse si ce n’est endormie, se vendait pour 4,745 m$ en 2007 chez Sotheby’s à New York (07/11/2007), et les deux meilleures enchères suivantes récompensent encore des portraits de femmes (L’italienne vendue pour 2,8m$ en 2001 chez Christie’s à New York et Jeune Femme à La Fontaine partie pour 2,3m$ en 2010 chez Sotheby’s à Londres). Le plus cher paysage du peintre culmine lui à 2 millions de dollars, avec une grande toile représentant Le Batelier passant derrière les Arbres de la Rive vendue il y a 20 ans chez Christie’s à New York. Les meilleures toiles de Corot demeurent sous-cotées en regard de son importance dans l’histoire de l’art et des prix atteints par les impressionnistes, dont le chef de fil, Claude Monet disait : “Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien” (Claude Monet, 1897).

L’incroyable record de Raden Saleh

Qui n’a jamais rêvé de trouver un trésor dans la cave familial ? Un tableau-souvenir transmis de génération en génération, oublié dans un coin, relégué aux oubliettes puis enfin redécouvert ? L’histoire s’est passée l’été dernier en Bretagne (France). Un particulier contact Me Jack-Philippe Ruellan pour se défaire d’une grande toile quelque peu encombrante. L’oeuvre est identifiée par le commissaire priseur comme étant de la main du peintre Raden Sjarief Bastaman SALEH (1814-1880), un artiste majeur en Indonésie, ” dont la popularité est comparable à celle de Delacroix en France ”. Cette superbe toile d’1,8 mètre, représentant La Chasse au taureau sauvage, opère une synthèse entre l’héritage javanais de Raden Saleh et ses 20 ans passés en Europe à étudier les grands maîtres. Mais la chance ne sourit pas à demi-mesure : en novembre 2017, la National Gallery de Singapour ouvre à point nommé une grande exposition honorant justement l’oeuvre de Raden Saleh. Le commissaire priseur profite de l’occasion pour présenter sa trouvaille et rencontrer sur place plusieurs collectionneurs et institutions prêts à se battre pour emporter le trésor.

La vente s’est finalement déroulée le 27 janvier 2018 à Vannes. Estimée entre 150 000 et 200 000 euros, la toile a déclenché une bataille d’enchères sans précédent, jusqu’à son prix final de 7,2 millions d’euros (8,95m$). Un enchérisseur indonésien présent dans la salle l’a emporté sous les applaudissements après 45 minutes d’enchères haletantes. L’oeuvre rejoint donc son pays d’origine après avoir marqué l’histoire des enchères en France avec un double record, celui de l’artiste et celui de l’histoire des ventes publiques en Bretagne.

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