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En Bref ! Art Genève – Les foires en Asie – Dispersion de la collection Nahon

[01/02/2019]

Art Genève grandit !

90 galeries se retrouvent sur Art Genève cette année, contre 86 en 2018. La foire grandit certes, mais le format reste raisonnable selon les vœux de son directeur Thomas Hug, qui a construit une solide réputation à son salon en sept ans d’existence. Cette réputation tient d’abord aux exposants eux-mêmes, Art Genève attirant quelques poids lourds du marché dont Hauser & Wirth, la Marlborough et autres galeries incontournables, parmi lesquelles Kamel Mennour, Perrotin, Almine Rech, Continua… des noms résonant comme autant de promesses d’oeuvres contemporaines, mais l’offre y est plus vaste. Art Genève ne peut pas être identifié comme un salon d’art uniquement contemporain. Il ouvre le champ, étend les propositions à l’art moderne avec, par exemple les galeries Jean-François Cazeau et Tornabuoni ; s’étend aux arts premiers, à la joaillerie, aux arts décoratifs et au design historique via le renouvellement d’un partenariat avec le fameux PAD (Pavillon des Arts et du Design). Au-delà des galeries, il s’agit aussi d’éduquer le public et de créer des synergies avec des collections institutionnelles et privées suisses bien représentées sur le salon. On relève la présence du MAMCO, du FMAC (Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève), du FCAC (Fonds cantonal d’art contemporain), du Centre de la photographie Genève, de Plattform 10 et de trois écoles d’art romandes. C’est aussi une occasion magnifique de découvrir un peu de la collection de la Fondation Gandur pour l’Art : 80 œuvres mixant les époques gréco-romains, égyptiennes, des sculptures océaniennes, précolombiennes, médiévales ou baroques sont réunies avec des toiles abstraites. Une première en Suisse.

En parallèle de cette huitième édition, les manifestations annexes sont plurielles : sculptures au bord du lac et dans la Vieille Ville, “Studio Africa”, performances et concerts. Jusqu’au 3 février – dernier jour du salon – Genève, débordante d’énergie culturelle, fait décidément mentir sa réputation d’une ville calme…

L’Asie et ses foires, 1er trimestre 2019

Des événements qui naissent, d’autres qui s’éteignent… L’édition 2019 de Art Stage Singapore n’aura pas lieu. Annulée 10 jours avant son ouverture, la foire avait préalablement subi une baisse conséquente du nombre de ses exposants, passant de 170 galeries en 2016 à seulement une quarantaine prévue pour cette année, et de ce fait une baisse du nombre de visiteurs. Lorenzo Rudolf, son créateur disait déjà en 2018 : « je ne vais pas renoncer à Singapour si facilement mais je pense que c’est le format qu’il faudrait revoir, peut-être réfléchir à autre chose qu’une foire classique ». La réputation de Singapour en tant que plateforme régionale de l’art contemporain en Asie du Sud-Est est une fois de plus entachée, Singapore Art Fair et Singapore Contemporary Art Show n’ont pas tenu longtemps. Mais cette annulation doit aussi être rapprochée de l’annonce d’une nouvelle foire : Art SG, prévue en novembre prochain, dont l’un des directeurs n’est autre que Magnus Renfrew, à la tête des foires ART HK et Art Basel Hong Kong.

Art Stage Singapore fait face à un nombre croissant de concurrents… notamment la nouvelle foire d’art de Taïwan : Tapei Dangdai (achevée il y a quelques jours) dont la liste des exposants affichait un niveau de professionnalisme impressionnant pour une première édition. Les ténors du marché occidental en occupaient l’allée centrale dont Gagosian, David Zwirner, Hauser & Wirth ou encore Thaddaeus Ropac, aux côtés de leurs équivalents asiatiques tels que Kukje de la Corée du Sud ou Tina Keng de Taïpei. Près de 80 % des stands étaient occupés par des galeries locales et plus modestes présentant des artistes taïwanais. Cette foire s’est efforcée d’attirer principalement des collectionneurs locaux. Il faut dire que le marché de cette petite île de 36 000 km² est l’un des plus actifs d’Asie, comptant 521 000 millionnaires pour à peine 23 millions d’habitants (rapport 2018 du Crédit Suisse sur la richesse mondiale). Leo Xu, directeur de la galerie David Zwirner à Hongkong se dit satisfait de l’acquisition de ses œuvres par des collectionneurs locaux, dont une peinture de Yayoi KUSAMA (1929) pour environ 1 m$, une photo de Wolfgang TILLMANS (1968) pour 350 000 $ et deux peintures de Neo Rauch (1960) pour 650 000 et 325 000 $. Autrement dit, « Taïwan est un marché à part entière, aussi important que la Chine continentale et Hongkong », résume Kevin Cheng président de Sotheby’s Asie et même si certains collectionneurs et marchands sont restés frileux pour cette grande première, bon nombre d’entre eux ont fait du repérage, ce qui présage une 2e édition exponentielle.

Hong Kong se défend toujours très bien et offre sur ce même trimestre de beaux événements dont la 7e édition d’Art Basel Hong Kong qui s’ouvrira fin mars avec 242 galeries venant de 36 pays différents. Un large panel de galeries de Chine continentale, mais également de toute l’Asie seront présentes. Concomitants à cet événement auront lieu Art central et Asia Contemporary Art Show qui avaient déjà attiré près de 14 000 visiteurs en 2018. L’ancienne colonie britannique, où il n’existe aucune taxe sur les importations et exportations d’art, a su pleinement jouer son rôle de plateforme commerciale et bon nombre de galerie occidentales sont venues s’y installer dont deux des plus influentes: la new-yorkaise David Zwirner Gallery et la suisse Hauser & Wirth.

Pour parfaire ce vaste programme, Art Fair Philippines, la foire la plus importante du pays, revient du 22 au 24 février 2019, et convoque pour l’occasion 55 galeries dont 16 étrangères. La Corée du sud n’est pas en reste, annonçant trois foires pour le seul mois de février : Korea Galleries Art fair à Seoul, PAFS (Pink art fair seoul) et AHAF Busan. Et enfin la fameuse Art Fair Tokyo, qui affichait plus de 60 000 visiteurs lors de sa dernière édition, débutera en mars avec plus de 138 galeries partenaires.

Force est de constater que les centres névralgiques du continent organisent de plus en plus d’événements marquants, invitant les acteurs du marché les plus prometteurs, leur donnant ainsi les moyens d’une visibilité optimale et de gagner en reconnaissance afin d’asseoir sa position de deuxième acteur du marché de l’art mondial.

Collection Nahon : l’Art, c’est la vie !

Qu’attendre d’un homme qui, à 15 ans, économise son argent de poche pour acheter une aquarelle de Picabia ? L’une des plus importante collection d’art contemporain, construite à deux regards, puisque cet ensemble est également l’histoire du couple Nahon. Les 19 et 20 mars 2019, Sotheby’s Paris dispersera leur collection à la Galerie Charpentier.

Pierre Nahon et Marianne née Bayet, se rencontrent au tout début des années 60′. Lui revient de la Guerre d’Algérie, elle est aspirante actrice. Ils se marient en décembre 1960. Trois ans plus tard, ils se privent de vacances pour pouvoir se payer un Bernard Dufour à la Galerie de l’Oeil à Paris. Évoluant dans le monde de la publicité et de la production cinématographique, ils quittent tout pour se consacrer à l’art avec la création de la Galerie Beaubourg en 1973, à deux pas du Centre Pompidou qui n’existe pas encore. Pendant 40 ans, entre choc pétrolier et Guerre du Golfe, le pari est osé mais fonctionne : la galerie devient le fort à partir duquel ils défendent résolument des artistes souvent controversés. Les Nahon collectionnent ceux qu’ils achètent, ils sont parmi les premiers à montrer en France les Nouveaux Réalistes. Parmi les 250 lots de cette vente donc, uniquement de grands noms qui, au début de la Galerie, ne l’étaient pas encore : des accumulations de poupées d’ARMAN, estimées aux alentours de 90 000 $, ou encore deux compressions de voitures de César, Peugeot et Kadett (Opel), dont les résultats pourraient fort relancer la cote de l’artiste en sommeil depuis tant d’années. Yves KLEIN et son très frappant Portrait relief de Claude Pascal (1962) en bleu IKB sur feuille d’or (autour de 500 000 $) figure également en bonne place dans ce catalogue, ainsi que Jacques Monory avec La Voleuse de 1986, grande toile de près de 3,50 m estimée un peu plus de 68 000$. Les Nahon regardent également avec intérêt les prémices du Pop Art américain : en témoignent cette toile de Robert RAUSCHENBERG des Urban Bourbon Series (entre 450 000 et 680 000 $), cette imposante sculpture de George Segal, Gottlieb’s Wishing Well (1963) ou encore la sérigraphie sur toile des huit portraits de Jackie Kennedy, œuvre iconique de Warhol achetée en 1980 chez Sotheby’s NY (estimée entre 1,5 et 2 m$).

Cette seconde vente arrive 15 ans après la dispersion, toujours par Sotheby’s, du Jardin secret de Marianne et Pierre Nahon au château de Notre-Dame-des-Fleurs à Vence le 18 juillet 2004. Les records s’étaient alors succédés pour Niki de Saint-Phalle ou Tinguely, et la vacation avait rapporté plus de 10 m$. C’est l’estimation générale de la vente de mars prochain, qui pourrait permettre à la maison Sotheby’s d’asseoir en ce début 2019 sa première place sur le podium des maisons d’enchères françaises, après un chiffre d’affaires record de plus de 286,67 m$ en 2018.

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