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En Bref ! Art au Moyen Orient – Art Düsseldorf

[09/11/2018]

Gants blancs pour l’art du Moyen Orient

Le 24 octobre dernier, la maison londonienne Bonhams a proposé à la vente la collection Abraaj. Cette firme de private equity basée à Dubaï et ancienne mécène de la foire Art Dubaï était connue pour sa collection d’art du Moyen Orient et d’Asie. Le groupe Abraaj se trouvait dans l’obligation de s’en séparer, son fondateur et PDG Arif Naqvi se trouvant sous le coup d’une enquête pour malversations. Christie’s mettait par ailleurs à l’encan, le même jour, certaines œuvres de la collection personnelle de M. Naqvi, à Londres.

Les deux cent œuvres réparties sur trois ventes successives ont toutes trouvé preneur, pour un total de 5,9 m$ : un succès « en gant blanc ». Certains artistes tirent particulièrement bien leur épingle du jeu, dont le Libanais Paul GUIRAGOSSIAN qui signe un record en-dehors des Emirats arabes avec la toile Celebrations vendue pour 225 000$ lors de cette vente Bonhams. Un résultat étonnant si l’on s’en tient à l’estimation initialement fournie de 50-77 000 $, mais la plupart des œuvres étaient évaluées à moins d’un tiers du prix d’origine. « Ces estimations avaient essentiellement pour but de faire vendre : il s’agit d’une liquidation après tout » a expliqué Nima Sagharchi, directrice du département de l’art du Moyen Orient, de l’Islam et de l’Asie du Sud chez Bonhams. La vente ne présente aucun record absolu, mais énormément de lots ont naturellement excédé leurs estimations : le record de la vente, par exemple, détenu par une œuvre sans titre de l’artiste indien Manjit BAWA (1941-2008) était évalué entre 232 000 et 322 000 $. Ce grand format dans un jaune lumineux figurant deux femmes et plusieurs chiens a changé de main pour plus de 614 000 $ (Untitled). Une performance très honorable, qui représente le 5e meilleur résultat de cet artiste dont le record absolu est une toile de même format et de même style, partie pour 1,2 m$ en mars dernier (vente Asta Guru à Bombay le 27 mars 2018).

La collection Abraaj a été constituée dans les années 2000, au plus fort de la puissante financière du groupe et au plus haut de la cote des artistes de cette région du monde. Le prix d’achat de certaines œuvres de la collection n’a donc parfois rien à voir avec leur prix de vente. L’œuvre phare de la vente d’art du Moyen Orient, He is Merciful de Mohammad EHSAI (Iran, né en 1939), une grande toile très graphique représentant une calligraphie arabe dans les tons verts sur fond noir, est à ce titre un exemple parlant : emportée pour 413 000 $, elle avait été achetée près du triple il y a 10 ans (vendue pour 1,16 m$ chez Christie’s Dubaï le 30 avril 2008).

Le différentiel semblerait confirmer ce que les observateurs soupçonnaient de longue date à propos du marché de l’art arabe: une bulle qui éclate, avec des prix fixés de manière parfois artificielle, dans un contexte d’instabilité du monde artistique après un demi-siècle de troubles au Moyen-Orient. La foire Abu Dhabi Art ouvre ses portes dans quelques jours (14-17 novembre). Les conférences qui accompagnent la foire traiteront justement de la place de l’art contemporain arabe dans le marché de l’art global, et de la manière dont il a impacté les relations entre artistes, musées et fondations privées.

Art Düsseldorf: deuxième !

91 galeries venues de 19 pays : Art Düsseldorf se renforce et s’agrandit pour cette seconde édition prévue du 16 au 18 novembre dans un ancien entrepôt industriel situé sur les bords du Rhin. Pour son lancement en 2017, Art Dusseldorf représentait déjà un choix stratégique pour bien des professionnels de l’art puisque 270 galeries avaient fait une demande d’inscription à la foire, mais 80 seulement furent retenues, dont les prestigieuses Marlborough et David Zwirner. Dès sa première édition, le salon est parvenu à s’inscrire parmi les salons de premier plan, avec des galeries très réputées, et à attirer 43 000 visiteurs. Cette seconde édition vise tout autant à faire de Dusseldorf un haut-lieu de l’art et d’y attirer de nouveaux collectionneurs, avec une sélection de galeries tout aussi soignée. Plus de la moitié des galeries sont issues d’Allemagne et du Benelux afin de correspondre à l’ADN du salon : montrer le meilleur de l’art moderne et contemporain défendu par des galeries majoritairement issues des régions de l’Allemagne, les pays limitrophes du Benelux et de la Rhénanie. Ce salon ambitieux ne négocie pas avec la qualité, comme l’indique les exposants choisis dont la Galerie Bastian de Berlin qui présente régulièrement des œuvres de Dan FLAVIN, Joseph BEUYS, Anselm KIEFER ou la Galerie Max Mayer de Dusseldorf que l’on retrouve sur toutes les grandes foires, dont Art Basel. D’autres importantes galeries du monde jouent le jeu cette année, Marlborough à nouveau, et la Galerie Templon venue de Paris.

Organisé à l’origine à Cologne (Art.Fair Cologne), le salon a opéré une profonde mutation l’an dernier, changeant de ville et de nom, avec le rachat de 25,1% des parts d’International GmbH art.fair par le groupe MCH, qui organise un grand nombre de foires y compris la célèbre Art Basel. Mais des changements sont attendus dans les prochains mois car MCH Group a récemment annoncé son intention de vendre ses participations dans plusieurs salons, dont Art Düsseldorf…

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