En bref : Armory Show – Chine – Odilon Redon – Jeff Koons

[10/03/2014]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres : Armory Show – Chine – Odilon Redon – Jeff Koons

Armory Show encore, Chine toujours

La 16ème édition de l’Armory Show est ouverte ! Ce rendez-vous new-yorkais, qui compte parmi les plus importants de l’année pour l’art moderne et contemporain, se tient entre le 6 et le 9 mars 2014. Arguant un resserrage qualitatif, Noah Horowitz, directeur de l’évènement, annonce un nombre d’exposants réduit. L’Armory accueillait en effet 274 galeries en 2011, puis 220 en 2012, 215 en 2013 et enfin 203 cette année. Parmi les heureux élus, sont présents des poids lourds tels que Lehmann Maupin (New York et Hong Kong), Almine Rech (Paris et Bruxelles), Nara Roesler (Sao Paulo) ou David Zwirner. Dix galeries de moins de dix ans profitent par ailleurs de cette tribune pour présenter un voire deux artistes chacune.
Ici encore, l’importance de la Chine sur l’échiquier mondial est relevée, car Philip Tinari, directeur du Centre d’art contemporain Ullens dans le quartier artistique 798 de Pékin a sélectionné 17 galeries d’art chinois pour le salon, dont neuf n’avaient jamais exposé jusqu’alors en-dehors des frontières asiatiques. Outre les habituelles stars de l’art chinois, des découvertes sont ainsi promises.
L’autre focus notable de cette 16ème édition tient dans une exposition indépendante au coeur du salon. Intitulée « Venus Drawn Out », son objectif est de mettre à l’honneur des artistes femmes incontournables du XXème siècle, dont la plupart sont restées dans l’ombre des artistes masculins, toujours plus cotés selon la loi du marché. La sélection de ses oeuvres est le fait de Susan Harris, autour de signatures telles que Louise BOURGEOIS, Helen FRANKENTHALER, Eva HESSE, Lee KRASNER, Yayoi KUSAMA, Georgia O’KEEFFE et Betye SAAR, entre autres.

Odilon Redon en salles et chez Beyeler

Ouverte le mois dernier, l’exposition Odilon REDON de la fondation Beyeler a cours jusqu’au 18 mai 2014 autour d’un grand nombre de peintures, pastels, dessins et gravures de premier plan provenant de musées et de collections particulières.
L’artiste, représentant majeur du symbolisme français et précurseur de l’art moderne inspirant de nombreux grands artistes, fait beaucoup parler de lui depuis trois ans. Depuis, il est vrai, une rétrospective qui eut lieu au Grand palais de Paris en 2011, Odilon Redon suscite des convoitises de plus en plus plus vivaces. Au mois d’octobre 2013, un coup de marteau mémorable au centuple de l’estimation haute récompensait notamment un lot de 10 estampes : la Tentation de Saint Antoine – Texte de Gustave Flaubert (1888), ensemble publié par Deman à Bruxelles en 1888 pour une édition à 60 exemplaires fut adjugé 1,2 m$ chez Christie’s New York le 29 octobre 2013.

Jusqu’alors, seules les huiles sur toile et les pastels (représentant généralement des bouquets de fleurs) parvenaient à passer le seuil millionnaire. Ce n’est pas tout. Cette vente fut le spectacle d’un engouement sans précédent avec plusieurs estampes ajoutant deux zéro à leurs estimations premières, dont Pégase captive – 1er état (1889), lithographie probablement éditée à 100 exemplaires, estimée 35 000 $ puis vendue 850 000 $ (1,025 m$ frais inclus). Si le poids historique de certaines planches fait pencher leurs prix dans les sphères haut de gamme du marché, 40 % des estampes de Redon sont néanmoins toujours abordables pour moins de 3 000 $…

Jeff Koons : 20 m$ de plus

L’année commence bien pour Jeff KOONS, dont la sculpture Cracked Egg (Magenta) s’est vendue l’équivalent de 20,6 m$ le 13 février 2014 chez Christie’s Londres, dans sa fourchette d’estimation.
Cet oeuf géant et rutilant, issu de la série Celebration commencée en 1994 et décliné en cinq exemplaires, plantait la cinquième meilleure adjudication de l’artiste, trois mois après un record de 52 m$ qui fit de Koons l’artiste vivant le plus cher du monde… et pour cause ! à 52 m$, Balloon Dog (Orange) a généré l’année dernière un produit de ventes a peu près équivalent à celui du Japon , 11ème place de marché mondiale pour la vente d’oeuvres d’art en 2013. Porté par les acheteurs les plus puissants au monde, Koons est passé en 10 ans, de la 76ème place au classement mondial (avec 4,4 m$ générés par la vente de 21 oeuvres en 2003) à la 25ème, grâce à 78 oeuvres vendues aux enchères sur l’année 2013, lesquelles ont dégagé plus de 75 m$. La portée financière de son marché est aujourd’hui aussi puissante que la 9ème place de marché mondiale, à savoir l’Australie (76 m$ de résultats en 2013).