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En Bref !

[15/06/2012]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

El Anatsui, un record de taille

La maison de vente Bonham’s est au cœur de la révision du record d’ El ANATSUI détenu jusqu’alors par Healer avec, ses 210 x 305 cm et ses 500 000 $ (Sotheby’s Londres le 17 octobre 2008). En effet, le 10 mai à New York, puis le 23 mai à Londres, deux œuvres de l’artiste ghanéen réalisent successivement ses deux nouveaux records. Signe avant-coureur, l’imposant patchwork (340 x 400 cm) Harbinger débute le bal en trouvant acquéreur pour 600 000 $ (Bonham’s New York, le 10 mai 2012). Une traversée de l’Atlantique plus tard et un mètre supplémentaire, New World Map (340 x 500 cm) est frappée 711 000 $ à Londres, volant finalement la vedette aux 600 000 $ d’Harbinger.
Malgré ce dénouement heureux, déclassant sa plus belle vente de plus de 200 000 $, ces résultats pointent du doigt une cote en hausse constante mais en manque de vivacité. A bientôt 70 ans, El Anatsui (né en 1944) est un artiste majeur de l’art contemporain africain pouvant se vanter d’une liste impressionnante d’expositions aux quatre coins du globe. Néanmoins, à génération égale, sa cote est encore sous estimée comparativement à ses acolytes occidentaux. Peu présent en salles, El Anatsui a seulement 21 résultats à son actif depuis l’année 2000 dont la majorité se situe entre 7 000 $ et 40 000 $. La rareté de ses œuvres majeures n’y est pas étrangère. En effet, ce sont ses majestueuses œuvres, sortes de tapisseries composées de matériaux de récupération assemblés (bouteilles, bouchons…), que privilégient les fervents amateurs de l’artiste. Et ce depuis qu’en plein cœur de la Biennale de Venise de 2007, l’artiste ait magistralement paré la façade du Palazzo Fortuny d’un de ses assemblages métalliques. Par la suite, seules 3 œuvres de ce type sont passées en ventes, ses 3 records actuels : Healer, Harbinger et New World Map

Georges Mathieu tire sa révérence

Le 10 juin dernier, Georges MATHIEU a tiré sa révérence. Cet artiste français est l’un de ceux qui ont marqué la seconde moitié du XXème siècle : son œuvre, affranchie des codes artistiques de l’époque, a bénéficié d’une reconnaissance mondiale dès les années 1950. Pour autant, sa cote n’a pas connu l’explosion qu’ont rencontré d’autres grands noms de la même génération. Tandis que les œuvres majeures des expressionnistes abstraits, tels que Mark ROTHKO ou Jackson POLLOCK, s’échangent à des dizaines de millions d’euros, Mathieu n’a qu’une enchère millionnaire à son actif. Il est cependant plus présent sur le marché avec 1 014 peintures passées en salles entre 1989 et 2012 contre 49 pour Pollock ou encore 175 pour Rothko. La mise en avant de sa rapidité d’exécution n’est sans doute pas étrangère à cette considérable différence de prix, la rareté étant souvent mieux valorisée par le marché.
Son chiffre d’affaire n’est certes pas au niveau des « expressionnistes abstraits américains » mais Georges Mathieu offre l’avantage d’une cote assez stable, donc rassurante pour les acquéreurs éventuels. Les amateurs se montrent néanmoins très sélectifs et boudent les œuvres des années 70 à 90 ou enchérissent rarement au-delà de l’estimation basse. Après ce décès, de grandes institutions devraient lui rendre un hommage mérité, ce qui pourrait redynamiser son marché.

Le marathon printanier des foires d’art se termine à Bâle.

Si la Suisse ne représentait en 2011 que 1.4% du marché de l’art aux enchères, Bâle est pendant quelques jours le centre névralgique du marché de l’art. Cette semaine s’ouvrait la 43ème édition de Art Basel, considérée comme la plus prestigieuse foire d’art contemporain au monde, ainsi que les nombreuses foires OFF (Liste, Volta, Scope, Design Miami, Verge, etc.).
Plus de 2500 artistes sont représentés à Art Basel, alors que l’on murmure que le prix total des œuvres présentées avoisine les 2 milliards de dollars. Le stand de la galerie Gagossian à lui seul présente des œuvres de Picasso, Warhol ou Rauschenberg, estimées à plus de 250 m$. L’œuvre la plus chère de la foire est cependant exposée sur l’espace de la galerie Marlborough (Londres), où une œuvre de Mark ROTHKO y est présentée pour 78 m$, soit 500 000 $ de plus que le récent record de l’artiste frappé pour l’œuvre Orange, Red, Yellow (1961) le 8 mai dernier chez Christie’s New York. Profitant aussi des nouveaux records frappés ces derniers mois, la galerie Pace (New York, Londres, Pékin) présente quant à elle une toile abstraite de Gerhard RICHTER pour la modique somme de 25m $, soit 5 m$ de plus que le record de l’artiste, frappé lui aussi le 8 mai dernier chez Christie’s Londres, il faut dire que la cote de l’artiste a explosé ces 10 derniers mois alors que 5 œuvres furent adjugées au-dessus de 15 m$. Mais Art Basel c’est aussi la dernière étape avant l’été du marathon des foires d’art initié à Londres en octobre avec la Frieze London et qui s’est intensifiée ces derniers mois avec la Frieze New York (du 4 au 7 mai) et ArtHk (du 17 au 20 mai). 43 galeries présentes à Art Basel, parmi les plus importantes du monde (Continua, Perrotin, Yvon Lambert, Simon Lee, Thadeus Ropac, Lehman Maupin, Lisson, White Cube, Zwirner etc.) ont d’ailleurs participé à ces deux derniers événements. Mais l’accumulation des foires n’a pas semblé perturber l’appétit des collectionneurs, venus en masse à Bâle, alors que les galeries annoncent déjà des ventes exceptionnelles dès l’ouverture : une toile de Philip Guston vendue 6 m$ par la galerie Hauser & Wirth, une peinture de Luc TUYMANS vendue 600 000$ par la galerie Zwirner, ou encore une œuvre récente de ZHANG Xiaogang cédée à 450 000 $ par la Pace Gallery, sont parmi les œuvres qui furent cédées dès les premières minutes de la foire.

Rona Pondick – l’ambiguïté de l’être

Le 4 juillet, et jusqu’au 28, la galerie Thaddaeus Ropac ouvre son exposition Drawings and Sculptures de l’artiste américaine Rona PONDICK.L’artiste s’est surtout fait connaître à partir des années 90 avec des sculptures hybrides, fusionnant l’être humain et l’animal ou le végétal. Ce sont des parties de son propre corps qu’elle moule avec des éléments étrangers, explorant les limites du corps et les possibilités combinatoires du vivant, dans un imaginaire qui nous renvoie aussi bien aux Métamorphoses d’Ovide, qu’au cinéma de David Lynch et aux manipulations génétiques actuelles. Elle travaille souvent l’acier, qu’elle a fondu à 3 000 °C, et joue avec le rendu des surfaces, qui passent de la fluidité du mercure à la rugosité de l’écorce (la méthode serait inspirée de DONATELLO). Ces corps altérés, monstrueux, ces formes en mutation d’une beauté troublante, ont un impact psychologique fort. Ce laboratoire formel, Rona Pondick ne l’explore pas seulement en 3 dimensions. Une série d’estampes amplifie le phénomène d’hybridation : la moitié de l’œuvre représente une sculpture hybride, elle-même mixée avec des objets d’art historiques thaïlandais, japonais ou mésopotamiens.Pour trouver ses œuvres, il faut les traquer aux enchères (seules 3 ont été proposées en 10 ans et les pièces étaient abordables entre 4 000 et 9 500 $) et être attentif aux expositions ponctuelles : son œuvre est présentée dans de nombreuses institutions telles que le Centre Pompidou à Paris, le Museum of Contemporary Art à Los Angeles et la National Gallery à Washington.

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