Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer les cookies.

En Bref !

[04/05/2012]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

Chiharu Shiota à La Sucrière

Depuis 2003, La Sucrière à Lyon accueille la Biennale d’art contemporain. Ce nouveau lieu unique à Lyon débute un nouveau cycle d’expositions temporaires avec l’exposition Labyrinth of Memory de l’artiste Chiharu SHIOTA.
Chiharu Shiota a imaginé pour cette exposition « un projet spécifique à l’architecture et l’identité même du bâtiment » : seize robes reliées par un tissu blanc envahissent le plafond, le tout entouré d’un épais fil de laine noir. Le tissage densifie l’œuvre, obscurcie la vision du spectateur et l’immerge dans l’œuvre. Cette installation monumentale est à l’image du travail de Shiota, navigant constamment entre les notions de gravité, d’espace et de temps.
L’artiste est quasiment absente des salles de ventes. Elle n’a qu’un seul résultat pour une œuvre audiovisuelle assez peu représentative de son travail actuel (vendu 40 000 HKD). A 39 ans à peine, elle jouit déjà d’une très belle visibilité dans le monde de l’art. L’année dernière, la Maison Rouge à Paris mettait son travail à l’honneur. Antoine de Galbert, le fondateur de la Maison Rouge, est lui même un grand amateur de l’artiste, choisissant une de ses œuvres lors de son exposition Ainsi soit il au musée des beaux arts de la ville de Lyon. Exposé dès 1999 chez Alexandre Ochs en Allemagne, l’artiste dispose d’un excellent réseau de galeries dans le reste du monde (Daniel Templon à Paris, Haunch Of Venison à New York) ainsi que dans son pays d’origine (Kenji Taki Gallery à Tokyo et Nagoya).
Installée aujourd’hui à Berlin, et ce malgré un seul résultat de vente, l’artiste japonaise se plaçait dans les 50 artistes japonais de moins de 40 ans les plus cotés sur le marché de l’art en 2009 (à la 45ème place).

Une rétrospective « privée » pour Lucio Fontana

La galerie Gagosian, en collaboration avec la Fondation Lucio Fontana de Milan, présente jusqu’au 30 juin une rétrospective dédiée à l’artiste. Celle-ci réunira plus de 100 œuvres, et six Ambienti Spaziali, environnements créés par l’artiste et reconstruits à l’identique pour l’occasion.
Sculpteur de formation, Lucio FONTANA est surtout plébiscité en salles des ventes pour ses peintures qui constituent 31% de ses transactions et 86% de son chiffre d’affaires. Ses dessins arrivent en deuxième position, représentant un quart des œuvres que les collectionneurs s’arrachent en salles. Enfin, les céramiques occupent la troisième marche du podium (14%), devant les sculptures ne représentant que 10% des ventes, et 5% du chiffre d’affaires.
Sa cote a pris une autre envergure en 2001 avec la première adjudication équivalente au million de dollars pour un Concetto spaziale de 1954 : l’œuvre doublait son estimation pour un coup de marteau de 680 000 £ (Sotheby’s, Londres, 07 févr. 2001). Depuis, les Concetti spaziali de Fontana font la fierté des Parts One de Sotheby´s et Christie´s. Les enchères millionnaires se sont véritablement accélérées à partir de 2006, année où 9 œuvres dépassaient le million de dollars. En 2007, le nombre d’enchères millionnaires passait à 17, dont un premier coup de marteau à sept chiffres pour une œuvre céramique. La flambée des prix s’est encore poursuivie en 2008 avec, pour la première fois dans l’histoire des enchères de Fontana, des adjudications à plus de 10 m$.
Depuis, son record culmine à plus de 18 m$ avec une peinture, intitulée Concetto Spaziale, la fine di Dio et adjugée le 27 février 2008 chez Sotheby’s Londres. Le Royaume-Uni est par ailleurs la meilleure place de marché pour l’artiste : près de 70% des recettes réalisées en salles de ventes se jouent en effet à Londres, bien que son pays d’adoption, l’Italie, ait accueilli près de la moitié des transactions entre 1997 et 2011.

Un oeil sur la Russie

De récents événements dévoilent une belle actualité à l’Est. Tandis que la neuvième Photobiennale expose des grands noms de la photographie russe et internationale jusqu’au 27 mai 2012, on apprend que Le Garage, Centre pour la Culture Contemporaine fondé par Dasha Zokhova, déménage. L’institution rejoindra stratégiquement le centre de Moscou en s’installant à Gorky Park. Son espace spécialement créé par l’architecte Rem Koolhass, ouvrira ses portes en 2013 avec une probable rétrospective de l’artiste Richard SERRA.
Du côté de la 55ème Biennale de Venise, la commissaire du pavillon russe, Stella Kasaeva, a officiellement annoncé le nom de l’artiste qui représentera la Russie. Souhaitant continuer de mettre en avant le Conceptualisme Moscovite, l’artiste Vadim ZAKHAROV (1959) succède à son aîné Andrey MONASTYRSKY (1949) qui avait représenté son pays en 2011. Fondamental dans l’histoire de l’art russe, le Conceptualisme Moscovite est un mouvement apparu dans les années 70 visant à émanciper l’art, le rendre autonome et à créer une alternative à la tradition imposée par le Réalisme Socialisme. Artiste emblématique de l’École du Conceptualisme Moscovite, Vadim Zakharov est, comme nombre de talents russes, boudé par les ventes aux enchères. Avec seulement 16 ventes à son actif depuis 1990 comprenant 4 invendus dont ses 3 derniers résultats, la mise en vente de ses œuvres n’a pas fait d’éclat ces trois dernières années. Ainsi, son adjudication la plus récente, et également son record, remonte à octobre 2008 avec la monumentale Baroquie alors frappée 86 500 $ chez Phillips de Pury & Company Londres. Artiste, théoricien et historien de l’art, Vadim Zakarov a participé à nombre d’expositions dans le monde mais n’atteint pas encore la renommée de ses pères Eric BULATOV (1933) et Ilya KABAKOV (1933) dont les enchères record se sont échangées la même année à 5,17 m $ pour Kabakov (Beetlte, Phillips de Pury & Company, Londres, le 28 fevrier 2008) et 1,9 m$ pour Bulatov (Glory to the CPSU, également chez Phillips de Pury & Company Londres le 28 fevrier 2008). Une participation remarquée à cette 55ème Biennale pourrait ouvrir de nouveaux horizons à Vadim Zakharov. D’ici là, souhaitons que le marché de l’art contemporain russe retrouve quelque peu de son superbe dynamisme des années 2007/2008.

 

En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence Pour en savoir plus, Charte de confidentialité et de protection des données personnelles OK