En bref

[09/08/2013]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

Djamel Tatah : le rythme s’accélère

Durant le premier trimestre de l’année 2013, les œuvres de Djamel TATAH ont jalonné plusieurs grandes expositions collectives du sud de la France. L’amateur pouvait tour à tour le croiser à Marseille, dans l’exposition collective « Ici, Ailleurs » (12 janvier – 31 mars 2013), à Avignon, dans « Mirages d’Orient, grenades & figues de barbarie » à la Collection Lambert (9 décembre 2012 – 28 avril 2013) et à Saint-Paul-de-Vence, à la Fondation Maeght, dans « E-motion, collection Bernard Massini » (19 janvier – 17 mars 2013). Il se prépare dans ce dernier lieu un événement de plus grande envergure pour l’artiste, dont le retentissement sera à coup sûr plus percutant : cette même fondation lui accorde une rétrospective (14 décembre 2013 – 5 janvier 2014). C’est une première. Jamais la fondation Maeght ne s’était tant engagée sur un artiste français de cette génération.
Encore confidentiel sur le marché des enchères, Djamel Tatah frappe son record en 2007 avec une femme bras croisés sur fond rouge, regard braqué sur le spectateur. Cette œuvre de 1999 partait pour 11 000 €, près de 15 000 $ hors frais, chez Cornette de Saint Cyr à Paris (6 – Sans titre, 1er avril 2007). En règle générale, ses toiles traitant le corps humain grandeur nature sont accessibles pour moins de 10 000 € en salles de ventes. L’offre et la demande sont pour l’heure très localisées, essentiellement en France et parfois à Bruxelles. Son exposition monographique rayonnera hors des frontières d’une fondation Maeght qui fête ses 50 ans en 2014.

Paul Klee au Tate Modern Londres

Paul KLEE (1879-1940), artiste majeur du XXème siècle, enseignant au Bauhaus puis à l’Académie des Beaux arts de Düsseldorf jusqu’en 1933, reste l’auteur d’une œuvre abstraite et organique, aux résonances musicales et spirituelles, dont l’influence est immense, notamment sur Mark ROTHKO, Kenneth NOLAND, Richard DIEBENKORN et Joan MIRO.
La Tate Modern de Londres lui prépare une grande exposition, intitulée « Paul Klee: Making visible » (16 octobre 2013 – 9 mars 2014) qui permet de découvrir 30 ans de travaux issus de musées et de collections particulières. Bien que Klee fut un artiste prolifique (plus de 10 000 œuvres), rares sont les œuvres majeures qui circulent sur le marché des enchères. L’exposition de la Tate Modern risque d’émoustiller la demande mais l’offre haut de gamme ne sera pas nécessairement au rendez-vous. Son marché est si fortement soumis aux aléas de l’offre que ses recettes aux enchères peuvent fluctuer de 23 m$ à 4,4 m$ d’une année à l’autre (résultats annuels enregistrés en 2011 puis en 2012). D’autant que les collectionneurs sont exigeants : quitte à débourser plus de 100 000 $ pour une œuvre sur papier, ils préfèrent laisser passer une œuvre médiocre ou à l’estimation trop optimiste. Ainsi, sur le seul mois de juin 2013, 44 % des dessins offerts se sont vus ravalés. Si le critère d’exigence est en partie responsable de ces échecs de ventes, la localisation des dites vacations l’est aussi : Klee se vend mieux à Paris, Londres et New York qu’à Bern ou Zurich. L’amateur multipliera ainsi ses chances d’acquisition en suivant l’actualité des ventes suisses et allemandes.

Damien Hirst à Doha

Un an et demi après sa première rétrospective à la Tate Modern de Londres, Damien HIRST bénéficie d’une exposition monographique au Qatar (10 octobre 2013 – 22 janvier 2014). Intitulée « Relics », cette dernière fait partie du programme Qatar UK 2013, Year of Culture, mis en place dans une volonté de dialogue culturel entre le Qatar et le Royaume-Uni.
L’événement ne suffira certainement pas à regonfler un indice de prix en chute de -68,5 % depuis la folie spéculative de 2006-2008. Cependant, l’exposition est organisée sous le patronage de la Sheikha al-Mayassa, l’une des actrices les plus influentes du marché, la famille royale du Qatar étant l’un des plus gros acheteurs d’art au monde. L’événement devrait donc avoir des résonances favorables sur ses transactions en salles.
Sotheby’s en profitera certainement pour inclure Hirst à une vacation in situ, car elle organise des ventes à Doha depuis 2009. Pour cette année inaugurale, trois oeuvres de Damien Hirst étaient ravalées. Le marché n’était pas prêt et la bulle des prix venait d’éclater. En avril dernier, par contre, une installation de la série Pharmacie s’est tout de même vendue 402 000 $ (485 000 $ avec frais, Untitled A, 22 avril 2013), 2 000 $ seulement au-delà de l’estimation basse. Les Qataris seront peut-être moins timorés pour enchérir plus avant à partir du mois d’octobre.