En bref

[14/06/2013]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

Les Papesses d’Avignon

Une légende médiévale raconte que Jeanne la Papesse, qui aurait été élue pape en Avignon au IXème siècle, a accédé a la papauté en cachant qu’elle était une femme. Partant de ce destin légendaire, Eric Mézil, directeur de la Collection Lambert en Avignon (France) a sélectionné cinq femmes artistes, cinq papesses de l’art moderne et contemporain : Camille CLAUDEL, Louise BOURGEOIS, Berlinde DE BRUYCKERE (qui représente cette année la Belgique à la 55ème Biennale de Venise), Kiki SMITH et Jana STERBAK se retrouvent ainsi exposées ensemble à la Collection Lambert et au Palais des Papes (Exposition du 9 juin au 11 novembre 2013) à travers 150 sculptures, peintures et installations.
La plus jeune papesse est l’artiste belge Berlinde de Bruyckere, qui fut remarquée sur la scène internationale il y a dix ans, lors de sa première participation à la Biennale de Venise de 2003. Elle exposait alors The Black Horse, figure dérangeante d’un cheval horriblement déformé et à la peau luisante. Depuis, la demande a explosé, si bien que son œuvre K 36 The Black Horse de 2003 atteignait le prix record de 426 303 $ (270 000 £) chez Christie’s Londres le 14 février 2012. À 48 ans, elle devenait l’une des artistes européennes les mieux cotées de sa génération. Sa cote dépasse même celle de Kiki Smith (artiste américaine née en Allemagne), pourtant de 10 ans son aînée (record d’adjudication de 250 000 $ pour la sculpture Butterfly, vendue chez Christie’s New York le 10 mai 2006).

Mariko Mori en Butterfly

Dans le cadre de la 55ème Biennale d’Art Contemporain, La Fenice propose la première de la nouvelle production de l’opéra Madame Butterfly de Giacomo Puccini (le 21 juin 2013). La mise en scène et les costumes sont signés par l’artiste japonaise Mariko MORI qui a l’art d’ajuster stylisme et performances. Cet ancien mannequin s’est fait connaître avec des photographies dans lesquelles elle se déguisait en personnage manga futuriste, pointant du doigt au passage quelques fantasmes de la société contemporaine japonaise.

C’est avec ses premières séries photographiques qu’elle fit ses armes en salles de ventes à la fin des années 1990. La première œuvre testée aux enchères, le cibachrome Love Hotel, s’arrachait d’emblée à 17 000 $ hors frais (soit 19 550 $ frais inclus, 20 novembre 1997, Sotheby’s, New York). Trois ans plus tard, c’est à 50 000 $ que partait cette même œuvre, toujours au marteau de Sotheby’s (soit 58 250 $ frais inclus, le 15 novembre 2000) avant de voir son prix divisé par sept en 2009 (adjudication de 7 000 $ le 14 mai 2009, Christie’s New York). Après une envolée spectaculaire, les prix de ventes publiques de Mariko Mori se sont en effet effondrés et son marché est moribond depuis cinq ans. Madame Butterfly offre à l’artiste une superbe tribune en pleine Biennale de Venise, ne pouvant être que bénéfique à sa cote.

Opening soon : James Turrel au Guggenheim

Le 21 juin, tandis que Mariko Mori livre ses dernières créations à Venise, s’ouvre à New York la très attendue exposition de James Turrel au musée Guggenheim.
James TURRELL s’exprime avec l’immatériel, la lumière, le temps et l’espace. Qu’importe ! les amateurs et le marché trouvent toujours quelques pièces à se mettre sous la dent. Elles sont certes rares (120 lots offerts en salles depuis 1991) et il s’agit bien souvent d’estampes (près de 42 % des lots). Néanmoins, quelques installations lumineuses sont distillées en ventes publiques, à l’instar de la pièce historique Ondoe Blue (1968) vendue l’équivalent de 367 000 $ au marteau de Sotheby’s le 12 octobre 2007 (adjugée 180 000 £). Si les plus belles pièces proposées en salles atteignent légitimement des résultats à six chiffres et que votre budget ne vous permet pas d’acquérir cette signature, optez alors pour une aquatinte, souvent accessible pour moins de 2 000 $.