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En bref

[31/05/2013]

 

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

Retour sur la meilleure vente d’art contemporain

Les ventes d’art d’après-guerre et contemporain n’en finissent pas de pousser aux records. Demande accrue stimulée tant par l’effet de mode que par la financiarisation du secteur, les enjeux sont devenus colossaux. A ce jeu et dans ce secteur, New York s’impose comme la capitale absolue pour le marché très haut de gamme. La preuve par 7 : les sept meilleures ventes d’art contemporain de l’histoire ont toutes été enregistrées à New York entre 2007 et 2013, sans surprise chez Christie’s ou Sotheby’s.

Les sessions du mois de mai sont plus propices aux records (cinq ventes sur sept), malgré la haute tenue des sessions de novembre. Entre 2007 et 2012, les meilleurs produits de ventes oscillaient entre 294 m$ et 363 m$, mais la vacation Christie’s du 15 mai 2013 a enterré le précédent record de plus de 130 m$ avec son résultat de 495 m$.

En une soirée, la vieille anglaise fait mieux qu’une année de ventes aux enchères dans toute la France (505 m$ de résultat globaux en 2012).

L’art sauvage d’Otto Muehl

L’artiste autrichien Otto MÜHL, cofondateur de l’actionnisme viennois avec Günter BRUS, Hermann NITSCH et Rudolf SCHWARZKOGLER, est décédé le 26 mai 2013 au Portugal, à l’âge de 87 ans (né le 16 juin 1925, à Grodnau, au Burgenland, Autriche et mort le 26 mai 2013 à Moncarapacho, Olhão, Portugal).

Entre mises en scène de la destruction des formes d’art classique et performances sexuelles rageuses, ses provocations ne se sont pas limitées au seul champ de la création. Elles se sont insinuées dans le mode de vie de l’artiste, qui créait une secte prônant la liberté sexuelle et le démantèlement des modèles culturels traditionnels en 1972. Accusé de manipulation psychique et de pédophilie en 1988, il a goûté à la prison pendant six ans (entre 1991 et 1997) avant de s’exiler au Portugal.

Les historiens de l’art retiennent en premier lieu ses performances chocs où le corps déborde dans les désordres de ses flux. Le scandale du corps transgressif est à remettre dans le contexte des années 60. Il est alors un vecteur de résistance face aux excès de l’ordre imposé par les nazis qui conduisirent au plus immonde des désordres. Le corps de l’actionniste viennois déjoue l’obscénité par l’obscénité. Il est un pharmakon, à la fois poison et remède.

Des vidéos de performances circulent dans quelques expositions et chez quelques collectionneurs assidus. Sur le marché des enchères par contre, rien de ce genre. Seules quelques photographies témoignent de performances débridées (les photos représentent moins de 6 % de ses transactions en salles).

Les amateurs se contentent souvent d’œuvres sur toiles (près du quart des transactions) et sur papier (près de 50 % des transactions). Six toiles des années 1980 se sont déjà vendues entre 50 000 $ et 100 000 $ depuis 2008 et toutes furent adjugées à Vienne, fief de l’actionnisme. Le dernier résultat tombait dix jours avant le décès de l’artiste, pour Ägyptische Gitarre (1984), avec un prix au marteau équivalent à 80 000 $ (200 cm x 170 cm, Dorotheum, Vienne, 16/05/2013).

L’utopie sauvage et controversée d’Otto Muehl est récompensée par le marché : en dix ans, sa cote a progressé de 113 %.

Chéri Samba : la culture populaire est un luxe

Chéri SAMBA est né en 1956 au Zaïre et commence tout jeune à dessiner. Il a 16 ans lorsqu’il arrive à Kinshasa (Congo) pour s’initier à la peinture d’enseignes et plonger dans l’univers des bandes dessinées. D’emblée, la culture populaire devient son terrain de jeu favori, son sujet, son mode d’expression et son audience. L’artiste adopte les bulles de la bande dessinée et souligne ses tableaux avec des textes concis pour traiter de l’actualité et des faits de société.

Il devient rapidement l’artiste le plus populaire de Kinshasa, puis se fait remarquer hors Afrique lors de sa participation à la fameuse exposition Les Magiciens de la Terre au Centre Georges Pompidou de Paris en 1989, avant que New York et Venise lui ouvrent leurs portes.

Le monde du luxe s’ouvre désormais à lui avec Louis Vuitton. La marque française a en effet choisi son esthétique acidulée pour illustrer le Travel book, après ses coopérations fructueuses avec les artistes japonais les plus à la mode du moment, Takashi MURAKAMI puis Yayoi KUSAMA.

Il faut dire qu’une toile phare de Chéri Samba est déjà un produit de luxe : quelques autoportraits issus de la série J’aime la Couleur se négocient désormais entre 40 000 $ et 100 000 $ frais de vente inclus.

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