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En bref

[03/05/2013]

En bref !  

Tous les quinze jours, Artprice vous propose un tour d’actualité du marché de l’art en quelques mots et quelques chiffres.

Urs Fischer au MOCA de LA

L’artiste d’origine suisse Urs FISCHER, qui vit et travaille à New York, n’en finit pas de faire parler de lui, sur la scène institutionnelle comme sur le marché. Alors qu’il fête ses 40 ans cette année, son curriculum vitae affiche un parcours impressionnant, qui passe notamment par la Biennale du Whitney Museum en 2010, diverses participations à la Biennale de Venise depuis l’âge de 30 ans (2003, 2007 et 2011), une carte blanche offerte par François Pinault au Palazzo Grassi de Venise en 2012 et plusieurs expositions dans les galeries Gagosian la même année.
Une œuvre de jeunesse (toile de 2002 – 2003 mélangeant hardiment et anarchiquement les techniques) s’est récemment vendue l’équivalent de 750 000 $ hors frais (Mr. Toobad, 480 000 £, Christie’s Londres, le 13 février 2013), un prix record pour une peinture de ce trublion de l’art qui s’exprime plus volontiers en trois dimensions. C’est là qu’il tient ses meilleurs scores et c’est par là qu’il s’imposait, en 2011 comme le plus jeune artiste du monde affichant à son palmarès une adjudication supérieure à 3 m$ (Lamp-Bear, 6 m$ chez Christie’s New York, 11 mai 2011). Les 6 m$ de Lamp-Bear payaient (hors frais!) une sculpture de 7 mètres de haut et de près de 16 tonnes. Elle payait aussi l’œuvre monumentale d’un artiste que certains qualifient volontiers de « nouveau Jeff Koons »… A ceci près que Jeff KOONS courre après la perfection dans la réalisation de ses œuvres, tandis que Fischer fabrique de l’anti-Koons. Ses œuvres déstabilisantes érigent en effet l’incertitude et l’imperfection à la fois comme moyen et comme fin. Comme la pensée, l’œuvre d’Urs Fischer est « in progress », jamais figée, toujours en mouvement. C’est ce qui fait le charme des installations chaotiques, dont certaines sont vouées à la disparition, qui envahissent actuellement l’ensemble du MoCA de Los Angeles (21 avril – 19 août 2013).

David LaChapelle en France

Si peu d’artistes peuvent se targuer d’afficher une cote en hausse de 500 % sur la décennie, David LACHAPELLE fait partie du cénacle de ces photographes contemporains les plus courtisés de la planète.
L’artiste est connu pour avoir mis sa technique photographique à l’épreuve d’une humanité starisée. Il surenchérit sur le théâtre glamour de l’univers « people » et sur une image trop artificielle et trop séduisante pour ne pas tomber sous le coup de l’icône. Les photographies de David LaChapelle jonglent avec notre amour du profane et ses allures faussement sacrées. Si Mickael Jackson en archange terrassant un démon et Courtney Love en moderne Piéta sont des détournements immédiatement lisibles, l’artiste fait son entrée à la galerie Templon de Paris avec des œuvres plus subtiles, moins littérales, dans les séries Last Supper et Still Life. Il s’agit non plus de corps glorifiés mais de corps disloqués, l’envers du « décor » en somme. Des fragments de mannequins dans des cartons recomposent La Cène de Leonard de Vinci dans Last Supper et, des sosies en cire, morcelés et déformés renvoient à Leonardo di Caprio, John Kennedy ou Madonna dans Still Life. David LaChapelle rencontrera à coup sûr son public en France avec ces nouvelles séries, d’autant que l’Hexagone est le troisième consommateur au monde de ses photographies (plus de 11 % des transactions, contre 34 % aux États-Unis et 38 % au Royaume-Uni). Les acheteurs français privilégient les œuvres cotées entre 3 000 $ et 40 000 $ en salles, tandis que les 10 % du marché haut de gamme (de 40 000 $ à plus de 100 00 $) se jouent à New York et à Londres. La nouvelle collaboration de l’artiste avec une galerie française fera peut-être décoller sa cote in situ.

Ugo Rondinone : Human Nature

Des géants de pierre aux allures de stèles archaïques en plein cœur de l’agitation new-yorkaise ? C’est l’installation du compatriote d’Urs FISCHER, Ugo RONDINONE (autre artiste suisse vivant et travaillant entre Zurich et New York). Ses colosses montent la garde sur la place du Rockfeller Center entre la 49ème et la 50ème rue. Ils attendent patiemment les dizaines de milliers d’acteurs du monde de l’art, qui vont se presser mi-mai pour visiter les foires d’art contemporain du moment (Frieze, Pulse, Cutlog) et assister aux grandes ventes d’art impressionniste, moderne, d’après-guerre et contemporain (entre le 8 et le 15 mai 2013).
La maison Sotheby’s proposera d’ailleurs à la vente deux œuvres de Rondinone. La première est une sculpture de 2010 sur 3 exemplaires, précédemment acquise lors d’une exposition de l’artiste à la galerie Gladstone et, la deuxième, Nude, représente une expression mélancolique de la condition humaine, tête penchée, membres relâchés, yeux clos. Réalisée en cire d’après un modèle vivant, elle est la première de cette trempe à affronter les enchères. Sotheby’s en attend entre 200 000 $ et 300 000 $, loin du record actuel de l’artiste, détenu depuis 2011 par un arbre nu et blanc, figé dans le temps à l’instar du Nude, offert le 15 mai. L’arbre vendu au prix record de 450 000 £, soit plus de 718 000 $, est donc destiné a demeuré un sommet pour quelques temps (Get up girl a sun is running the world, Phillips de Pury & Company, 27 juin 2011, Londres). D’autant plus que la seconde œuvre proposée par Sotheby’s le 15 mai, un travail mieux connu de 2008 présentant ses fameux cercles concentriques colorés aux contours incertains, est annoncé dans la même fourchette d’estimation que Nude. Le prix des toiles a triplé en dix ans : souvenez-vous, elles s’échangeaient entre 60 000 $ et 90 000 $ en moyenne au début des années 2000.

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