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En Bref ! 12m$ pour Banksy – Records chez Christie’s – Nara au sommet

[18/10/2019]

A l’heure de la sortie du nouveau Rapport sur le Marché de l’Art Contemporain d’Artprice by Art Market, retour sur le rafraîchissement des premiers records de la saison.

12,2 m$ pour la parodie politique de Banksy

Devolved Parliament (“Parlement dévolu”) est un tableau immense (250 x 420 cm) achevé il y a 10 ans, le plus grand connu de l’artiste britannique le plus populaire de notre époque. La maison de vente Sotheby’s était en charge de vendre cette toile pourvue d’une estimation comprise entre 1,8 et 2,5 m$, le 3 octobre dernier, à Londres, le jour même de l’ouverture de la Frieze. L’émulation était donc au rendez-vous, un an après que BANKSY (1974) ait détruit à distance son tableau Girl With Balloon dans la salle de vente de Sotheby’s, après son adjudication millionnaire (le 5 octobre 2018).

Au cœur du débat sur le Brexit, le moment et la ville étaient particulièrement bien choisis pour mettre en vente cette représentation ironique du Parlement britannique, ou les députés sont remplacés par des chimpanzés. Pendant 12 longues minutes, les enchères ont grimpé pour atteindre 8 500 000 £, amenant le nouveau record personnel de Banksy à 12,2m$ en incluant les frais acheteurs appliqués en sus de l’enchère gagnante.

Suivant ce spectaculaire coup de marteau, Banksy faisait une annonce son sur compte Instagram, indiquant qu’il était “dommage que cette œuvre ne m’appartienne plus ” (il l’avait vendue en 2011). Il assortissait ce message d’une citation du célèbre critique d’art Robert Hugues :“L’art devrait nous faire sentir plus clairement et plus intelligemment. Il devrait nous donner des sensations cohérentes que nous n’aurions peut-être pas autrement. Mais le prix d’une œuvre fait désormais partie de sa fonction, son nouveau “job” est de rester accrocher sur un mur et de devenir de plus en plus cher. Au lieu d’être une propriété de l’humanité comme l’est un livre, l’art devient la propriété de quelqu’un qui en a les moyens. Supposons que chaque livre dans le monde coûte 1 million de dollars : imaginez quel effet catastrophique cela aurait sur la culture.”

Records marquants chez Christie’s

Les premières ventes d’art d’après-guerre et d’art contemporain de la saison londonienne de Christie’s ont mobilisé des enchérisseurs issus de 63 pays différents et ont rapporté 128m £. De nouveaux records du monde ont été établi pour plusieurs artistes, notamment pour l’américain Carl ANDRE, dont une installation bien datée (1969) de ses célèbres plaques industrielles posées au sol passe pour la première fois les 2,9m$, un prix record pour l’artiste aux enchères. La jeune génération affiche aussi de belles performances, avec le renouvellement des records de Loie Hollowell (née en 1983) et de Tschabalala Self (née en 1990).

Soutenue par la Pace gallery, l’américaine Loie HOLLOWELL culmine désormais à 443 000 $, plus de quatre fois l’estimation haute, pour une toile abstraite achevée en 2014 (Lady in Green).

La jeune Tschabalala SELF emporte elle aussi un succès considérable, cette fois avec un travail engagé sur la signification iconographique du corps de la femme noire dans la culture contemporaine. L’artiste explique que son travail porte sur “l’impact émotionnel, physique et psychologique du corps de la femme noire en tant qu’icône et est principalement consacré à l’examen de l’intersectionnalité de la race, du genre et de la sexualité. Des fantasmes collectifs entourent le corps noir et ont créé une niche culturelle dans laquelle notre compréhension contemporaine de la féminité noire existe.” Or, cette tendance créative a le vent en poupe à Londres et New York depuis quelques années. Le prix de son œuvre intitulée son œuvre Sapphire (2015) a donc littéralement flambé le 4 octobre dernier : estimée entre 120 000 et 180 000 $, la toile s’est envolée au seuil des 500 000 $ (487 000 $), un prix spectaculaire pour cette jeune artiste de 29 ans, dont les œuvres ont déjà intégré des collections de premier plan telles que la Rubell Family Collection et le Perez Art Museum à Miami, ou la fondation Luma en Suisse.

Nara est le nouvel artiste japonais le plus cher du monde

L’artiste japonais de 60 ans a pulvérisé son record lors de la vente d’art contemporain du 6 octobre dernier, organisée par Sotheby’s à Hong Kong. Le sommet de l’artiste passe de 4,4m$ (Sleepless Night (Cat) ) à près de 25m$ pour une imposante toile (234 x 208 cm). Cette œuvre date de 2000, année du retour de l’artiste au Japon après 12 années passées en Allemagne. La fillette représentée sur le tableau, au style typiquement manga, dissimilerait une arme dans son dos comme l’indique le titre de l’oeuvre : “Knife Behind Back (背後藏刀)”. L’artiste explique qu’il envisage ces enfants “comme des êtres entourés de personnes plus grandes et plus mauvaises, plus lourdement armées”.

Outre ce record d’exception, deux autres « fillettes » ont passé les 4m$ début octobre à Hong Kong. Yoshitomo NARA confirme donc la montée en puissance de sa cote (+ 719 % depuis 2003) et assoit sa position parmi les artistes contemporains les plus cotés au monde. Le rapport du Marché de l’art contemporain donne l’artiste en sixième position du classement mondial, derrière les américains Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons, Kaws, Christopher Wool et George Condo (top 500).

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