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Direction l’Inde

[29/01/2019]

Malgré la suspension des ventes de Christie’s à Bombay, le Marché de l’Art indien restera énergique : la demande intérieure est au rendez-vous et le salon India Art Fair, dont la 11e édition ouvre cette semaine à Delhi, multiplie les initiatives.

Une croissance intérieure remarquable

Le Marché de l’Art indien révèle une forte croissance au cours des derniers mois. Le produit de ventes annuel de 2018 affiche en effet une hausse de +29% par rapport à l’exercice précédent, soit une croissance bien supérieure à celle des autres acteurs asiatiques, exception faite de la Corée du sud. Un peu plus de 1 400 œuvres d’art se sont vendues en Inde au cours de l’année 2018, ce qui s’avère très peu pour satisfaire la demande intérieure, en témoigne un taux d’invendus particulièrement bas de 7%, tandis que la moyenne mondiale dépasse les 30% d’œuvres invendues. Le résultat annuel des ventes aux enchères s’élève, lui, à 72,5 m$, plaçant l’Inde en douzième position mondiale du Marché de l’Art, derrière l’Australie.

Des artistes en bonne place dans les classements mondiaux

La demande pour l’art contemporain moderne et contemporain indien ne se cantonne pas au marché intérieur. Elle est internationale pour des signatures aussi renommées que Sayed Haider Raza, Maqbool Fida Husain ou Francis Newton Souza, entre autres. Les collectionneurs sont établis à Londres, à New York, et la demande s’étend à Hong Hong et même aux Émirats arabes unis. Ainsi soutenu par le marché international, neuf artistes indiens se hissent dans le Top 500 des artistes mondiaux classés selon leur produit de ventes aux enchères au cours de l’année 2018. Le trio de tête se compose de Sayed Haider RAZA (16,2 m$ de produit de ventes annuel dont une œuvre vendue plus de 4,4 m$ en 2018), Tyeb MEHTA (15,4 m$ de résultat dont un record annuel de 3,9m$) et Maqbool Fida HUSAIN (avec un résultat annuel de 12,3m$). Les autres fers de lance du marché se nomment Anish Kapoor, Akbar Padamsee (1928-), Manjit Bawa (1941-2008), Ram Kumar (1924-2018), Francis Newton Souza (1924-2002) et Vasudeo S. Gaitonde (1924-2001).

Bombay, la capitale des enchères

Conscientes du potentiel extrêmement important que représente l’Inde sur le Marché de l’Art, les deux grandes sociétés occidentales Christie’s et Sotheby’s ont misé sur Bombay. Ce n’est pas par hasard que Christie’s choisissait d’inaugurer sa première salle de ventes aux enchères indiennes à Bombay plutôt qu’ailleurs. La scène artistique y est florissante (avec des artistes comme Shilpa GUPTA (1976) ou Jitish KALLAT (1974)) et le Marché de l’Art déjà structuré, notamment avec l’activité des sociétés de ventes Asta Guru et StoryLTD. C’était en décembre 2013, et la première vacation de Christie’s dédiée à l’Art d’Asie du Sud fut un énorme succès, avec 98% de lots vendus. Malgré tout, la maison de ventes a considérablement ralenti ses activités sur place. A la suite de Christie’s, Sotheby’s a ouvert un bureau à Bombay, en 2015, pour se rapprocher des acheteurs indiens déjà très actifs lors des vacations organisées en Occident. La première vente de Sotheby’s Bombay, Boundless India, s’est tenue en novembre 2018, en se focalisant sur les artistes indiens, seules signatures véritablement demandées sur place. Il faudra encore du temps pour que les grands collectionneurs de Bombay, de Delhi ou de Calcutta, investissent avec la même passion dans l’art occidental que dans l’art indien.

Delhi, la capitale d’India art fair

Au cœur de la mégapole de Delhi, plusieurs acteurs incontournables animent le Marché : Saffronart pour le second marché des enchères, et le salon India Art Fair pour le premier marché. Fondée par Neha Kirpal en 2008, le salon India Art Fair s’avère incontournable pour son panorama de l’art moderne et contemporain asiatique et participe à la construction d’un marché sur place. Preuve du potentiel de développement d’un tel salon, la société MCH Foire Suisse, l’organisateur d’Art Basel, annonçait l’acquisition de 60,3 % du capital de la société Seventh Plane Pvt. Ltd, organisatrice d’India Art Fair, en 2016. Le puissant groupe Suisse se positionnait alors fermement sur le marché indien tout en infirmant toute volonté de lancer une nouvelle Art Basel en Inde. Mais récemment, MCH a pris la décision de se retirer en tant qu’actionnaire, de même pour la foire Art Düsseldorf et son son partenariat naissant la Art Stage à Singapour. Frank Lasry, l’administrateur délégué de MCH Design & Regional Art Fairs, se veut rassurant, et insiste sur le fait que la décision de son retrait de la India Art Fair ne reflète un aucun cas une forme d’ insuccès de ce salon, qui draine environ 40 000 visiteurs chaque année. MCH a choisi de se repositionner sur de nouveaux investissements stratégiques, mais annonce qu’elle ne se désengagera pas du premier salon indien avant qu’un nouveau partenaire à se mesure soit choisi. Les propos se veulent rassurants.

Delhi se prépare donc à ouvrir la 11e édition de son Indian Art Fair (IAF) du 31 janvier au 03 février 2019, avec l’énergie qu’on lui connaît : des exposants soigneusement sélectionnés et une programmation stimulante, emmenée par des conférences et des visites guidées à travers le salon comme l’art moderne indien (avec les galeries Akara Art, Archer Art Gallery, Chawla Art Gallery, DAG, Dhoomimal Gallery et Grosvenor Gallery) ou la photographie.

Parmi les 75 exposants, les galeries indiennes sont majoritaires. Le salon séduit aussi des participants venus de toute l’Asie. Quelques galeries européennes et américaines font le déplacement, dont le grand marchand David Swirner qui répond à nouveau présent cette année, mais les galeries étrangères restent peu nombreuses, étant freinées par la lourdeur des taxes à l’importation. L’émulation artistique d’ Indian Art Fair est, cette année encore, une promesse de découvertes et de rencontres, y compris à travers les musées et les galeries de la ville, avec une programmation spécifique : IAF Parallel. La vitalité de l’événement se mesure aussi à cette capacité de mettre en mouvement l’ensemble des acteurs culturels de Delhi.

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