DELACROIX, Eugène (1798-1863)

[30/11/2003]

 

Le marché fourmille encore de nombreux dessins et esquisses d’Eugène Delacroix. Pour la plupart, ces œuvres sont issues de son voyage en Algérie et au Maroc

Eugène DELACROIX a réalisé ses premiers dessins au cours de ses études au Lycée Impérial. Soutenu par son oncle, le peintre H.F. Reisener, il est recommandé auprès de P.N. Guerin en 1815. Un an après, il intègre l’Ecole des Beaux-Arts. Il exécute alors lithographies et caricatures. Il reçoit sa première commande en 1819 : La Vierge des Moissons, pour l’église d’Orcémont. Il fait la connaissance de Géricault et Gros. En 1822, il expose au Salon Dante et Virgile aux Enfers. Malgré les critiques, l’œuvre est achetée par l’Etat. Sa peinture suit alors les pas du romantisme. En 1831, Delacroix est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Il expose au Salon onze œuvres. Parmi celles-ci, La Liberté guidant le peuple est achetée par Louis-Philippe pour le musée Royal pour la somme de 3000 francs. En 1832, il découvre le Maroc et l’Algérie. Durant ce long voyage, il multiplie les croquis et aquarelles. Il note ses impressions et esquisses dans des carnets dont il extraira une centaine de peintures. De retour en France, il se consacre à des commandes publiques (le Salon du Roi du Palais-Bourbon, le Palais du Luxembourg, la galerie d’Appolon au Louvre, la Chapelle des Saints Anges de Saint-Sulpice). A côté de ses œuvres monumentales, il continue de peindre des portraits et diverses toiles orientales jusqu’à sa mort, en 1863.

Que trouve-t-on aux enchères ?

Aux enchères, son œuvre est riche et variée. Organisée un an après son décès, la vente d’atelier à l’hôtel Drouot illustre la richesse et la diversité de son œuvre. Aujourd’hui encore passent annuellement, 80 à 100 œuvres aux enchères. Les deux tiers sont des dessins et aquarelles. Les plus recherchées sont les aquarelles orientalistes. Selon la richesse de la composition, elles peuvent atteindre 100 000 euros. Dernièrement, chez Sotheby’s les amateurs se sont disputés jusqu’à 32 000 dollars “Chevaux arabes”, une feuille issue de la collection Bill Blass estimée 7 000 – 10 000 dollars. Mais le marché fourmille aussi de très nombreuses esquisses au crayon que les amateurs peuvent acquérir pour moins de 3 000 euros. 70% des dessins/aquarelles d’Eugène Delacroix sont adjugés moins de 10 000 euros. A l’inverse, les tableaux de l’artiste sont devenus rares. Pas plus de 5 à 6 œuvres sont proposées annuellement. Les très grandes toiles étant dans les musées, le record est aujourd’hui détenu par une œuvre orientaliste de format moyen : Choc de cavaliers Arabes (81×100,5 cm). Peinte en 1833-1834 et refusée au Salon de 1834, cette toile a été adjugée 46 500 000 francs (7,1 millions d’euros) le 19 juin 1998 chez Piasa. Dans une toute autre gamme de prix, l’amateur trouve de très nombreuses estampes : 80% d’entre elles s’échangent moins de 1 500 euros. Ses plus célèbres lithographies : Faust (suite de 17 planches, gravées en 1827) et Hamlet (16 lithographies réalisées en 1834). Le 13 novembre 2002, une suite de 17 planches de Faust a trouvé preneur à 3100 euros chez Piasa.

Les places de marché

Le marché de Delacroix est d’abord français. Il s’y échange un peu plus de 50% de sa production, pour 73% du chiffre d’affaires. Toutes les disciplines et toutes les gammes de prix y sont représentées. Les Anglo-saxons sont aussi très friands de ses œuvres ; toutefois, aucune toile importante n’y a été proposée ces dernières années.

Acheter / vendre

L’indice des prix de Delacroix progresse fortement depuis 1997, particulièrement pour ses dessins et aquarelles. Leur valeur a plus que doublé en 6 ans. Cette hausse est parallèle à l’élargissement du marché : le nombre de lots mis en vente a lui aussi doublé sur la période 1997 – 2002. Cette élévation du volume a facilement été absorbée par la demande. Le taux d’invendus était même supérieur en 1998 à ce qu’il n’était en 2002. Le marché des œuvres d’Eugène Delacroix n’a donc jamais été aussi dynamique.
Depuis quelques mois, à l’instar de l’ensemble du marché, l’offre d’œuvres de Delacroix tend à se contracter. Cette raréfaction accroît l’engouement pour les quelques pièces proposées. Le taux d’invendus n’a été que de 26% au premier semestre 2003 et les prix risquent naturellement de s’élever encore un peu.
En décembre 2003, plusieurs pièces vont être mises aux enchères en France, notamment chez Blanchet (3/12/2003) ou encore chez Artcurial (8/12/2003), Beaussant-Lefèvre (10/12/2003).

  Eugène DELACROIXArtprice Index toutes catégories, base 100 en janvier 1997   Eugène DELACROIXNombre de lots vendus aux enchères   Eugène DELACROIXParts de marché Répartition par pays du chiffre d’affaires réalisé entre 1999 et 2002 © Artprice