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De Phillips à Phillips de Pury & Co.

[21/09/2009]

 

Avec son parti pris pour l’art contemporain, la photographie et le design, Phillips de Pury & Co. illustre parfaitement les mutations du marché sur la dernière décennie. La maison de ventes a vécu la pleine euphorie de l’envolée des prix et la violente contraction du marché… coûte que coûte, elle maintient le cap de l’ultra contemporain.

Phillips fut fondée en 1796 par Harry Phillips, ancien clerc de James Christie, fondateur de la maison Christie’s. Après son rachat en 1999 par Bernard Arnault, patron du groupe de luxe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH), Phillips s’oriente de plus en plus fermement sur l’art contemporain. En 2001, la part de l’art contemporain représentait seulement 4% des lots vendus contre 32% d’œuvres du XIXème siècle et 44% d’œuvres modernes. L’année suivante, Phillips avait suffisamment modifié la structure de ses vacations pour disperser presque autant d’œuvres contemporaines (29%) que d’œuvres modernes (30%). Ce développement lui permit de changer d’image, de paraître plus en phase avec son temps et moins rigide que ses concurrentes Christie’s et Sotheby’s. Seul revers de la médaille : le nombre de lots catalogués fondait entre 2001 et 2002, faisant chuter le volume d’affaires de -61,7% sur cette période. Cette contraction devait durer cinq ans puis Phillips, portée par l’envolée des prix de l’art contemporain et du design, renouait avec un chiffre d’affaires annuel supérieur à 200 M$ en 2007.

En 2002, le groupe de luxe LVMH cédait ses actions de la société Phillips à Simon de Pury et Daniella Luxembourg, qui ont continué à imposer la création la plus actuelle. En 2004, la part de l’art contemporain grimpait à 60,9% des lots vendus. À partir de 2005, la demande explosive et l’envolée des prix firent décoller le produit des ventes avec un pic de +137,6% atteint en 2007 (241,8 M$ générés par l’adjudication de 3 000 lots).Puis, le groupe russe Mercury s’intéressa de près à la structure et finit par acheter 50% des parts de la société en octobre 2008. L’arrivée du spécialiste dans l’importation de produits de luxe était destinée à favoriser l’ouverture aux marchés émergents afin de concurrencer Christie’s et Sotheby’s. Parallèlement, Mercury minimisait les risques en limitant sévèrement le système des prix garantis. La crise a cependant conduit à des restrictions budgétaires passant par la fermeture de la succursale Phillips de Pury & Co. à Cologne en avril 2009, demandée par Mercury.
Phillips de Pury & Co. s’étant positionnée sur le marché le plus volatil, la déflation des prix et la désaffection des acheteurs l’ont frappée de plein fouet : ses ventes new-yorkaises des 14 et 15 mai 2009 furent un fiasco ne rapportant que 10 M$ contre 62,8 M$ générés les 15 et 16 mai 2008 par les mêmes vacations d’art contemporain.La chute fut rude, mais la maison de ventes a décidé de maintenir le cap de l’ultra contemporain en restructurant ses vacations par une nouvelle série de ventes thématiques mixant art, photographie et design, qui font habituellement l’objet de catalogues indépendants.

Le coup d’envoi de cette nouvelle formule est prévu le 26 septembre à Londres avec Now : Art of the 21st century. Cette vacation de 291 lots mélange photographies, œuvres contemporaines et mobilier des années 2000 avec de parfaits inconnus en salles des ventes proposés pour quelques centaines de livres sterling, et des stars comme Damien HIRST ou FANG Lijun… Ainsi, la chaise Meltdown de Tom PRICE (est. 4 000-6 000 £) côtoie la photographie The Metropolitan Museum of Art New York II de Candida HÖFER (est. 15 000-20 000 £). Deux lithographies du fameux crâne endiamanté For the love of God (Pour l’amour de Dieu) de Damien Hirst (For the Love of God, Laugh; The Diamond Skull, £10,000-15,000) introduisent une version revisitée en toc par : estimée entre 6 000 et 8 000 £, l’hommage volontairement dérisoire intitulé For the Laugh of God (Pour le rire de Dieu) est bien sûr beaucoup plus abordable que l’original de référence, qui se serait vendu pour 100 M$ lors d’une transaction privée.

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