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De Monet à Koons : records battus et adjudications marquantes

[21/05/2019]

Humeur acheteuse à New York la semaine dernière pour la dispersion de quelques 1 700 lots aux catalogues des ventes d’art impressionniste, moderne et contemporain. Les records les plus marquants – 110,7m$ pour Claude MONET, 91m$ pour Jeff KOONS, 88,8 m$ pour Robert RAUSCHENBERG – prouvent combien le marché est en quête d’icônes.

Record impressionniste : Sotheby’s décroche 110,7 millions pour Monet

Meules

Claude Monet – Meules (1890)

Des Meules de foin sous l’effet extraordinaire d’une lumière changeante, peintes par Claude Monet en 1890, étaient attendues autour de 55 millions : elles ont doublé la mise, partant au prix fort de 110,7 m$. Resté anonyme, l’acheteur signe le nouveau record de Monet et le record mondial pour une œuvre du mouvement Impressionniste au passage. Un collectionneur avait acquis ce chef-d’oeuvre en 1986 lors d’une vente chez Christie’s à New York pour 2,5 m$ seulement. La toile a donc réalisé 44 fois son prix de 1986. Le précédent record de Monet avait été établi en mai 2018 à 84,6  m$ pour des Nymphéas en fleurs dispersées par la maison Christie’s à New York. Le résultat fort de Sotheby’s planté le 14 mai dernier prouve que les toiles emblématiques des grands mouvements de l’art moderne n’ont pas fini de passer le seuil symbolique des 100 millions.

Record pour un artiste vivant : le Rabbit de Koons atteint 91 m$

Il est vrai, l’opportunité d’acquérir un Rabbit rutilant de Jeff Koons ne se représentera pas de sitôt. Cette sculpture de 1986 réalisée en trois exemplaires (plus une épreuve d’artiste) est l’une des œuvres les plus célèbres du prince du Kitsch. Elle a été exposée dans les grands musées du monde : Musée d’art contemporain de Chicago, Stedelijk Museum, Tate Modern, Whitney Museum, Centre Pompidou, et jusqu’à Versailles lors de l’exposition Koons au château en 2008. Cette œuvre emblématique provenant de la collection Newhouse fit l’objet d’un intense battage médiatique avant sa dispersion le soir du 15 mai. Les passants voyaient rutiler les lettres de néons « ICON » en façade des locaux de Christie’s qui n’a pas lésiner sur les investissements pour promouvoir cette œuvre « iconique » estimée entre 50 m$ et 70 m$. La maison avait même fait aménager une salle d’exposition spéciale au cœur de la rotonde du Rockefeller Center pour le lapin chromé sur piédestal. Pari réussi bien au-delà des attentes : avec cette vente à 91 m$, Koons se rapproche du record absolu de Warhol…

Nouveau record pour le Pop art : 88,8 m$ pour Rauschenberg

Il fallut 11 petites minutes d’enchères (qui ont paru une éternité) pour atteindre le montant gagnant de 88,8 m$ le 15 mai chez Christie’s, pour un Raushenberg on ne peut plus désirable. Buffalo II (243,8 x 183,8 cm) condense dans une même œuvre les symptômes marquants d’une époque de grands bouleversements aux États-Unis. Raushenberg réalise d’ailleurs cette oeuvre peu après l’assassinat du président John F. Kennedy. Avec elle, il emporte, en 1964, le grand prix de la peinture lors de la Biennale de Venise et devient le premier Américain honorer par ce sésame. L’oeuvre excède de 18,8 m$ sont estimation haute et enterre de 80 m$ le précédent record de l’artiste.

La vente d’art contemporain de Christie’s affiche un résultat de 538,97 m$ (avec 91% des lots vendus le 15 mai) contre 399 m$ (86 % des lots vendus) pour sa vente d’art moderne et contemporain du 13 mai. La création la plus récente l’emporte sur ces dernières ventes new-yorkaises.

Spider de Louise Bourgeois par pour 32 m$

Les adjudications spectaculaires ont beau s’être considérablement accélérées ces dernières années, celles à plus de 30 millions de dollars restent des exceptions, surtout pour les femmes. Même l’immense artiste franco-américaine Louise BOURGEOIS n’avait jamais atteint ce pallier de prix, jusqu’au 15 mai dernier chez Christie’s grâce à une Spider de plus de 7 mètres de diamètre sur 3 mètres de hauteur portant le numéro deux d’une série de six. La pièce numérotée 3/6 avait atteint 28,2 m$ en 2015.

Le top 3 moderne de Christie’s à 133,6 m$ (13 mai)

Bouilloire et fruits

Paul Cézanne – Bouilloire et fruits (1888-1890)

Clou de la vente d’art moderne de Christie’s, un chef-d’oeuvre de Paul Cézanne, Bouilloire et fruits (1888-1890) issu de la collection S.I. Newhouse (le meilleur collectionneur au monde selon David Geffen) est parti pour 59,3 m$. Un résultat rassurant, qui permet de renouer avec le record absolu de l’artiste enregistré il y a 20 ans chez Sotheby’s lors de la vente de la collection de John Hay Whitney par ses héritiers. Rideau, cruchon et compotier devenait à l’époque la Nature Morte la plus chère du monde, à plus de 60 millions de dollars.

La seconde meilleure adjudication du 13 mai revient à Vincent Van Gogh, dont la toile Arbres dans le jardin de l’asile (1889) atteint 40 m$, soit la 9ème meilleure adjudication de l’artiste. On aurait pu s’attendre à mieux pour une œuvre de cette qualité compte tenu des résultats obtenus par le passé pour ses sujets similaires.

En troisième position arrive une sculpture en pierre d’Amedeo Modigliani : Tête, réalisée vers 1911, est l’une de 26 sculptures uniques de l’artiste (sachant que 16 d’entre elles se trouvent dans des collections publiques). L’oeuvre est partie à son estimation moyenne – 34,3 m$ – et devient la troisième sculpture en pierre la mieux cotée de l’artiste après la vente de deux sujets plus grands de 10 et de 20 centimètres. Le record absolu pour ce sujet affiche 70,7 m$ (73 cm, Sotheby’s, 04/11/2014 ).

Le top 3 moderne de Sotheby’s (14 mai)

La vente d’art impressionniste et moderne Sotheby’s du 14 mai affiche 350 m$, un résultat en-deçà de celui de Christie’s (399 m$) mais un taux de lots vendus exceptionnel de 91 % et, surtout, un record mondial pour l’impressionnisme avec les Meules de Claude Monet parties pour 110,7 m$.

Le podium de Sotheby’s est complété par la vente de deux toiles de Picasso des années 60 : Femme au chien, un portrait de Jacqueline Roque réalisé en 1962 a fait la surprise en partant pour 54,9 m$ contre une fourchette d’estimation de 25 à 30 m$. Au seuil des 55m$, cette toile imposante (162 x 130 cm) plante un record pour une œuvre du maître réalisée après 1960. Quelques minutes plus tard, un Mousquetaire à la Pipe de 1968 rejoignait un musée privé asiatique pour 20,7 m$, preuve que les prix grimpent pour les œuvres tardives de Picasso. La vente de sept œuvres de Picasso a généré 93,5 m$ le soir du 14 mai chez Sotheby’s.

La jeunesse de Bacchus

William BOUGUEREAU – La Jeunesse de Bacchus (1884)

Une grande déception est cependant à signaler pour le chef-d’oeuvre de William BOUGUEREAULa Jeunesse de Bacchus – , un monument de plus de six mètres par trois issu de la famille de l’artiste, dont Sotheby’s attendait à minima 25 m$. Un prix visiblement trop gourmand pour cet artiste dont le record plafonne à 3,5 m$ depuis 2000.

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