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Cy Twombly (1928-2011) – La création de l’inconscient.

[12/07/2011]

 

Cy Twombly s’est éteint le 5 juillet à Rome. L’artiste, américain d’origine, avait vécu les 60 dernières années de sa vie en Italie.

Artiste d’après guerre, Cy TWOMBLY a côtoyé l’expressionnisme des artistes abstraits américains dans les années 50 mais est resté un artiste en marge. Ses œuvres apparaissent comme des défoulements graphiques mêlant écriture, dessins et chiffres. Elles semblent griffonnées à la hâte, animées par une urgence de la création qui exhibe l’inconscient… Un impératif compulsif qui n’est pas sans évoquer l’écriture automatique des artistes surréalistes.

Le début du XXIème siècle marque le passage de Cy TWOMBLY à une véritable reconnaissance internationale : en 2001, il obtient le Lion d’or de la Biennale de Venise. L’artiste n’était pas un étranger à Venise, il y avait exposé dès la biennale de 1964. Cette récompense n’eut pas d’effet immédiat sur le prix de ses œuvres en ventes publiques. L’intérêt s’est manifesté trois ans plus tard alors que l’exposition itinérante « CY Twombly, 50 années de dessins », faisait découvrir son travail tour à tour à Saint-Pétersbourg, à la Pinakothek de Munich et au centre Georges Pompidou de Paris avant d’achever son parcours à la Serpentine Gallery de Londres. Cette actualité culturelle eut un impact immédiat sur sa cote : il réalisait son plus gros produit des ventes avec plus de 17 millions de dollars en 2004 … L’année suivante, son produit des ventes augmentait encore de plus de 4 millions de dollars. L’enchère record de l’artiste culminait alors 7,7 millions de dollars pour une technique mixte sans titre de 1968. L’œuvre fut dispersée en novembre 2005 chez Sotheby’s NY et signait la 28ème enchère millionnaire de l’artiste. Si l’artiste a profité de l’envolée des prix entre 2006 et 2008 (+27% de son indices des prix) afin de gonfler son chiffre d’affaires (plus de 21m$ réalisés en 2008), il ne signera son record qu’en 2010 lors de la vente d’art contemporain et d’après guerre de Sotheby’s New York le 11 mai. Adjugé 13,5m$, l’œuvre Unititled date de 1967, ses toiles les plus recherchées ont toujours été celles produites à la fin des années 1960.
Au début des années 90, quelques toiles de la fin des années 60 étaient abordables autour de 50 000 dollars. Depuis la fin des années 90, elles ne changent plus de mains à moins de 100 000 dollars. Les œuvres moins bien datées ont aussi bénéficié de la hausse des prix et la dernière toile acquise pour moins de 100 000 dollars fut adjugée en juin 2003 chez Sotheby’s Londres. Il s’agissait de Roman Notes, une huile de 1970 vendue 60 000 livres sterling (99 600 dollars).

A l’heure actuelle, les toiles d’une cinquantaine de centimètres s’échangent entre 150 000 et 600 000 dollars en moyenne, toutes époques de création confondues. Pour un budget de moins de 50 000 dollars, l’amateur devra se contenter d’un dessin comme le petit Apollo au feutre (16×23 cm) de 1963 dispersé pour 10 000 euros à Munich chez Ketterer Kunst le 12 juin 2007 après avoir été proposé le 28 nov. 2006 à Paris sans succès (Piasa). Ou encore Reflection, une œuvre vendue 34 000 dollars (86,4×67,3 cm) le 18 mai 2007 à New-York (Phillips, de Pury & Company). Cette même Reflection était adjugée 5 800 livres sterling quatre ans auparavant (environ 9 600 dollars, Christie’s Londres, 23 juin 2003).
Le 2 juillet 2008 chez Sotheby’s Londres, la toile Untitled de 1965 fut adjugée 164 411 € elle mesure 17,7×23,7 cm, c’est la dernière toile passée sur le second marché à moins de 200 000 €.

S’il s’échange moins d’une dizaine de toiles par an de l’artiste, les amateurs pourront trouver en salles des ventes de nombreux dessins et aquarelles sur papier qui s’échangent en moyenne moins de 35 000 €. L’enchère la plus élevée pour un dessin de l’artiste dépasse tout de même les 3 m$ (3,7 m$, Untitled, Sotheby’s New York 17/11/1999).
La valeur de ses estampes suit la tendance haussière. Comptez en moyenne 15 000$ pour une œuvre multiple. Certains collectionneurs sont même prêts à débourser plus de 200 000 dollars pour des lots de 6 lithographies de sa série Sketches ou de sa série Roman Notes tirée à 100 exemplaires !

Installé depuis 1959 en Italie, il est resté très apprécié de ses concitoyens américains, où il réalise 71% de son chiffre d’affaires, cependant 39% des lots sont vendus sur le sol européen (période 1997-2010). Twombly séduit aussi en France, en 2010 il se vendait chez Christie’s Paris un dessin de 50cm² pour 440 000 euros (586 608 $), les critiques d’art y retrouvent des affinités avec la culture européenne. En 2006, la fondation Lambert lui rendait hommage à Avignon dans une exposition qui fit date : une femme déposait un baiser sur une toile de l’artiste, endommageant l’œuvre, une passion dont l’empreinte fit beaucoup de remous. Cette année, la même collection Lambert expose ses clichés d’artistes jusqu’au 2 octobre 2011. En parallèle de son exposition avignonnaise Le Temps retrouvé, Cy Twombly est aussi le commissaire d’une exposition associant ses propres œuvres aux portraits javellisés et installations vidéo de Douglas GORDON et Miquel BARCELO.
Les toiles de l’artiste se retrouveront à la fin de l’année aux côtés des deux maîtres impressionnistes Turner et Monet au Moderna Museet de Stockholm (8 octobre 2011 – 15 janvier 2012, à Staatsgalerie Stuttgart en Allemagne (11 février – 28 mai 2012) et enfin à la Tate Liverpool (22 juin – 28 octobre 2012), dans ce qui promet d’être une des nombreuses expositions posthumes de l’artiste.

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