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Christie’s Paris. Les dernières tendances

[11/12/2018]

Dans un contexte parisien électrique dû aux manifestations, les salles d’expositions de Christie’s ont été fermées le week-end précédant les vacations d’art contemporain des 4 et 5 décembre. Le bilan des deux jours de ventes est néanmoins positif.

Christie’s ne craint pas la densité : plus de 250 œuvres contemporaines ont été soumises aux enchérisseurs les 4 et 5 décembre, une offre résolument internationale qui a permis de générer 24 millions d’euros au total. La vente du soir organisée le 4 décembre fut une belle réussite, avec 15,2 millions d’euros d’oeuvres vendues, deux œuvres ravalées seulement et des résultats millionnaires pour les grands peintres abstraits Pierre soulages et Zao Wou ki. Avec plus de 220 lots et 8,4 millions d’euros, la vente de jour du lendemain prouve que Paris s’impose résolument comme une place de marché internationale. La liste des artistes mis en vente n’a rien à envier à une vacation londonienne, avec la britannique Tacita Dean en couverture de catalogue, la présence des grands artistes italiens Alighiero Boetti, Lucio Fontana ou Piero Manzoni, du brésilien Gabriel Orozco, des américains Marc Quinn, Sam Gilliam ou Peter Halley, des Belges Wim Delvoye et Hans Op de Beeck, de l’espagnol Manolo VALDÉS, dont une œuvre signe par ailleurs l’un des meilleurs coups de marteau de la vente de jour, avec 125 000 euros pour l’huile sur toile de jute La fortuna (Rubens como Pretexto).

Certes, des déconvenues sont à signaler, certaines plus importantes que d’autres : un chef-d’oeuvre de Hartung et une oeuvre de Giuseppe Penone ravalés, tandis que l’œuvre la plus cotée du 5 décembre subissait le même sort. Il s’agit d’une superbe toile matiériste d’Antoni Tapiès peinte en 1985, Contorn negre sobre fusta, pour laquelle Christie’s espérait jusqu’à 250 000 euros. Mais d’autres résultats, positifs cette fois, donnent la véritable tendance. Christie’s a en effet obtenu de très bons prix pour les artistes allemands et suisses. L’un des plus beaux coups de marteau de la vente de jour est tombé pour un tondo peint de deux mètres de Katharina GROSSE, vendu pour 115 000 euros ; plusieurs dessins de Georg Baselitz se sont bien vendus, dont Head with glass parti au double de son estimation (40 000 euros). Surtout, Christie’s vient de signer le nouveau record mondial de l’artiste Suisse Markus RAETZ, avec Hasenspiegel, une sculpture composée de miroir et de fil de fer, qui s’est envolée pour 340 000 € (soit 385 000 $), quatre fois au-dessus des meilleures prévisions. Un autre résultat explosif attendait Markus Raetz le lendemain, avec 295 500 euros déboursés pour sa sculpture Moulage (six exemplaires) préalablement estimée entre 40 000 et 60 000 euros.

La vente comprenait d’autres contemporains suisses et allemands de premier plan avec des œuvres plus abordables, parmi lesquelles un petit travail à l’huile sur photographie de Gerhard Richter (vendu 37 500 euros, 27.9.94, 12,5 x 17,5 cm), une sculpture en bronze de Stephan Balkenhol (vendue 5 000 euros, Stehender Nackter Mann) et un dessin de deux mètres de Silvia BÄCHLI, lauréate du prix du dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain en 2007 (Linien 8, vendue pour moins de 14 000 euros). Outre une offre résolument internationale, l’autre qualité des ventes parisiennes tient aussi dans les œuvres abordables d’artistes confirmés inclues au catalogue.

La scène française

Côté scène française, Pierre Soulages emporte la palme de ces ventes avec deux toiles respectivement vendues pour 2,1 et 1,3 millions d’euros. Les représentants de la Figuration Libre et de la Figuration Narrative ont aussi agité les enchères : plusieurs œuvres de Robert COMBAS – dont l’indice de prix a augmenté de +480% depuis 2000 – sont parties dans leurs estimations hautes, tandis que deux toiles de François Boisrond ont excédé de 10 000 euros leurs estimations. Confirmation cette tendance, une toile de Erro (Looney Tunes) est achetée 15 000 euros contre une estimation de 12 000 euros. Des Oeuvres de Martial Raysse, Ben, Raynaud, César, Arman étaient également présentées, mais surtout de François MORELLET dont la cote est véritablement explosive (+1 150% depuis 2000) et de Boltanski, un artiste qui n’a pas encore percé sur le marché des enchères à hauteur de la densité de son travail et de sa notoriété. Les enchères demeurent timides pour Boltanski qui n’a encore jamais passé le seuil des 100 000 euros en France. Les collectionneurs français achètent des artistes internationaux et affichent des collections diversifiées, mais ne soutiennent pas toujours leurs compatriotes à hauteur de leur mérite. Une œuvre d’Annette Messager a d’ailleurs été ravalée la semaine dernière…

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