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Christie’s, les jeux sont ouverts à Shanghai

[01/10/2013]

 

Dans la course mondiale que se livrent les maisons de ventes les plus puissantes, Christie’s vient de gagner une étape avec sa première vente shanghaïenne.

Christie’s a été fondée en 1766 et s’est d’emblée spécialisée dans les ventes d’art des XVIIIème et XIXème siècles. Elle a d’abord contribué, avec Sotheby’s, à faire de Londres la première place de marché européenne. Après Londres, elle ouvre une succursale à New York, le 5 décembre 1977.

Désormais, la Chine est aussi importante que New York dans la stratégie de développement des maisons de ventes. Sotheby’s fut la première à s’implanter sur place, en septembre 2012, dans le cadre d’un accord de joint venture avec Beijing Gehua Cultural Development Group (fondation de Sotheby’s (Pékin) Auction Co. Ltd). Le 27 septembre 2012, Sotheby’s frappe donc pour la première fois le marteau à Pékin après 17 années de tentatives infructueuses. Ainsi, malgré des taxes élevées sur le marché de l’art en Chine et des lois protectionniste vis-à-vis des sociétés étrangères, Sotheby’s devenait la seule maison de ventes à bénéficier du port-franc établi dans la zone de libre-échange de Tianzhu, ce qui lui offre d’excellentes opportunités sur place. Désormais, Christie’s est dans la course, et ce de façon autonome. Jusqu’alors (et depuis 2005), elle frappait le marteau depuis plusieurs années à Hong Kong et sous-traitait ses enchères en Chine continentale à un partenaire chinois. Il s’agit là d’une première dans l’histoire du marché et un signe fort d’ouverture de la part de la Chine continentale.

Les deux mastodontes du marché font le choix de la mixité afin de s’attirer les faveurs d’un large panel d’amateurs (vins, antiquités, art asiatique et art occidental) sur ce terrain. Ils testent pour l’instant le marché et amènent doucement les acheteurs asiatiques aux signatures occidentales. Ainsi, en décembre 2012, Sotheby’s donnait une vente à Hong Kong mixant quelques artistes français à une sélection d’artistes asiatiques (une Table d’Or d’Yves KLEIN vendue l’équivalent de 23 000 $ et une table sculpture Ginkgo Biloba de Claude LALANNE, vendue l’équivalent de 116 000 $).

Pour sa première vente à Shanghai, Christie’s a misé sur l’éclectisme en présentant 42 lots, dont des bijoux, du vin et une brève sélection de la fine fleur de l’art asiatique contemporain et occidental moderne ou d’après-guerre. Parmi ces dernières, une nature morte datée de 1963 du peintre italien Giorgio MORANDI (estimation 895 400 $ – 1 269 840 $) n’a pas trouvé son public sur place, mais une petite huile sur panneau de Pablo PICASSO réalise un très bon score (Homme assis [1969], 56,6 x 28,7 cm, estimation 732 600 $ – 1 009 360 $, vendu 1,9 m$ frais inclus). Plus surprenant, un élégant mobile noir d’Alexander CALDER est parti dans sa fourchette d’estimation (Black: 2-2-6, estimé 1 m$ – 1,56 m$ et payé 1,589 m$ frais inclus). Andy WARHOL, signature désormais aussi indispensable que celle de Picasso pour toute vente se voulant prestigieuse, était lui aussi représenté avec une toile représentant des chaussures aux couleurs Pop et agrémentée de poussière de diamant (Diamond Dust Shoes, estimation 618 640 $ – 814 000 $). Le sujet et l’estimation constituait un double pari pour Christie’s car le record de Warhol en Asie fut emportée par la série complète des portraits de Mao pour une adjudication équivalente à 706 200 $ (Mao [1972], Christie’s, Hong Kong, 29 mai 2010). Diamond Dust shoes a bien tenu les enchères et change de mains pour plus de 797 000 $ frais inclus. Le marché chinois se réveille pour les stars de l’art occidental tout en restant loin, bien loin des sommets atteints en Occident. N’oublions pas que Warhol culmine à 64 m$ hors frais depuis 2007 Green Car Crash (Green Burning Car I) [1963], soit 71,72 m$ frais inclus, Christie’s, New York, 16 mai 2007).

Les lots phares de ce 26 septembre 2013 n’étaient pas les signatures occidentales mais asiatiques. Ainsi, Bicycle de ZENG Fanzhi, l’artiste chinois le plus coté du moment, est payée l’équivalent de 1,549 m$ avec les frais (estimation 944 240 $ – 1 432 640 $), Fatman de I Nyoman MASRIADI explose son estimation et part à plus de 757 000 $ frais inclus (estimation 214 556 $ – 264 069 $), quant à l’ensemble de sculptures signé SUI Jianguo, qui détourne les codes culturels occidentaux et chinois, celui-ci flirte avec les 2 m$ frais inclus (Clothes Veins Study Series, plus de 1,985 m$ ; estimation 1 650 429 $ – 2 475 644 $).

La Chine est un marché neuf porté par Poly International Auction, qui fête sa 8ème année et qui affiche une croissance spectaculaire. La 2ème maison de ventes chinoise est China Guardian Auctions, créée en 1993. En 2012, ces deux leaders dégageaient un produit de ventes de 1,052 Md$ pour les seules oeuvres d’art. La prochaine révolution du marché chinois pourrait passer par l’expansion des ventes privées. Ce service n’était pas autorisé en raison des restrictions légales sur les ventes aux enchères et les maisons de ventes chinoises organisaient toutefois quelques transactions en toute confidentialité avant la mise en place du service VIP de Poly International.

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