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Cette semaine sur le marché de l’art

[14/02/2012]

 

L’ouverture de l’ARCO Madrid, les ventes impressionnistes et modernes de Londres, le décès d’Antoni Tàpies et Mike Kelley : Artprice fait le point sur l’actualité du marché de l’art de ces derniers jours.

Ventes impressionnistes et modernes
Après l’annonce d’une année 2011 exceptionnelle en terme d’enchères (11,57 M$ de produit de ventes annuel, soit 2 M$ de plus qu’en 2010) et des intentions d’achats fortes (AMCI d’Artprice également en hausse), les acteurs du marché de l’art sont définitivement rassurés par le résultat des grandes ventes impressionnistes et modernes de Londres. Christie’s (le 7 février, résultat de 125,4 m£, 90 lots présentés, 13 % d’invendus) et Sotheby’s (le 8 février, résultat de 69,2 m£, 53 lots présentés, 22,6 % d’invendus) qui attendaient au minimum 164 m£ de leurs ventes de prestige les 7 et 8 février, affichent en effet un résultat de 203,4 m£, en progression de +28 % par rapport à ces mêmes performances en 2011.
Parmi les nouveaux records consignés à l’issue de ces deux jours, les nominés sont : Henry MOORE avec le superbe bronze Reclining Figure : Festival, adjugé 17 m£ (26,8 m$) et triplant allègrement son estimation haute ; Joan MIRO avec pour pièce muséale un rarissime tableau-poème au titre surréaliste (Le corps de ma brune puisque je l’aime comme ma chatte habillée en vert salade comme de la grêle c’est pareil), finalement adjugé 15 m£ (23,5 m$, Christie’s) après une belle bataille d’enchères (estimation initiale entre 6 et 9 m£) et Robert DELAUNAY avec la plus belle Tour Eiffel (1926) de l’artiste jamais parue en salle, une toile aux contrastes simultanés particulièrement dynamiques, vendue 3,3 m£, 800 000 £ au-dessus de son estimation haute (Christie’s, 5,2 m$ ).

L’Espagne accueille l’art contemporain cette semaine avec l’ARCO, Art Madrid et JustMad
L’Espagne est depuis longtemps reléguée à un rôle de figurant sur le marché de l’art mais cette semaine Madrid devient la capitale du marché de l’art alors que se tient du 15 au 19 février 2012 la foire ARCO Madrid. La plus importante foire en Espagne, tant par le nombre d’exposants (160 galeries venues de 28 pays) que par le nombre de visiteurs (150 000 en 2011), l’ARCO célèbre cette année sa 31ème édition. Deux autres foires satellites offrent une alternative aux collectionneurs d’art avec la 7ème édition de Art Madrid (58 galeries investiront le Pavillion Crystal du 16 au 19 février) et la troisième édition de JustMad.
Si les artistes espagnols ont encore la cote sur le marché de l’art, Pablo PICASSO arrive à la 4ème place des artistes les plus cotés et Miquel BARCELO est dans les 10 artistes contemporains les plus cotés (9ème), l’Espagne est cependant, en 2011, la 20ème place de marché du monde dépassée notamment par l’Afrique Du Sud, Singapour ou encore même la Turquie.
L’Espagne représente moins de 0,3% des ventes publiques dans le monde et sur les 15 000 lots qui sont passés aux enchères en 2011 dans la péninsule ibérique, pas un seul n’a dépassé les 380 000$ !
En 2001, alors que l’ARCO fêtait ses 20 ans, Madrid était la 12ème place de marché mondiale, la semaine qui s’ouvre espère bien remettre l’Espagne sur le planisphère du marché de l’art.

Bye Bye Kelley
L’artiste américain Mike KELLEY s’est éteint le 31 janvier dernier à l’âge de 57 ans.
Moins connu pour ses vidéos (seulement trois sont passées en salles des ventes) que pour ses installations, peintures ou photos, ce jeune californien aura marqué la scène contemporaine américaine où il a obtenu une reconnaissance légitime (le Whitney Museum de New-York lui a consacré une rétrospective en 1993) et internationale (la Tate Liverpool lui consacre une rétrospective en 2004, tout comme le Musée du Louvre en 2006).
Sa notoriété se mesure également en salles des ventes. Très convoité, son indice des prix s’envolait de 272,58% entre 2003 et 2008. Il signait d’ailleurs sa plus belle enchère pour l’installation «Deodorized Central Mass with Satellites» qui s’arrachait à 2,7 m$ chez Phillips de Pury, New-York le 26 novembre 2006.
Son second marché s’est récemment accéléré avec la vente, entre mai et novembre 2011, de trois œuvres chacune composée de plusieurs cibachromes qui s’envolaient au-delà des 700 000 $, faisant exploser son indice des prix de 453,68% entre 2010 et 2011.
Si 91% de son produit des ventes est généré sur le sol américain, avec 79% des transactions, le Royaume-Uni et l’Allemagne se partagent 16% des transactions (respectivement 13% et 3%).

Antony Tàpies – Réinventer la matière
Le 6 février 2012 marque la disparition du peintre et sculpteur Antoni TAPIES, l’une des plus grandes figures de l’art du 20ème siècle. Né en 1923 à Barcelone, il acquiert une renommée internationale dès la fin des années 50. Exposée dans les plus grands musées du monde, l’œuvre de Tapies a été associée à d’autres grands noms comme Joan Miro et Salvador DALI, eux aussi catalans, et au mouvement surréaliste.
Il est l’un des premiers artistes à donner ses lettres de noblesse à l’utilisation de matériaux dis «pauvres» ; bien avant la notion d’Arte Povera. Egalement citoyen engagé, il avait pris part, dans les années 60, à la résistance contre la dictature de Francisco Franco.
Le marché de l’art met l’artiste à l’honneur dès la fin des années 80 avec des adjudications dépassant les 100 000 $. Christie’s Londres signe, en février 2010, la plus belle enchère de l’artiste avec 850 000 £ (1,3 m $) pour l’œuvre Blanc amb signe vermellós (White with Reddish Sign).
Les résultats d’adjudications, pour un artiste de cette envergure, restent accessibles avec 90% d’adjudications inférieures à 27 000 $ entre 1997 et 2011. Les prochaines ventes à venir réservent, sans doute, de nouveaux records.

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