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Ce qui est grand est cher

[13/01/2015]

 

La grandeur a quelque chose de fascinant, que l’Art a toujours cherché à utiliser. De «  Lascaux » à la « Tapisserie de la reine Mathilde », du « David » de Michel Ange aux pyramides d’Egypte, force est de constater que l’homme s’émerveille devant ce qui le domine et le dépasse. Aujourd’hui encore nombre d’œuvres arborent des proportions édifiantes qui ne laissent jamais de marbre et pour lesquels les collectionneurs sont prêts à débourser des sommes colossales.

1. Des sculptures monstrueuses
La sculpture se plaît, certainement plus facilement que tout autre médium, à laisser grandir ses formes au-delà du raisonnable, jusqu’à se confondre ou quasiment avec des œuvres architecturales. Le travail d’Alexander CALDER est un exemple particulièrement connu, dont les immenses pièces et mobiles sont disséminés aux quatre coins du monde, de Paris à New York. Mais ses monstres d’acier ne font pas tous partie de notre patrimoine public et certains s’invitent de temps en temps aux enchères. Parmi les pièces les plus spectaculaires passées en ventes publiques  : la sculpture « Flying Dragon » (1975), immense tôle de 17m de long (6m de large et 9m de haut), adjugée le 10 mai 2006 chez Sotheby’s New York pour 5 millions de dollars.

Bien d’autres artistes phares du XXème siècle se sont plus à décupler la taille de leurs œuvres. Ainsi Louise BOURGEOIS réalisa en 1968 une version de plus de 6 mètres sur 6m, et 3m de haut, de sa sempiternelle araignée. Cette gigantesque « Spider » atteignit un prix au marteau de 9,5 millions $ le 8 novembre 2011 chez Christie’s New York. Cette enchère reste à ce jour la plus élevée pour l’artiste franco-américaine. Les records de Richard SERRA ou de CÉSAR (pour ne citer qu’eux) sont eux-aussi tombés lors de ventes d’œuvres de plus de 5m.

2. Les provocateurs
Ce qui est très grand est toujours quelque part un peu extravagant, et l’on ne peu que difficilement passer à côté. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de trouver de très grandes œuvres chez ceux qui se plaisent à défrayer la chronique. A commencer par Jeff KOONS. On se souvient de son record historique à 52 millions de dollars (prix d’adjudication) en novembre 2013 pour un immense « Balloon Dog orange » de 3m de haut. Damien HIRST aime, on le sait, lui aussi le faste et son oeuvre intitulée « Eternity », qui mesure plus de 2m sur 5m, fut vendue chez Phillips Londres le 13 octobre 2007 pour 8,5 millions $. Un autre provocateur : Takashi MURAKAMI, dont la toile nommée « Nirvana » (2001), frappée le 10/05/2006 à 1 000 000 $ chez Sotheby’s NY, mesure 5,6m sur 2,8m.

Maurizio CATTELAN s’est essayé lui-aussi à l’art de la démesure, avec par exemple « Stadium » (1990) : un babby-foot de 7m de long. Enfin, citons Yayoi KUSAMA et sa peinture « Infinity-Nets WHXOTLO » (2006) de 2m de haut, mais courant sur 10 mètres.

3. L’utilisation du grand format par le Pop Art
Si de tout temps et en tout lieu les artistes ont entrepris des œuvres imposantes, le Pop Art a démythifié le très grand format. C’est le cas d’Andy WARHOL, bien sûr, dont l’oeuvre « Detail of the Last Supper » (1986) rassemble, côte à côte et jusqu’à outrance, 112 fois la même image du Christ. La pièce fut adjugée 8,5 m$ chez Sotheby’s NY le 14 mai 2008.
Roy LICHTENSTEIN ou Keith HARING nous ont habitué eux aussi aux toiles monumentales, réalisant parfois (et assez naturellement) d’immenses fresques. Enfin, doit-on rappeler que Jean-Michel BASQUIAT est entré dans le monde de la peinture par le graffiti ?

4. Les jeunes artistes
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes artistes montrent qu’ils ont assimilé leur enseignement. C’est le cas par exemple de l’américaine Julie MEHRETU, née en 1970 en Ethiopie. La fresque commanditée par la banque Goldman Sachs, et retraçant l’histoire du capitalisme, s’étale sur plus de 24 mètres de long pour 7m de haut ; tandis que son record aux enchères publiques fut établi en mai 2013 avec une toile de 2,6 m sur 5,3m, mise en vente chez Christie’s NY, atteignant un prix au marteau de 4 000 000$.

Et puis il y a cette attraction de l’artiste suisse Urs FISCHER (1973), « Lamp Bear », que l’on a pu croiser sur le parvis du Seagram Bulding à New York ou dans l’aéroport de Doha, ourson jaune de 7 m de haut adossé à une lampe, formidable elle-aussi. Quand l’un des deux exemplaires de cette oeuvre passa en vente publique à New York chez Christie’s le 11 mai 2011, elle fut adjugée 6 millions de dollars, multipliant presque par 10 fois le précédent record de l’artiste.

Ainsi on observe que les œuvres gigantesques font souvent sensation en ventes publiques où elles atteignent des prix records. Toutefois, elles ne peuvent devenir véritablement communes mais se doivent de rester exceptionnelles.

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