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Biennale de Venise 2019. Le choix américain

[21/08/2018]

L’artiste Martin Puryear va représenter les Etats-Unis à Venise

Après de long mois d’attente, le nom de l’artiste élu pour représenter les Etats-Unis à l’occasion de la 58ème Biennale de Venise (11 mai- 24 novembre 2019), a été dévoilé il y a quelques jours. Il s’agit du sculpteur afro-américain Martin PURYEAR, 77 ans, dont 40 de carrière artistique derrière lui. L’artiste a été sélectionné par Brooke Kamin Rapaport, curateur du pavillon américain pour la Biennale et directeur adjoint du Madison Square Park Conservancy, une organisation en charge de la programmation artistique du square Madison à New York, connue pour lier des œuvres en plein air à l’environnement naturel du parc. Fait notable, c’est ici la première fois qu’une institution spécialisée dans l’art public se voit chargée de l’organisation du pavillon américain de la Biennale.

Martin Puryear est a priori un sculpteur « classique », dans le sens où il travaille essentiellement le bois, la pierre et le métal, soient des matériaux traditionnels, patiemment sculptés selon des techniques elles-aussi traditionnelles. Sur le plan formel, ses œuvres sont élégantes et fortes d’un dynamisme jouant avec l’espace environnant. Elles sont souvent qualifiées de Post-minimalistes, tout en révélant souvent une sensibilité biomorphique. Sur le fond, ses sculptures convoquent une multiplicité de références, pour examiner des questions essentiellement liées à l’identité et à la culture.

Le travail de Martin Puryear est acclamé aux Etats-Unis depuis longtemps déjà. Ses œuvres ont été exposées sur trois éditions de la Biennale de Whitney, en 1979, 1981 et en 1989, année où l’artiste a reçu une bourse de la Fondation MacArthur. Plus récemment, en 2007-2008, Martin Puryear à bénéficié d’une rétrospective au Museum of Modern Art à New York, autour de 45 sculptures. Les œuvres qui seront exposées à Venise seront, a priori, toutes inédites, afin de s’adapter aux lieux. L’artiste a également prévu de s’impliquer dans des programmes de sensibilisation auprès des jeunes défavorisés, via à une collaboration entre le Studio in a School à New York et l’institut Santa Maria Della Pietà à Venise.

Après Mark Bradford en 2017, c’est la deuxième fois qu’un artiste afro-américain représente les Etats-Unis pour ce rendez-vous essentiel qu’est la Biennale de Venise. Le fait n’est pas anodin. Il relève d’une forte tendance de valorisation des artistes afro-américains constatés ces dernières années, notamment après l’élection de Barack Obama. L’ancien président américain, ainsi que son épouse, ont oeuvré pour mettre en valeur plusieurs artistes afro-américains. A l’époque, le couple avait remanié l’accrochage de la Maison Blanche pour y exposer des œuvres de Glenn Ligon, William Johnson ou encore Alma Thomas. Plus récemment, ils ont choisi deux artistes afro-américains: Kehinde Wiley et Amy Sherald pour réaliser leurs portraits officiels destinés à la National Portrait Gallery de Washington. En 2011, Barack Obama remettait la médaille nationale des arts et des sciences humaines à Martin Puryear. Trois ans après cette récompense, le sculpteur était honoré de sa première enchère millionnaire pour une sculpture sans titre en cèdre et en pin (Untitled, 1989, vendue 1,8m$ chez Christie’s NY, le 13 mai 2014).

L’artiste affiche donc une cote au beau-fixe, mais exclusivement sur le marché américain. Le coup de projecteur de la Biennale de Venise devrait élargir la demande auprès de collectionneurs étrangers, et le prix de ses sculptures pourraient encore grimper…

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