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Attractivité du marché hexagonal

[01/08/2017]

Place de marché hautement qualitative, la France peine à conserver la primeur dès lors qu’il s’agit de vendre au meilleur prix (le plus haut) les chefs-d’œuvre historiques de ses artistes nationaux, ceux-ci partant généralement se vendre dans les salles de Londres ou de New York. Mais depuis le début de l’année, une quinzaine d’œuvres majeures ont passé le seuil des 2 m$ dans des salles de ventes françaises, une réussite révélant à la fois le bon maillage de diffusion de l’information sur le territoire, et la puissante attractivité des catalogues de ventes français auprès des amateurs étrangers.

Le marché de l’art français reprend des couleurs, avec près de 315 m$ de résultat généré uniquement par la vente des œuvres d’art sur le premier trimestre 2017 (hors voitures de collection, mobilier, etc.), soit une hausse de 3,4% comparé au premier semestre 2016. Au jeu des enchères, une seule vacation bien orchestrée peut faire toute la différence. D’ailleurs, 20% du résultat français tient en deux importantes vacations opérées en mars puis en juin dernier par Christie’s et Sotheby’s à Paris : une vente triomphale réservée à la dispersion d’œuvres de Diego GIACOMETTI (1902-1985) (le frère d’Alberto) issues de la collection du célèbre couturier Hubert de Givenchy (Christie’s, le 6 mars, taux de réussite de 100%) ; et une vente réservée à la création contemporaine chez Sotheby’s, laquelle enregistrait un sommet absolu pour une vente de ce type dans la capitale française. Dégageant chacune plus de 32 millions d’euros, ces deux ventes témoignent d’une appétence particulière pour les artistes français majeurs des XIXème et XXème siècles, une tendance confirmée par de nouveaux records emportés pour Rodin, Claudel, Soulages et Zao Wou-ki.

Si le marché français se dispute les œuvres de Camille Claudel avec Londres et New York, la grande majorité des œuvres de cette artiste se trouvent encore naturellement sur le territoire français (63% des lots de Claudel sont vendus en France pour 34 % du produit de ventes mondial). Au cœur de ce vivier, certaines sculptures circulent dans une fourchette de prix moyenne de 10 000 à 30 000$, lorsque d’autres sont valorisées plusieurs millions. Le 11 juin dernier, l’un des sujets les plus convoités de Camille Claudel passait aux enchères chez une société de ventes provinciale, Rouillac au château d’Artigny, à Montbazon (dans l’Indre). L’apparition de La Valse aux enchères, l’une des sculptures les plus prisées dans la création du XIXème siècle, relevait d’une histoire telle que le marché les aime et telle que le territoire français est capable d’en produire encore régulièrement, l’œuvre ayant refait surface après une centaine d’année d’oubli dans une maison de famille de l’Oise. Vendue au double de l’estimation, la sculpture s’envolait pour 1,31 m$, signant un record pour ce sujet sur le territoire français. Ce nouveau record est aussi symbolique, puisqu’il fut emporté en province plutôt qu’à Paris.

Le développement du rayonnement international et la communication dématérialisée sont les facteurs clef pour que le marché français développe son attractivité et limite la fuite des ventes importantes sur d’autres territoires. Une société telle que Artcurial a bien saisi ces enjeux et parvient à enregistrer 70% d’acheteurs étrangers sur certaines ventes. Certains de ses résultats non d’ailleurs rien à envier à ceux qui pourraient advenir à New York, comme en témoigne la vente du marbre Andromède de Auguste RODIN (1840-1917), parti au triple de son estimation le 30 mai 2017, achevant sa course à 3,67 millions d’euros (4,099 m$, Artcurial, Paris).

Par ailleurs, la revalorisation, à l’échelle internationale, de la grande abstraction française du XXème siècle est une véritable chance pour l’éclat du marché de l’art en France. Que Pierre SOULAGES (1919), dont les œuvres sont demandées dans le monde entier, obtienne son record sur le sol français à plus de 6 millions prouve l’attractivité du marché français, ici face à Londres. Rappelons que l’indice des prix de Soulages est en hausse de 484% depuis 2000, et que l’artiste vivant français le plus coté de notre époque bénéficie du soutien de puissantes galeries, dont celle d’Emmanuel Perrotin.

Outre Soulages, de grands abstraits tels que Zao Wou-Ki, Nicolas de Staël, Jean-Paul Riopelle ou Simon Hantaï emportent quelques-uns des meilleurs coups de marteau des ventes parisiennes des derniers mois. Grande capitale de l’abstraction d’après-guerre, Paris multiplie les puissantes enchères sur ce segment de marché en pleine ébullition. La réussite de Soulages témoigne, comme celle de Zao Wou-ki, d’une vitalité et d’un pouvoir d’attraction particulier du marché français cette année. De plus, le Marché de l’Art français a d’autres ressources : des trésors enfouis d’art ancien ou moderne surgissent chaque année sur ce marché d’une rare densité, tandis que les sociétés de ventes imposent leur professionnalisme sur des segments de marché hyper-qualifiés et en plein émergence, comme la BD, l’Art Urbain ou de l’art africain contemporain, autant de secteurs sur lesquels les prix sont en forte hausse.

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