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Art Video

[04/10/2011]

 

Contrairement au marché de la photographie, les nouveaux media, dont la vidéo, ne bénéficient pas de vacations dédiées ni de départements spécialisés dans les sociétés de ventes aux enchères.
Considérées comme des pratiques artistiques émergentes, elles sont présentées à travers le monde via des festivals et des biennales, c’est-à-dire des événements curatés, mais elles n’ont pas encore trouvé leur modèle économique.
Sur le premier semestre de l’année 2011, le produit des ventes d’art contemporain a représenté 497 m€, dont 32 m€ pour la photographie (6,45%) et 4 m€ pour les autres nouveaux media (art vidéo, installations lumineuses et sonores). Ces deux marchés, qui n’ont pas le même âge, ne fonctionnent pas à la même vitesse.

Un marché d’initié
Les installations video et les œuvres multimedia ne sont pas des œuvres classiques car elles demandent une mise en œuvre et une gestion bien particulières. Comme la technologie évolue, l’obsolescence fait partie intégrante de ces œuvres. Même s’il est toujours possible pour la video d’être transférée d’un support à un autre (sous le contrôle de l’artiste), les problématiques liées à la présentation, à la conservation, les questions de l’original et de la reproduction sont perçues comme autant de contraintes dont ne se libèrent que quelques initiés, enclins à collectionner la video avec assiduité.
Si les résistances de ce marché sont encore fortes, il existe bien quelques contre-exemples et alternatives. Citons à ce titre les performances réalisées en salles de ventes par des artistes à forte notoriété tels que Bill VIOLA, Nam June PAIK, Felix GONZALEZ-TORRES ou Mike KELLEY.
Le grand précurseur de l’art video, Nam June Paik qui entreprend des expériences de distorsions de l’image avec des aimants dès 1959, a vu sa légitimité historique récemment récompensée par des records d’enchères.
Mai 2007 fut un mois fort pour l’art video puisque Paik signait un record, quatre jours avant celui de Wolf VOSTELL. Christie’s Hong Kong dispersait alors une installation télévisuelle de Nam June Paik, intitulée Wright Brothers, qui culminait à 4,2 mHK$, soit 540 000 $ ou 364 000 €. Paik, qui détient le record mondial de l’art video, fut presque détrôné le 11 mai 2011 par l’installation Preparing the flute de William KENTRIDGE, vendue 500 000 $ (348 400 €) chez Sotheby’s New York.

Belle percée des artistes asiatiques
Bien que l’offre soit mince, les récents succès de quelques signatures imposent petit à petit le genre sur le second marché.
On note aussi qu’en video plus qu’en photo, les plus belles révélations aux enchères sont le fait d’artistes asiatiques. Si l’on se penche en effet sur les quinze artistes les plus performants aux enchères avec des œuvres video et lumineuses cette année (juillet 2010-juin 2011) le tiers des artistes sont asiatiques, grâce aux enchères du Japonais Tatsuo MIYAJIMA (T.L. Sakura, près de 232 000 € le 27 novembre 2010 chez Christie’s Hong Kong, record cette année), des Chinois LI Hui (Ark No.2, 162 460 € chez Christie’s Hong Kong le 25 mai 2008), QIU Zhijie (Writing the orchid pavilion preface one thousand times, 135 000 €, Christie’s Hong Kong le 29 mai 2011, record cette année) et CHEN Zhen (avec l’installation lumineuse Lumière innocente vendue 125 000 € chez Sotheby’s New York le 11 mai 2011), du Coréen Lee Nam LEE (installation video Crossover Georges Pierre Seurat par exemple, cédée près de 36 000 € chez Christie’s Hong Kong le 29 mai 2011).

La collection d’art video et d’œuvres interactives étant intrinsèquement liée aux évolutions technologiques, à leur assimilation dans notre vie quotidienne et aux transformations qu’elles opèrent dans nos mentalités, ce marché dépend d’une révolution des mœurs qui passe par une relation plus spirituelle et moins matérielle à l’œuvre d’art.
A l’aube de l’histoire d’Internet et des réseaux sociaux, les video et les œuvres interactives ont un avenir radieux… et la dématérialisation de l’œuvre d’art peut participer à révolutionner l’économie de l’art de demain.

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