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Art Basel débarque à Hong Kong.

[30/05/2013]

 

La première édition de Art Basel Hong Kong se termine sur un très beau succès public (60 000 visiteurs) et marchands. Prenant la relève de la foire d’ArtHK, rachetée par le groupe MCH l’année dernière, la foire arborait cette année un nouveau nom, de nouvelles couleurs et beaucoup d’espoir.

Troisième née de l’empire Art Basel, après Bâle et Miami, la foire s’installait en grande pompe à Hong Kong. 245 galeries, représentant 35 pays, étaient venues tenter leurs chances dans ce nouvel Eldorado du marché de l’art. Rappelons qu’en 2010, la Chine devenait la première place d’échange d’œuvres d’art aux enchères, et Hong Kong, avec sa législation fiscale avantageuse, s’est vite imposée comme le nouveau centre névralgique du marché de l’art contemporain à l’Est.

Ancrée sur l’Asie, la foire était fière d’annoncer que la moitié des galeries y étaient implantées. Petite nuance très linguistique, cette liste incluait les galeries Gagosian, Lehmann Maupin, Simon Lee, Perrotin, Ben Brown (qui possède un espace à Hong Kong après s’être fait un nom ailleurs), Blum & Poe (qui ouvre prochainement un espace à Tokyo après avoir conquis les USA), Continua à Beijing, San Gimignano et bien d’autres galeries ayant été tentées par l’expérience Asiatique.
Seule la vue sur la baie de Hong Kong et la clientèle bien plus asiatique permet d’ailleurs de différencier les allées de la foire Art Basel HK de celles de Art Basel Miami, de la FIAC ou de la FRIEZE.

Cette normalisation du marché de l’art par les grandes galeries, mais aussi par les grands artistes (des œuvres de Marina ABRAMOVIĆ étaient présentes sur plus de cinq stands, tout comme celles d’Anish KAPOOR), rendait donc la visite de la foire un peu prévisible, et ce dès le premier étage.

La galerie suisse Hauser & Wirth offrait un stand très reluisant. En effet, un miroir tacheté de Bindi de Bharti KHER faisait face à une installation d’ustensiles de cuisine en métal de son compatriote Subodh GUPTA, œuvre qui faisait elle-même face aux sculptures provocantes en argent de Matthew Day JACKSON (un chien urinant) ou de Paul MCCARTHY (un nain de jardin équipé d’un vibromasseur).

De l’autre côté de l’allée, la galerie White Cube ouvrait son stand sur une énorme photographie (4 m) de Jeff WALL, seulement le troisième photographe contemporain à rejoindre le club très fermé des artistes ayant obtenu une enchère millionnaire (avec Gursky et Shermann). À l’intérieur du stand, la part belle était faite aux œuvres qui avaient été montrées tout au long de l’année dans l’espace de la galerie à Hong Kong : les nouvelles œuvres de Damien HIRST (Spin Paintings Nouvelle Génération, Lames de Rasoirs et Autres Insectes) ou celles du Chinois ZHANG Huan.

Chez Thaddeus Ropac, un gigantesque GILBERT & GEORGE (plus de 4 m de long) s’observait à travers le très brillant mobile de l’artiste coréen Bul LEE. Un des rares artistes français représentés sur la foire, Jules DE BALINCOURT, était aussi présent sur le stand de la galerie autrichienne.

Artiste très présent, à la fois dans des maisons telles que Gagosian et Spruth Magerts, George CONDO l’était encore plus chez Simon Lee, récemment installée à Hong Kong, avec un bronze et une toile. La galerie londonienne proposait également une série de toile monochrome de Sherrie LEVINE.

Présence également appuyée de Marina ABRAMOVIĆ, dont les différents portraits juchaient les stands de Gladstone, Kissinger, la Lisson et Sean Kelly, accompagnés d’œuvres de Idris KHAN en abondance. Abondance, car si ce jeu de Memory était généralement assez étalé sur la foire (la même œuvre de Sophie CALLE chez Arndt et Perrotin mais chacune sur un étage différent), les œuvres de Idris Khan s’affichaient en face à face sur le stand voisin de Yvon Lambert, très réussi malgré ce petit faux pas, grâce à deux installations magnifiques de Shilpa GUPTA côtoyant des clichés lumineux de Candida HÖFER. Source de lumière aussi chez PKM : la galerie coréenne avait en effet décidé d’exposer un grand nombre d’œuvres de Olafur ELIASSON.

La galerie ShangART recentrait le propos sur l’Asie avec la présence d’une installation vidéo de HU Jieming, ainsi qu’une sculpture monumentale en papier de Sun Xun.

Quelques mètres plus loin, retour vers une proposition très global avec le stand superlatif de la galerie Gagosian : un grand Zhang Fenzhi (récemment exposé à l’espace de Hong Kong), un énorme Basquiat (exposé en ce moment à Hong Kong), un gigantesque Condo, un monumentale Murakami (exposé en novembre dernier ici), un énorme Baselitz, un impressionnant Gursky (exposé en mai dernier à Hong Kong pour ouvrir la galerie), et quelques touts petits Picasso.

La galerie Pace a quant à elle choisit Pékin plutôt que Hong Kong pour sa nouvelle implantation, avec une exposition à succès en décembre dernier de l’artiste ZHANG Xiaogang, l’un des artistes les plus recherchés. C’était donc l’occasion d’exposer à Hong Kong des peintures et sculptures de l’artiste contemporain chinois le plus cher du marché.

La galerie américaine Marian Goodman reste une des rares galeries internationales à ne pas avoir fait le pas vers l’Asie. Elle proposait néanmoins un stand magnifique riche d’un dessin mural gigantesque (plus de 6 m de long) de Julie MEHRETU et une installation vidéo sur chevalet de William KENTRIDGE, sans oublier 16 panneaux imprimés de l’artiste vivant le plus cher du monde : Gerhard RICHTER.

Chez Zwirner, le Français Adel ABDESSEMED (qui avait déjà fait parler de lui cette année avec le coup de boule de Zidane) proposait une sculpture en plastique d’un cheval pas vraiment content, entouré de dessins.

Le stand de la Lisson avait soit tout volé aux autres, soit dévoilé un peu trop tôt ses artistes, puisqu’on retrouvait Abramovic, Kapoor, mais aussi AI Weiwei (présent aussi chez Urs Meile) et Jason MARTIN (Pearl Lam).

Nouvelle venue à Hong Kong dans le célèbre Pedder Building (hôte de Gagosian, Ben Brown, Simon Lee…), Lehman Maupin présentait une très belle armoire toute en transparence de Do Ho SUH face à un très vilain Iwamoto MASAKAZU. La galerie présentait également un néon signé Tracey EMIN qui supplantait une série de dessin.

La Kukje serait-elle en train de devenir la galerie Gagosian de l’Asie ? Dans tous les cas, la liste des artistes qu’elle représente ressemble à une « dream team » du marché de l’art contemporain et, son stand à Art Basel HK n’était pas avare en pièces majeures de Bill VIOLA, Othoniel, Kapoor, Ghada AMER, Retle, et même Basquiat.

Le stand ne désemplissait pas d’avoir sans doute exposé les deux pièces les plus photographiées de la foire (et n’oubliez pas que nous sommes en Asie!) : l’œuvre en cire My fantazy de HE Xiangyu, représentant Kim Jung III sur son lit de mort attirait les regards, presque autant que le champ de bras amputés des Maneki-Neko, s’agitant en rythme tel un champ de verges dorées.

Une tendance confirmée sur cette foire : le retour de la peinture, partout, et notamment sur le stand de Contemporary Fine Arts avec des œuvres sur toiles de Gert & Uwe TOBIAS mais aussi de Baselitz et de Schwontkovski.

La galerie Continua continue pour sa part de présenter des œuvres très construites avec une installation de miroir signée Pistolleto, deux grandes sculptures de Gormley et des chaises signées Loris CECCHINI, supportant au passage le poids des visiteurs fatigués.

Après s’être reposé chez Continua, le second étage offrait lui aussi une abondance visuelle au collectionneur. En commençant par un secteur un peu plus moderne où l’on avait campé Dominique Levy et tout ses Warhol, Leo Castelli et tout ses Lichtenstein, Gmurzynska et ses Botero… Et chez Van De Weghe et Aquavella, un mélange de tout ça, en y ajoutant Calder et Magritte chez l’un, Lucian FREUD chez l’autre.

Entre le moderne et le contemporain, la galerie Karsten Greve avait comme toujours réussi un délicat pari entre les œuvres fraîches de Georgia RUSSELL et les œuvres plus connues de Louise BOURGEOIS ou Cy TWOMBLY. La simplicité du stand et la beauté des œuvres en faisait un des plus agréables de l’étage. Face à lui, plus original, et plus tape à l’œil, le stand tribal de Michael Werner proposait un grand nombre de dessins de A.R. PENCK et Aaron CURRY.

La galerie Arndt avait semble-t-il décidé de faire comme chez Perrotin et d’exposer le plus d’artistes possible sur son stand, surchargeant l’ensemble, mais présentant de très beaux petits Chiharu SHIOTA. Encore plus belle, la pièce de la même artiste Japonaise chez Daniel Templon faisait face à une petite sculpture en marbre de Jan FABRE.

Avant de quitter la foire, il fallait aussi jeter un œil aux Encounters, projet solo très volumineux. Qu’il soit le plus réussi ou non, le plus grand succès fut celui de Seung Yulon, présentant un champ de volume gonflable accueillant une nuée d’enfants pendant 5 jours, venus y trouver un terrain de jeu, une échappatoire à cette foire qu’eux aussi jugeaient sans doute un peu trop prévisible.

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