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Après Bâle : Londres

[19/06/2018]

Dernier temps fort du marché haut de gamme avant le passage officiel à l’été : les ventes d’art impressionnistes et modernes de Londres ont commencé. Artprice vous livre un décryptage de l’offre et des gammes de prix.

Pour Christie’s et Sotheby’s, il s’agit de conclure le premier semestre 2018 en beauté. Et pour cela, les sociétés de ventes ne lésinent ni sur la densité ni sur la qualité. Pas moins de six ventes sont consacrées à l’art impressionniste et moderne chez Christie’s entre le 15 et le 21 juin, contre deux chez Sotheby’s. Au menu : Chagall, Matisse, Miro, Picasso, Monet, Giacometti, Rodin, Cézanne, Arp ou encore Miro. Une sélection destinée aux acheteurs les plus puissants de la planète avec des estimations comprises entre 260 000 $ et 45m$ pour les ventes du soir (certaines sont tenues secrètes), mais aussi avec des propositions bien plus accessibles lors des ventes de jour, où certains lots sont proposées pour moins de 1 000 $.

Les pièces de musées

La force de proposition de ces ventes reste impressionnante. Le marché des chefs-d’oeuvres impressionnistes et modernes a beau se tarir au fil des années, les deux mastodontes du marché parviennent toujours à alimenter leurs catalogues avec des œuvres dignes des plus grands musées.

Comme à l’accoutumée, Pablo PICASSO mène ces ventes, avec deux de ses muses : un portrait de Marie-Thérèse Walter chez Sotheby’s et un autre de Dora Maar chez Christie’s. Les estimations sont tenues confidentielles mais ces oeuvres iconiques promettent de belles batailles d’enchères. Quelle ironie sachant qu’en 1990, le portrait de Dora Maar fut ravalé, faute d’atteindre son estimation basse de 5m$ (Femme dans un Fauteuil, vente Sotheby’s Londres du 26 juin 1990), et que les dernières œuvres similaires ont passé les 22 millions de dollars en salle de ventes… L’intérêt reste des plus vifs sur Picasso, ses meilleures toiles ayant généré des plus-values phénoménales, parfois de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars sur les 20 dernières années.

La seconde signature star de ces ventes est Claude MONET, dont huit chefs-d’oeuvre sont répartis chez les deux maisons concurrentes, ce qui fait du chef de fils impressionniste l’artiste le plus représenté pour ces ventes de prestige. Trois toiles se distinguent particulièrement : La méditerranée par vent de mistral, peint en 1888, a fait partie de la collection Durand-Ruel pendant plusieurs années avant de circuler dans diverses collections américaines. Cette œuvre aboutie offre l’avantage de ne jamais avoir été soumise à enchères jus’quà présent, ce qui lui donne un surcroît d’aura auquel les collectionneurs les plus exigeants pourraient être sensibles. La toile est attendue entre 9 et 12 millions de dollars, un prix plus conséquent que Coup de vent, le paysage normand proposé par Christie’s, mais plus bas que la vue extérieur de La Gare Saint-Lazare, toujours chez Christie’s.

Cette dernière toile – faisait partie d’une série de 12 œuvres sur le même thème – est un classique absolue de l’art impressionniste : chemin de fer symbole de modernité, vapeurs du train se dissolvant dans les effets de ciel, l’oeuvre capte la sensibilité d’un moment et d’un mouvement éphémère par essence et condense les recherches et les aspirations de toute une époque. Le prix final de cette œuvre pourrait avoisiner les 30m$ compte tenue de la vente récente, le 8 mai dernier, d’une toile de la même série et de même dimension (32,9m$, Christie’s New York). Le nouveau propriétaire de ce tableau possédera une œuvre digne du musée d’Orsay, puisque l’une des 12 versions de la gare saint Lazare se trouve dans les collections permanentes du musée parisien.

Parmi les autres lots phares : plus de 5 m$ sont attendus pour une autre oeuvre de Monet (Le port de Zaandam), pour Tête de femme au chapeau orange de Picasso, pour Les compagnons de la peur de René MAGRITTE et pour un paysage de L’Estaque aux couleurs fauves de Georges BRAQUE.

Côté sculpture, Sotheby’s propose l’une des œuvres les plus célèbres du XXème siècle : Le chat, d’Alberto GIACOMETTI symbolise le dénuement de l’après-guerre en étirant sa silhouette décharnée. Ce bronze splendide a été créée en 1951 et fondue chez Susse à Paris sur 8 exemplaires dont un a déjà passé le seuil des 20 m$ (vente Christie’s New York du 4 mai 2010). Christie’s mise pour sa part sur une version du fameux Baiser d’Auguste RODIN. Ce marché est sensible car la popularité du Baiser a donner lieu à quantité de fontes dont certaines n’ont que peu de valeur marchande. Mais la version que propose ici Christie’s est une belle fonte, l’une des trois épreuves en bonze de 86 centimètres, réalisée chez Griffoul & Lorge entre 1888-1890 (Baiser, moyen modèle dit Taille de la Porte – modèle avec base simplifiée). Les experts en espèrent au moins 6 m$, c’est à dire plus du double de sa valeur établie en mai 2000 lors d’une vente Christie’s à New York (le 8 mai 2000, cette même épreuve partait pour 2,7 m$).

Il faut s’armer d’un budget d’au moins 20 000 $ pour accéder aux plus célèbres signatures lors de ces sessions de ventes (notamment Utrillo ou Bernard Buffet). Quelques lots cependant s’adressent aux portefeuilles moins garnis : une toile pointilliste (certes tardive…datée de 1969) de Serge MENDJISKY autour de 7 000$, un petit dessin de Miro dédicacé à Shinichi Segui autour de 3 000$, des aquarelles signées par Lebasque ou Boudin autour de 5 000$, une Sérénade d’Eduard BARGHEER autour de 2 000 $, plusieurs dessins de Saul Steinberg autour de 1 000$ chacun…

Picasso, est aussi proposé dans une fourchette de prix plus basse, via la vente en ligne d’une centaine de céramiques. Plusieurs sont offertes entre 1 500 et 2 500 $, d’autres, plus complexes et plus rares, promettent de passer les 50 000$. Christie’s décrit cette vente de céramiques comme « une opportunité pour les nouveaux collectionneurs d’acquérir des œuvres de l’un des plus grands pionniers de l’histoire de l’art ». La société aurait pu ajouter que l’investissement est plutôt rentable, l’indice du prix des céramiques de Picasso ayant explosé de près de 280% depuis l’année 2000.

A peine remis de cette semaine de vacations, les collectionneurs seront à nouveau au rendez-vous pour animer les sessions d’art contemporain de la fin du mois de juin, à Londres toujours.

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