Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer les cookies.

Anselm Kiefer : les succès de Lyon à Pékin

[22/10/2019]

Le célèbre plasticien allemand, qui vit et travaille en France depuis 1993, est a découvrir dans le parcours associé de la Biennale de Lyon. Particulièrement apprécié et honoré en France (il est récipiendaire de nombreux prix et hommages et a réalisé des expositions majeures, notamment Monumenta au Grand Palais, au Centre Pompidou, à la Bibliothèque nationale de France, etc), soutenu sur les places de marché anglaises et américaines (83% du chiffre d’affaires sur les 10 dernières années), l’artiste a récemment conquis le marché chinois…

Anselm Kiefer ©thierry Ehrmann – Courtesy du Musée de L’Organe / La Demeure du Chaos

Anselm Kiefer ©thierry Ehrmann – Courtesy Musée de L’Organe / La Demeure du Chaos

En dialogue avec la spiritualité du Béton

En résonance avec la Biennale d’art contemporain de Lyon, Anselm Kiefer (né en 1945 à Donaueschingen) expose au couvent de la Tourette, bâtiment édifié par Le Corbusier dans les années 50. Sa rencontre avec le couvent n’est pas récente. L’artiste l’a découvert alors qu’il était âgé de 21 ans. Il y  séjourne en effet en 1966, trois semaines durant. C’est là, confie-t-il, qu’il découvre “la spiritualité du béton” corbuséenne. Une rencontre décisive, celle de sa vocation artistique, car c’est à son retour du couvent que Kiefer choisit la voie de l’art et s’inscrit aux Beaux-arts de Fribourg-en-Brisgau et Karlsruhe. Une cinquantaine d’année plus tard, les frères dominicains lui proposent de revenir au couvent pour exposer en dialogue avec l’architecture corbuséenne qui l’a tant marquée. Le catalogue de l’exposition rend d’ailleurs hommage à ce ” retour ” de l’artiste, en incluant la transcription du journal de bord tenu par Kiefer lors de son premier séjour sur place.

Le commissaire de l’exposition, frère Marc Chauveau, a, par le passé, invité à la Tourette François Morellet, Anish KAPOOR ou encore Ufan LEE, dans les parcours associés de la Biennale. Chaque artiste est entré en dialogue avec le couvent, les œuvres habitant le lieu plus qu’elles n’y ont été exposées. Les œuvres d’Anselm Kiefer y résonnent particulièrement bien, de l’aspect brut des matériaux (plomb, ciment, plâtre…) à la référence aux textes sacrés et philosophiques. Outre les œuvres choisies, l’artiste a créé une installation monumentale spécifique pour l’église. Résurrection, s’étend sur 42 m2 au sol avec d’énormes blocs de béton, un chaos d’où surgissent de grands tournesols blancs, symbole de la ruine et de la renaissance.

Côté marché : un record à Pékin

Rares sont les grands artistes européens affichant une cote solide en Asie. Anselm KIEFER (1945) fait désormais partie de ce cénacle privilégié. Une oeuvre importante, puissante dans son traitement et monumentale dans son format (The fertile crescent, 475 x 950 cm) a atteint 4m$ en juin dernier, lors d’une vente organisée à Pékin par China Guardian (le 3 juin 2019). Le fait est assez inhabituel pour être souligné.

Anselm Kiefer

                         Anselm KIEFER (1945), The fertile crescent (新月沃土)

Les meilleures œuvres de Anselm Kiefer sont habituellement mises en ventes à Londres où à New York, les deux poumons de son marché haut de gamme. Une œuvre de l’artiste avait certes déjà obtenu pour un solide prix il y a trois ans en Chine continentale (Wurzel Jesse, vendue près de 500.000$ par la société Poly Huayi à Shanghai) mais les 4m$ atteint cette fois pour The fertile crescent constitue le nouveau record mondial de l’artiste.

La validation du succès de Kiefer par la Chine démontre combien le Marché de l’Art contemporain est en train d’évoluer, se globalisant après tant d’années de travail de la part des professionnels du marché pour permettre aux artistes occidentaux fondamentaux de percer à l’Est du planisphère. La galerie White Cube, auprès de laquelle le vendeur avait acquis ce chef-d’oeuvre de Kiefer, est implantée à Hong Kong. De là, elle participe au rayonnement des artistes européens auprès des collectionneurs asiatiques. La White Cube avait exposé Kiefer à Hong Kong en 2012, dans le cadre de l’exposition monographique Let a Thousand Flowers Bloom. Un titre sciemment ironique, faisant à la fois référence aux paysages florissants des œuvres sélectionnées, et à une citation mal-interprétée en Occident prononcée par le président Mao en 1957.

Immense artiste reconnu pour la puissance de son œuvre et de ses expositions, Anselm Kiefer est enfin salué par le marché international. Le rapport sur le marché de l’art contemporain (TOP 500) le confirme : il s’impose, cette année, comme le 31ème artiste contemporain le plus performant du monde, sur le terrain des enchères.

En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence Pour en savoir plus, Charte de confidentialité et de protection des données personnelles OK